‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 174 sur 319 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

ÉTUDES D*1IIST0IRE DE LA PHILOSOPHIE

LA PREMIERE PHILOSOPHIE DE LEIBNITZ

jusqu'aux derniers détails de ses doctrines, il avait raison de dire qu'il n'était point cartésien ; mais il n'est pas douteux qu'il s'inspire de Descartes, et que dans le développement de sa propre pensée il ne le modifie point d'une manière essentielle. Sans doute il ne l'a point lu à fond avant son voyage à Paris, et nous n'avons aucune raison de révoquer en doute ses affirmations à ce sujet ; ce qu'il en sait, il le sait de seconde main ; mais il le connaît assez pour porter sur Descartes certains jugements très justes, comme lorsqu'il lui reproche d'avoir mieux défini que suivi la méthode du physicien et d'avoir abusé de l'hypothèse en physique : « In Cartesio ejus methodi tantum propositum leneo ; nam cum in rem praesenlem ventum est, ab illa severitale prorsùs remisit, et ad Hypothèses quasdam miras ex abrupto delapsus est, quod recle etiam reprehendit in eo Vossius in libro de Luce *. » Au reste, qu'il ait été familier, même sans l'avoir lu à fond, avec les doctrines capitales de Descartes, des traits nombreux et caractéristiques de la lettre même à Thomasius le prouvent jusqu'à l'évidence : c'est ainsi qu'il adopte la distinction de la chose étendue et de la chose pensante et qu'il s'y appuie pour démontrer : P qu'en dehors de l'étendue et de la pensée, il n'y a point d'être ; 2* et qu'en conséquence, si la première cause du mouvement doit être cherchée en dehors du corps, elle ne peut être que l'Esprit. C'est ainsi encore qu'il reprend l'analyse célèbre de Descartes pour prouver que toutes les qualités sensibles étant supprimées, sauf l'extension (il ajoute, il est vrai, l'antilypie), le corps subsiste, et qu'il ne disparaît et toutes les (jualités sensibles avec lui qu'avec l'extension et l'anlilypie ; d'où il conclut, à la manière de Descartes : « Ex bis patet naturam corporis conslilui per extensionem et antitypiam. » Enfin, le passage le plus frappant est celui par lequel il se rallie à l'opinion cartésienne qu'il n'y a nulle nécessité d'accorder une Ame aux animaux «.

Page 1