‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 20 sur 319 · Bergson. Revue de Métaphysique, 1904, p · texte numérisé non relu

Bergson. Revue de Métaphysique, 1904, p

ARTHUR HANNEQUIX ET SON ŒUVRE

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mènes qui ne sont que dans le Temps, les phénomènes de conscience, apparaissent comme fonction des phénomènes qui sont dans l'Espace, les objets de l'Expérience. Ils sont des représentations. Or la représentation, en tant que telle, — cette représentation et non pas cette autre, — ne s'explique pas par les lois qui expliquent Vobjet de la représentation ; elle dépend tout entière de l'objet lui-même ; elle n'est que par lui, sans lui elle ne serait pas. En ce sens, le phénomène de conscience est tellement lié, assujetti au phénomène externe, que toutes ses déterminations assignables lui viennent de l'objet dont il est la représentation. — 2* aspect : celui sous lequel les phénomènes qui sont dans l'Espace apparaissent comme fonction des phénomènes qui sont dans le Temps, non pas seulement au sens un peu superficiel de l'idéalisme berkeleyen où tout objet est donné dans une représentation et y a son existence, où ce n'est que dans la conscience qu'il y a des représentations d'objet; mais au sens autrement profond de l'idéalisme transcendantal où les choses sont des objets, et où les objets, en tant que Nature, se subordonnent à la conscience, à ses lois, à ses principes, où ce n'est que par la conscience et l'activité du je pense qu'il y a des objets.

Ainsi s'expliquerait qu'il y ait deux séries, à la fois entièrement autonomes et entièrement liées l'une à l'autre, qui ne sont pourtant aucunement parallèle*, qui néanmoins se conditionnent rigoureusement, parce qu'elles expriment chacune, à deux moments respectifs, la collaboration du Cogito et des choses en soi dans la production d'une Nature et d'une Pensée. Mais la dépendance où est la conscience empirique vis-à-vis des objets n'a plus rien d'inquiétant ni d'obscur pour une philosophie spiritualiste, si nous nous souvenons que les objets de l'Expérience résultent eux-mêmes de l'action primitive de la conscience pure. Et, parce que la conscience est ce par quoi il y a une Nature, qui n'est pas dans l'esprit, mais qui est une construction de l'esprit, qui est tout entière fonction des lois de la pensée, le matérialisme, concluait Hannequin, est bien la meilleure et à dire vrai la seule scientifique des méthodes, mais c'est aussi la plus courte et la plus puérile et la plus désespérée des philosophies.

C'est par la Nature que nous avons dû dialectiquement aborder le problème de la pensée ; mais la pensée n'est pas dans la Nature. Pour atteindre jusqu'à elle, il nous faut sortir de la Nature où il y a des lois, un déterminisme, et nous élever à quelque chose qui soumet la Nature à des lois.

ARTHUR HANNEQUIN ET SON ŒUVRE

qui crée le déterminisme, qui est une Liberté. Une métaphysique de la Nature ne se suffît pas, elle nous achemine de partout à une métaphysique de la surnature ; et, parce que la Nature est essentiellement un déterminisme, la métaphysique de la surnature se présente donc tout d'abord à nous comme une métaphysique de la Liberté.

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