‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 210 sur 319 · De Corporc, III, ch. xv · texte numérisé non relu

De Corporc, III, ch. xv

HAMNEQUIN. II. 1

gS ÉTUDES d'histoire DE LA PHILOSOPHIE.

ment ou à la pénélralion. Considérons, en effet, les éléments des corps : la seule cause qui empêche Tun de pénétrer l'autre est le mouvement réel ou, plus exactement, au momeul du concours, le conalus contraire que le premier oppose au conatus du second ; aussi Hobbes disait-il : « Resistenliam esse in contactu duorum mobilium conatum conalui, vel omnino, vel ex aliqua parle conlrarium * » ; et cetle résistance, aux directions diverses cl aux degrés variables, est ce que les physiciens appellent la pression : « duorum mobilium allcrum allerum premere dicimus, quahdo conatu suo unum eorum facil ut alterum vel pars ejus loco cédai. » Deux mobiles qui se pressent s'opposent donc entre eux une résistance mutuelle ; et il ne faut rien de plus pour engendrer, selon Hobbes, la cohésion d'un corps : ce dont elle résulte directement, c'est de la réaction de ses éléments constituants ou de leurs conatus contre toute action contraire et contre toute pression des corps environnants ; et il va de soi qu'elle se mesure au degré des pressions développées dans cetle action mutuelle.

De cette doctrine plus qu'ingénieuse et vraiment animée de l'esprit de la physique moderne, Leibnitz ne manque point de s'inspirer quand il aborde à son tour le problème de la cohésion, problème d'une importance capitale pour une philosophie qui suppose la fluidité absolue de l'espace, el d'une matière première», qui, avant tout mouvement, ne s'en distingue point. Mais il y trouve pourtant certaines difficultés sur lesquelles il insiste dans la lettre célèbre qu'il écrivait à Hobbes au moment même où il adressait à Oldenbourg la Theoria motus concrcU : si l'on suppose, en effet, (lue la cohésion d'un corps est due à la réaction de ses parties propres contre l'action inverse des corps environnants, il faut, de deux choses l'une, ou que la réaction des unes naisse seulement en même temps

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