Gerh., P/iil., IV
LA PREMIÈRE PHILOSOPHIE DE LEIBNITZ
moins serrée, sinon moins rigoureuse. On en retrouve encore la substance dans un passage concis d'une lettre à Arnauldi datée sans aucun doute du commencement de
Ce qui ressort des uns et des autres, c'est la raison pércmptoire, et à elle seule suffisante, de la cohésion de deux éléments, que Leibnitz croit trouver dans le fait non seulement qu'ils se pressent, mais qu'ils ont mêmes extrémités et qu'ils s'approprient sous une forme réelle la continuité en quelque sorte idéale de l'espace. Ce qui donne au composé qu'ils constituent la cohésion, ce n'est point, à vrai dire, le mouvement par lequel ils se pressent mutuellement, mais c'est la pénétration commençante que par là même il leur procure, et c'est, comme on le lit dans la Theoria, l'existence de leurs extrémités « in eodem spatii punclo 2 ». Mais si c'est là la cause de la cohésion, qui ne voit que, quel que soit le degré des conatus qui la réalisent et qui, si faibles qu'ils soient, sont toujours « initium penetrationis et unionis », elle n'admet point elle-même de degré, et qu'on peut dire seulement qu'elle est ou qu'elle n'est pas ? Pour n'avoir point suffisamment distingué, comme nous le remarquions plus haut, l'infiniment petit purement géométrique qui n'enveloppe que l'étendue (spatii punctum) et l'infiniment petit phoronomique de la vitesse, qui enveloppe à la fois l'étendue et la durée, Leibnitz est donc amené, comme le lui reproche Lasswitz 3, à faire dépendre la cohésion d'un corps de la présence pure et simple des extrémités de ses parties en un même point de l'espace, présence qui n'admet point de degrés, et non de l'énergie des conatus ou des mouvements opposés, qui eût soumis la cohésion comme l'exige la physique, à la même mesure que la pression elle-même. En cela il serait donc, du point de vue de la science, inférieur à Hobbes, son modèle, qui ne