‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 214 sur 319 · Gesch, dcr Atom, II, 467 sqq · texte numérisé non relu

Gesch, dcr Atom, II, 467 sqq

ÉTUDES d'histoire DE LA PHILOSOPHIE.

commet point celle faute, et qui fait nettement dépendre le degré de la cohésion du degré de la pression.

Il faut se garder S toutefois, de pousser cette critique jusqu'au point où elle deviendrait excessive. Car LeibniU n'eût-il point pu répondre que la cohésion est un fail, quand les extrémités de deux corps sont amenées à occuper un même point de l'espace, mais qu'elle n'oppose pourtant à toute cause de rupture et de séparation qu'une résistance proportionnelle aux conatus des mobiles qui se pressent? Et ainsi la voie restait ouverte, et n'était point fermée, comme semble le croire Lasswitz*, vers l'explication ultérieure de la cohésion par un motus conspirans de toutes les parties d'une masse composée, lequel ne peut se comprendre que s'il se résout en un ensemble de pressions mutuelles qu'elles exercent les unes sur les autres.

La difficulté la plus grave nous semble, quant à nous, être ailleurs : car dans une Théorie abstraite, qui ne tient encore nul compte d'un éther qui baignerait toutes les parties d'un corps et qui les amènerait à se presser de toutes part les unes contre les autres, ce qui demeure « vix explicabile », c'est comment une môme partie peut faire effort à la fois à droite contre un élément, à gauche contre un autre, quand il faudrait qu'elle eût des conatus de direction directement contraire pour résister à la fois à l'un et à l'autre, et pour entrer par là en cohésion avec l'un et l'autre. Et quand on l'expliquerait, il resterait encore à expliquer d'où vient que cette résistance, et avec elle la cohésion, dure au delà d*un moment, quand au moment du concours deux conatus égaux et opposés ne peuvent que s'annuler, et quand on ne voit pas d'où ils pourraient renaître, si, comme le dit Leibnitz, « nullus conalus sine

1, Il faut d'autant plus s'en garder que l'argument reviendrait à celui des atomistes, qui fondaient la dureté absolue de l'atome sur ce fait que ses parties ne sont séparées par aucun vide. Et Leibnitz a formellement réprouvé cet argument à plusieurs reprises, notamment dans la Confessio naturae^ Gerh., P/iil., fV,

Page 1