‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 215 sur 319 · Loc. Cit., p · texte numérisé non relu

Loc. Cit., p

LA PREMIÈRE PHILOSOPHIE DE LEIBNITZ

motu durat,ultra momenlumi ». Pour sortir de cette difiicuUé il fallait arriver à une interprétation exacte du principe de la conservation des quantités de mouvement, e\ nous avons vu comment Leibnitz en était si loin qu il croyait, au contraire, à une extinction graduelle et finalement à une annihilation du mouvement dans le monde.

Quoi qu'il en soit de ces points de détail, intéressants surtout du point de vue de la physique et de la science positive, ce qu'il faut retenir de cette théorie, c'est l'effort de Leibnitz pour déduire du mouvement la genèse des seules choses qui soient vraiment des corps, et pour leur attribuer, dans et par le mouvement, les attributs premiers et essentiels des corps, à savoir l'impénétrabilité vraie et une première forme de résistance au mouvement. Etait-ce cependant avoir fait un seul pas vers l'explication de cette autre forme de résistance au mouvement, en vertu de la- <,uelle, comme en lémoiirne l'expérience ^ à une même impulsion un corps plus grand résiste plus qu'un corps plus petit, et chacun, toutes choses égales d'ailleurs, proportionnellement à sa grandeur ?

Pour s'assurer que non, il suffit de songer que ce que donne tout au plus au corps la cohésion, c'est la continuité de toutes ses parties, qui résistent d'ailleurs à tout effort pour les séparer et qui suivent toutes ensemble le mouvement imprimé à une seule d'entre elles 3. Sauf cette pression mutuelle qu'elles exercent l'une sur l'autre, et qui s^ laisse réduire, comme on l'a vu, à mi effort ou à un « initium penetrntionis », la coniinuilé ne se distingue point de la contiguïté. Or si Ton suppose une file d'éléments cubiques, par exemple, contigus et infiniment petits, quelles que soit la longueur, très petite, très grande, ou même infinie de cette file, il est clair qu'en vertu du principe de la propagation à l'infini du conatus dans le plein, tout mouvement opposé d'un corps, si petit qu'il soil, qui vient

i. (;erh., PhiL, IV, p. 230, § 17.

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