Archiv. I, 5S
LA PREMIÈRE PHILOSOPHIE DE LEIBNITZ
cœpi, utrum taie esset Ens in natura, quod spatium vdcant » ; et il est très vraisemblable que ces doutes lui furent suggérés par les tendances mêmes des idées principales de l'Hypolhesis.
Quoi qu'il en soit, même s'il fait encore de l'espace dans Vlhjpolhesis « tanquam locum realem immobilem, sola extensione praeditum », on peut dire qu'il ne comporte plus à ses yeux rien de tel que ces éléments purs, rigides et absolus S où l'alomisme de Gassendi et où Descartes luimôme, au dire de Leibnitz, voyaient les fondements des choses, mais qu'ils s'y dSlerminent et s'y conservent par la perpétuité du mouvement. A la place de l'élément absolu et inorganisé, il substitue pour toujours un élément pour ainsi dire vivant el organisé; et même il faut qu'il enveloppe à l'infini d'autres éléments vivants el organisés, s il n'y a point de vide, el s'il n'y a point non plus de partie du temps, « in quo non cuilibcl corporis parti vel puncto aliqua oblingat mutatio vel motus 2 ». De là ces propositions remarquables où s'annoncent déjà les principes de la Monadologic, à savoir : « Cum conlinuum sit divisibile in infinitum, quaelibet alomus eril infinilarum specierum quidam velul mundus, et dabuntur muridi in mundis în infinilums » ; et dans le Pacidius Philalelhi : « NuUum esse corpus lam exigum, in quo non sit infinitarum creaturarum mundus *. »
On peut donc dire que dans Vllijpothesis Leibnitz a, pour la première fois, définitivement rompu avec l'esprit de la philosophie atomistique ; et s'il y enseigne encore, comme il l'enseignera toujours, que tout se fait mécaniquement et même géométriquement dans la nature, l'excès géométrique des définitions et des lois du mouvement quM y formule ne l'empêche point de pressentir dès lors qu'il y a quelque chose de réel et d'absolu dans le mouvement
1. Prop- 20 de la Lettre à Fahrl Cl. Th. M. C. Gcrh.. PMI., IV,