‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 255 sur 319 · nid · texte numérisé non relu

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composant d'une part cl s'harmonisanl de l'autre, les conatus subsistent sans soustraction et sans diminution, entre le corps et l'esprit il n'y a donc réellement aucune ditïércnce ; mais entre la composition qui les confond et les eiïace dans le mouvement résultant, et la synthèse qui les conserve même quand ils s'unissent, il y en a une grande ; et l'identité du corps et de l'esprit ne saurait dépasser la durée d'un instant. Le corps n'est donc, selon la belle formule de Leibnitz, qu'un esprit momentané * ; et par cela seul qu'il manque de mémoire, et que « nuUus conatus sine molu » n'y dure au delà d'un moment, il se trouve dépouillé de ce qui fait le propre de l'esprit, à savoir du sentiment et de la conscience : « duobus enim, actione cl reaclione, seu comparatione ac proinde harmonia, ad sonsum et sine quibus sensus nullus est, voluplatem vel dolorem, opus est 2 » ; or, puisqu'il ne saurait retenir ensemble au delà d'un moment « conatum simul suum et alienum contrarium », « caret memoria, caret sensu aclionum passionumque suarum, caret cogitatione 3 ».

Ainsi le mouvement, et le corps dont Tessence consiste dans le mouvoment. n'apparaît dans l'espace que comme une expression de l'esprit et de la conscience, mais comme une expression affaiblie et appauvrie. C'est sa loi, en eficl. parce qu'il est de son essence de manquer de sou- \enir (caret recordalione), d'effacer graduellement sous les lois supérieures de l'addition algébrique ces conatus et CCS différentielles qui sont les sources vives du mouvement dans le monde ; tout ce qu'il en conserve, c'est une direction rectilignc résultante, où se marque nettement le caractère incomplet de sa nature : et Leibnitz le dira plus tard en termes qu'on peut rappeler ici, parce qu'ils restent rigoureusement conformes aux principes de VHypolhesi>i : « La matière n'est pas même capable de garder

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