Nam sentire se sentisse, menimisso est. » Ibid
4. Sonsio est ab organi sensorii conatii nd extra, qui generafur n conatu ab objecte versus interna, eoque aliquandiu manentc per reactionem factum phantasma. Ibid., § 2.
ETUDES 1> HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE
d'une conscience dans tous les ôlres réagissants, c*esl-àdire, en fin de compte, dans tous les êtres de la nature, même dans ceux qui sont manifestement privés de sentiment ^ on entrevoit dès lors la nécessité de n'attribuer la conscience qu'aux êtres dont l'action, loin de se laisser ramener à une réaction simple, résulte d'un ensemble de réactions internes ; un animal ne sent, par exemple, qu'à la suite d'une réaction du cœur sur l'action du cerveau «, d'où il vient précisément que nous projetons au dehors l'objet de nos perceptions; et pour un mécaniste cela revenait à dire que la conscience, loin de naître d'un conalus unique opposé à un autre, requiert l'opposition de conatus multiples, qu'on pourrait dire internes, aux mouvements extérieurs. Hobbes n'est donc pas loin de dire que la conscience, au lieu de résulter d'une réaction unique, résulte tout au contraire d'une harmonie d'actions, laquelle par le souvenir se rattache à une suite non seulement d'actions simples, mais d'harmonies semblables qui l'ont [)récédée.
guoique Hobbes ne se soit jamais exprimé sur ce point en termes si explicites, on ne peut guère douter qu'une lecture attentive du De Corpore n'ait inspiré Leibnitz d abord dans l'effort qu'il fait pour rattacher d'une manière générale la conscience au contraste de conatus multiples et môme pour y voir, plutôt qu'une harmonie de conatus simples, une harmonie qui naît d'harmonies antérieures, puis dans l'idée profonde qu'il eut d'identifier la conscience et le souvenir ; on ne trouve, en tout cas, sur aucun de ces points, rien de tel chez Descartes.
Seulement, tandis que Hobbes, entraîné par la logique d un strict mécanisme, aboutit rigoureusement à ne faire de a conscience qu'une suite du mouvement, et tandis quil s engage dans la voie qui devait conduire ses successeurs à enseigner qu'elle n'est qu'un « reflet » ou qu'un « luxe », des tendances d'esprit tout à fait opposées et
t. Uviathan. Pars I, eh. i. De sensu, p. 3.
LA PREMIÈRE PHILOSOPHIE DE LEIBMTZ
une réflexion plus attentive devaient amener Leibnitz à reporter à l'esprit le fondement substantiel de toute réalité et notamment du mouvement, tout en laissant subsister l'étroite corrélation du mouvement et de la conscience. A y regarder de près, on ne saurait refuser l'élément de la mémoire et partant de la conscience à un conatus quelconque, non seulement si l'on veut comprendre comment il subsiste dans cette suite d'harmonies qui sont la conscience claire et qui, au gré de Leibnitz, sans que l'oubli en atteigne même un seul élément, résultent les unes des autres, mais même si l'on veut seulement concevoir la possibilité du mouvement; le mouvement, en effet, ne serait dans l'espace qu'une somme de différences infiniment nombreuses, mais, à vrai dire, sans lien les unes avec les autres, s'il ne fallait chercher l'origine et le fondement de leur répétition dans une tendance qui dure et qui est le principe de leur intégration dans l'espace et dans le temps. Et du géométrique ou, en un mol. du corps à la substance ou à l'esprit, il y a celte différence que l'un est dans l'espace diffusion sans souvenir d'une unité qui dure, tandis que l'autre demeure par le souvenir le support durable de cette diffusion même, et, sans s'étendre elle-même, est vraiment le principe de toute extension.
Sans rien abandonner des vues profondes de Hobbes* sur l'étroite relation du mouvement et de l'esprit, Leibnitz dépasse donc d'emblée le point de vue de Hobbes, et à un tel degré qu'il incline dès lors, semble-l-il, à faire du conatus une tendance et une force indestructibles, qui font déjà songer à la monade future. Telle était cependant la séduction exercée à cette époque sur l'esprit de Leibnitz par la géométrie, et telle était la nature privilégiée du conatus, cet infiniment petit qui reste géométrique, bien que sou inextension le rapproche extrêmement de la nature de l'âme, que Leibnitz, bien loin de songer à corriger l'excès