‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 292 sur 319 · mv · texte numérisé non relu

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propre à propager à l'infini une impulsion quelconque i, qu'il serait donc identique à l'espace cartésien, et qu'aucune inertie, qu'aucune antitypie ne distinguerait le corps de son étendue vide, qu'enfin le mouvement ou bien s'y annihilerait, ou bien, ce qui ne choque pas moins la raison, parfois y naîtrait de rien, comme l'exigerait en certains cas le principe cartésien K Si donc la mécanique requiert l'inertie naturelle des corps et la constance exacte à travers la durée, de la somme des forces vives ou dérivatives, c'est qu'à une géométrie trop simple, mais qui serait exacte, s il n'y avait dans le monde que du géométrique, il convient de substituer une géométrie plus sublime, mais exacte tout autant, et qui n'est plus sublime que parce qu'elle rattache les forces dérivatives au fondement substantiel des forces primitives, l'apparent au réel, le géométrique au métaphysique et l'existence du monde au décret par lequel Dieu choisit le meilleur. L'économie du monde et l'action de son auteur rentrent donc par là dans la seconde philosophie de Leibnitz 3 ; mais si elles n'y rentrent plus par le besoin d'une correction désormais inutile des lois géométriques, ne peut-on dire du moins qu'elles y rentrent par le contraste des lois de YUypolhesis dont Leibnitz persiste à croire à tort qu'elles seraient seules vraies, s'il n'y avait dans le monde que du géométrique, et du principe (les forces vives qui, en dehors de ce contraste,, n'exigerait par lui-même nul fondement substantiel des forces dérivatives ? '-

La seconde philosophie de Leibnitz a donc dû, sur le point qui nous occupe, à une information plus exacte en

s-mnam naturae Icgem. pp. 123, 125. -U xjnd p . 99 , ep «f. ad Ltayle. Gorh., P/nJ., III, PP- 43, 4d, 46, 50 ; ad de Volder. lOia., ii»

'"'a^ a%Vdnicn Dynamicvm. Gcrh. Math.. VI, p. 241 : « ... ideo tune qui&sciHcet 80 tempore quo « libellus Hypotheseos phy-

Aulorein structura systematis vitasse, quae per se et nudis motus legibus a pura Geometria repetitis consequerenlur. »

ÉTUDES D'ilISTOmE DE LA PHILOSOPHIE.

LA PREMIÈRE PHILOSOPHIE DE LEIBXITZ

ce qui regarde les lois de l'échange du mouvement, le prorès iiiconlcslable en vérité et en beauté qu'elle marque sur VlIypoUicais ; mais outre qu'elle repremi dans des termes identiques le problème qui y était posé et qu'elle le résout de tout point dans le même esprit, n'a-l-on pas le droit de dire que VlIijitoUiesis, par la place qu'elle occupe dans la solution même, vit encore et persiste jusque dans la plus profonde philosophie de Leibnitz ? Ce n'était donc pas, comme l'a dit légèrement Guhrauer *, une uuvre médiocre ; ou si elle l'est quant à sa valeur scientifique absolue, elle ne l'est pas du moins, et c'est ce qui nous importe, quant au développement de la pensée de Leibiîitz,

Mais venons à ce que I.eibnilz dit de l'esprit. Pour être préoccupé d'asseoir le mécanisme sur de solides bases et d'atteindre la véritable essence des corps, il ne l'était pas moins d'atteindre celle de l'esprit, d'en démontrer Texis tence, et même d'en définir avec le corps les relations exactes. Or, il faut reconnaîlre qu'en un temps où Descartes venait de proclamer la distinction réelle de la chose pensante et de la chose étendue, et où par suite rinextciision était devenue couramment comme la première marque de l'esprit, la ressemblance sur ce point du conalus et de l'esprit apparaissait trop vive pour qu'elle n'exerçât point son charme sur Leibnitz.

Et, en effet, le conatus, nous l'avons vu, est un indivisible et un inétendu. Le conatus n'est donc point le mouvement, et, si tout corps est mouvement, n'est point non plus un corps : que reste-t-il donc qu'il soit, sinon un espril, dès qu'en dehors du corps il n'existe que l'esprit ?

Voilà donc que Leibnitz a déjà découvert, comme il le dit lui-même, par la recherche exacte des principes du mouvement, trop négligée des philoso[)hes. la véritable distinction du corps et de l'esprit : c'est, avec précision, celle du conatus au mouvement, ou du point à la ligne, non, comme on pourrait le croire, celle de 0 à 1, mais

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