Barni, I. p
264 ÉTUDES d'histoire de la philosophie.
Les Grundsâlze en effet ne sont pas autre chose qu'une expression aussi compréhensive et aussi exacte et précise que possible, des schèraes Iranscendanlaux. Pas plus que les schèrnes ils ne sont donc des élals lixcs, el poiu ainsi dire statiques de la connaissance, enveloppant avec les synthèses de l'entendement des données intuitives, et aboulissant par conséquent (ils ne le font pas du moins d'une manière immédiate) à ce que Kant appelle des concepts empiriques et des objets d'expérience et de science. Même l'idéal serait qu'ils laissassent transparaître ce qu'il y a de vie, d'action, ou, comme dit Kant, de spontanéité en même temps que d'universalité, dans le schème transcendantal.
Mais ne semble-t-il pas que si cette spontanéité n'était inexprimable, le Grundsatz el le schème deviendraient indistincts et ne seraient au fond qu'une seule et même chose ? Kant à la vérité les dislingue l'un de l'aulre : lorsqu'il songe à faire des Grundsâtze une déduction régulière et systématique, la formule qui résume sa méthode parait bien être la suivante : Schématisez la catégorie, et le schème obtenu vous donnera le Grundsalz. Il y a plus : le Grundsatz est un jugement synthétique a priori^ tandis que le schème, sorte de « monogramme de l'imagination pure a priori » i, comble pour ainsi dire l'intervalle de la catégorie au Grundsalz^ et ressemble plus à l'unité de la première qu'à la forme du jugement que prend nécessairement le second. Or, à y regarder de près, ces distinctions nous livrent-elles le rapport véritable du schème et du Grundsatz ? Kant n'a jamais dit, sans doute, en termes exprès, que le schème fût un jugement ; mais si l'on songe qu'il ne faut pour constituer un jugement que deux éléments, un principe d'unification ou de synthèse, et une