‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 37 sur 319 · Histoire des Mathématiques, t. X, p · texte numérisé non relu

Histoire des Mathématiques, t. X, p

l'histoire des sciences au XIX* SIÈCLE.

Aux travaux géodésiques de Méchain et de Delambre, se rattachent les débuts dans la science de celui qui allait conquérir en astronomie et en physique une si brillante réputation, de François Arago, né en 1786, dans un village des Pyrénées-Orientales. Reçu le premier à l'École polytechnique en 1803, Arago en sortait dès le commencement de sa seconde année d'études pour entrer, en qualité de secrétaire, à l'Observatoire, où il devint tout de suite le collaborateur de Biot. C'est là qu'ils eurent ensemble l'idée de prolonger jusqu'à Tlle de Formentara la mesure interrompue par la mort de Méchain : une mission leur fut confiée à cet effet, grâce à la protection de Laplace, el ils partirent ensemble en 1806. A son retour, après un voyage plein de périls et d'aventures, Arago était nommé, le 18 septembre 1809, membre de l'Académie des sciences, en remplacement de Lalande ; il n'avait que vingt-trois ans. Son rôle académique fut considérable : élu secrétaire perpétuel pour les sciences mathématiques, le 7 juin 1830, il exerça pendant vingt ans sur les travaux des jeunes mathématiciens et physiciens de son temps une influence qui tint à ses rares qualités : nul n'était comme lui au courant des progrès pour ainsi dire journaliers de la science, et nul ne savait mieux provoquer les recherches analytiques ou expérimentales, que ces progrès rendaient urgentes : c'est, par exemple, sur son initiative et ses indications que Fizeau et Foucault disposèrent leurs remarquables expériences pour déterminer la vitesse de la lumière. Ses fonctions de secrétaire perpétuel lui assignaient un autre rôle, où il laissa une réputation sans égale : nous avons de lui trois volumes d'éloges académiques où il a déployé la triple qualité de la clarté suprême dans l'exposition et la vulgarisation de doctrines scientifiques, de la richesse des renseignements biographiques et des aperçus ingénieux, enfin de l'éloquence facile et souple qui ravissait un auditoire fidèle et assidu. Mais le savant ne le cédait en rien à l'orateur académique ; nous aurons l'occasion de le voir contribuant d'une manière

active aux recherches les plus décisives de Fresnel en optique ; comme astronome, il a laissé des travaux de premier ordre sur les étoiles et la physique solaire, et il se fût sans doute élevé encore plus haut, si son activité ne se fût répandue, par les circonstances mômes de sa vie et la nature de ses fonctions, sur tant de sujets divers. Arago est mort, après avoir joué le rôle politique que Ton sait, en 1853.

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