‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 39 sur 319 · Lehrhuch der EledHcitflt, II, p · texte numérisé non relu

Lehrhuch der EledHcitflt, II, p

l'histoire DES SCIENCES AU XIX* SIECLE.

Tandis qu'en Allemagne et en Angleterre, deux hommes. Benjamin Thomson, plus connu sous le nom de comte de Rumford, et Humphry Davy, déduisent d'expériences mémorables sur la chaleur dégagée par le frottement des conséquences incompatibles avec les théories courantes, mais ne parviennent point à les faire accepter, presque partout ailleurs l'activité des physiciens s'absorbe dans des recherches de pure expérience, sans lesquelles au reste los théories mécaniques futures de la chaleur eussent été impossibles. Gay-Lussac (1778-1850) a laissé, dans des recherches de ce genre, une réputation considérable et méritée : physicien et chimiste, il a le plus souvent dirigé ses travaux vers des sujets appartenant aux deux domaines voisins de la physique et de la chimie ; les plus remarquables sont ceux qui le conduisirent à établir cette loi que le coefficient de dilatation est le même pour tous les gaz, et qu'il est indépendant de la pression ; en môme temps, il en donnait la mesure, qui est, selon lui, de 0,375. Signalons aussi sa détermination de la chaleur spécifique de l'air tant sous pression constante que sous volume constant, et la découverte d'une loi qui devait en chimie jouer un si grand rôle, celle des proportions volumétriques des gaz dans leurs combinaisons : autant de fondements indispensables, en somme, avec la loi de Mariotte, d'une théorie des gaz, qui sera dans un avenir prochain la pièce principale de la science mécanique de la chaleur. A la même famille d'esprits appartiennent Dulong (1785-1838) et Petit (1791-1820), qui entreprirent ensemble, vers 1818, une série de travaux sur les chaleurs spécifiques, et qui en déduisirent cette remarquable loi, laquelle reste un problème pour notre moderne science de l'énergie, que le produit du poids atomique et de la chaleur spécifique de tous les corps simples est une quantité constante.

Pendant que ces recherches fécondes s'accomplissaient sur un terrain purement expérimental, un mathématicien de premier ordre, Fourier, travaillait, depuis 1807, à résoudre complètement et par une voie strictement analy-

tique le problème de la propagation de la chaleur. L'œuvre de Fourier (la Théorie analytique de la chaleur, achevée et publiée en 1822) fait époque dans la science : sans renouveler, comme le fera la génération suivante, la notion de la chaleur, dont il compare la propagation à celle d'un courant, persuadé au contraire que les phénomènes thermiques constituent « un ordre spécial de phénomènes qui ne peuvent s'expliquer par les principes du mouvement et de l'équilibre i », il se propose uniquement d'en ramener les manifestations aux termes d'un certain nombre d'équations différentielles, et, comme disait Nevi^ton, sans recourir à aucune « hypothèse » physique, d'en donner l'expression mathématique, exacte et précise. Fourier y réussit au delà de toute espérance; et non seulement par là il enrichit la physique d'une théorie complète de la conductibilité, mais encore il y trouve l'occasion de faire bénéficier l'analyse de méthodes d'intégration qu'il avait dû découvrir et généraliser au cours de ses recherches.

Sadi Carnot (1796-1832). — Deux ans après la publication de la Théorie de Fourier, paraissait à Paris, en 1824, une autre œuvre capitale, qui, chose étrange, passa inaperçue des contemporains, les Réflexions sur la puissance motrice du {eu et les machines propres à développer cette puissance. L'auteur, Sadi Carnol, troisième fils du grand Carnot, et capitaine du génie, n'avait alors que 28 ans ; huit ans plus tard, le choléra l'emportait, et emportait peut-être avec lui l'idée qui semble s'être présentée à son esprit (de 1824 à 1832) de l'équivalence quantitative du travail mécanique et de la chaleur. Les Réflexions n'en contiennent nulle trace ; tout au contraire, l'auteur s'y rallie à la thèse courante de la matérialité de la chaleur, en se contentant de comparer la chute de la température de la chaleur motrice à celle d'un cours d'eau. Il n'en est que plus remarquable qu'il ait pu mettre en pleine lumière le

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