Léviathan, I, ch. ix
HAlfNEQUIN. I. fi
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130 ÉTUDES d'histoire DE LA PHILOSOPHIE.
que les sciences du général sont essenlielles aux sciences du particulier, et que par conséquent elles doivent être approfondies avant elles 1.
Ceci posé, le développement de la philosophie de Hobbes est indiqué d'avance, et ressemble singulièrement à celui de la philosophie cartésienne et de la philosophie d Auguste Comte. On n oublie pas, en effet, que le but de la philosophie est de rendre compte des « effets ou phénomènes par leur génération possible » ; et un texte précieux de Hobbes détermine le sens des mots « erfcls » et « phénomènes » ; le voici » : « El(ectus autem et phaenomena sunl corporum [acultales sive poienliœ quibus alia ab aliis distinouimus, id est, unum alteri œquale aut inœquale, similc vefdissimile esse concipimus » ; or, que sont ces [acullés ou puissances, sinon les caractères distinclifs des êtres, sinon les qualités qui les déterminent, et qui, d'une part, permettent à la science de rendre compte des corps en y retrouvant les éléments universels et simples de l'existence, en même temps que, d'autre part, chaque corps se distingue des autres corps par les accidents qui lui sont propres ? Pourquoi ce corps est-il un animal ? c'est que je distingue en lui, outre les propriétés communes à tous les corps, celles du mouvement automatique et de la marche; et dès lors je le distingue d'un arbre, d'une colonne et des autres objets fixés en terre ». La propriété est donc un caractère dislinctif, une qualité différentielle
et spécifique.
Mais, à y regarder de près, une qualité est toujours un terme général, et toujours elle est dil[éreniielle, si bien
1. « Univcrsalium scientia essentialis est scienliae specienim, adeo ut hoec, nisi per illorum lucem, percipi non possinl. » Lévia-
than, I, IX.