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PRÉFACE. XV

dans le monde de la civilisation romaine, céda est vrai en ce sens que Romains et barbares se trouvaient à une grande distance les uns des autres, mais les nouveaux venus n'apportaient rien que leurs devanciers n'eussent pratiqué autrefois. Pour ne citer qu'un exemple, la vengeance du sang, le système des peines pécuniaires, calculées d'après un tarif fixe, ne se rencontrent pas seulement dans les lois des barbares. On les retrouve à l'origine de toutes les civilisations, et il y en a même des traces dans le droit romain primitif. A ce compte, il est vrai de dire que le résultat de l'invasion a été un retour à plusieurs siècles en arrière. En présence des faits, il n'est plus permis d'enseigner, comme on le faisait encore dans la première moitié de ce siècle, que la civilisation européenne dérive de deux sources, l'une romaine, l'autre germanique, et de porter au compte de l'influence germanique tout ce qui ne se trouve pas dans les textes du droit romain. Cette illusion pouvait être, à un certain point, excusable à une époque où en dehors du Corpus juris on ne connaissait guère que les lois des barbares. Mais aujourd'hui, grâce aux travaux de la science moderne, la point de vue est complètement changé, et les choses sont remises à leur place. Un écrivain, d'ailleurs exact et instruit, Haxthausen, écrivait encore en 1850 que les Ossètes du Caucase étaient d'origine germanique, par cette unique raison qu'on trouve chez eux une sorte de wergeld. Ce principe admis comme incontestable, il ne restait plus qu'à expliquer comment ce petit peuple s'était trans-

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