RELATIONS DE CLEMENT IV AVEC ROME
En quittant Rome pour marcher contre Manfred, Charles d'Anjou y avait laissé comme vicaire Boniface « de Galberto <> '. Celui-ci se signala par une telle sévérité dans l'exercice de son pouvoir, que le pape dut intervenir. Richard de Pofî nous a conservé à ce sujet deux bulles.
10 (fol. 226). Le pape écrit au roi [de Sicile] que son vicaire à Rome a condamné à des peines exagérées, à l'occasion d'une rixe, quelques nobles Romains, parents de deux cardinaux. En considération des services que ces deux cardinaux lui ont rendus, avant comme après son arrivée à Rome, le pape prie le roi de faire adoucir les peines infligées.
11 (fol. 226). Bulle correspondante adressée au vicaire.
Ces deux pièces sont postérieures au 28 juin 1265 (puisque Charles d'Anjou y est appelé roi;, et au 20 janvier 1 266, car elles le supposent absent de Rome '. D'autre part elles sont antérieures au mois de mai 1 266, où Charles abandonna la dignité sénatoriale. Les deux cardinaux qu'elles mentionnentsont certainement Annibaldo et Riccardo Annibaldi, qui sont en effet tous deux présents à Rome au courant de 1 265 ; ils figurent parmi les cardinaux qui investirent Charles d'Anjou de la Sicile -\ On a sans doute là l'explication de l'attitude hostile à Charles d'Anjou qu'eurent deux ans plus tard une partie des membres de la famille Annibaldi ^.
Charles d'Anjou ayant déposé la charge sénatoriale, eut pour successeurs Corrado Beltrami Monaldeschi d'Orvieto et Luca Savelli de Rome; puis, au printemps de 1267, un coup de main donna naissance à la constitution d'un gouvernement gibelin avec AngeloCapocci pour chef. Les guelfes s'agitaient et l'on soupçonnait le pape de les encou-