‹ Études d'histoire du Moyen Âge, dédiées a Gabriel MonodChapitre 252 sur 340 · Martène, Tliesaurus anecdotorum, II · texte numérisé non relu

Martène, Tliesaurus anecdotorum, II

4. Hampe, Geschichte Konradins ron Holwislaufcn, p. 266 ; cf. Ann. Placenlini gliibellini dans Pertz, Scriptores, XVIll, 526.

rager. Le 7 juin 1267, Clément IV écrit à Angelo Capocci pour protester contre ces accusations^ et accréditer auprès de lui l'archevêque de Cosenza et l'évêque de Spolète, chargés de rétablir la paix '. C'est sans doute à la même affaire que se rapporte : 12 (fol. 175 v°) ; le pape exhorte les Romains à la paix et annonce l'envoi de deux évêques, dont les noms manquent.

Vers ce moment entre en scène un homme qui devait jouer en Italie, durant les années 1 267 et 1 268, un rôle aussi brillant que court : Henri de Castille, frère d'Alfonse le Sage', et proche parent de Charles d'Anjou. Ce personnage avait des droits à la reconnaissance du pape et du roi; il avait prêté à ce dernier, avant la bataille de Bénévent, une forte somme d'argent. On songea à l'en récompenser en lui faisant épouser Hélène, fille de Michel, despote d'Epire, veuve de Manfred et prisonnière de Charles d'Anjou, qui lui aurait apporté comme dot Corfou et quelques places d'Epire. Je serais tenté de croire que c'est à cette négociation que fait allusion 13 (fol. 233 v'') ; une exhortation adressée par le pape à un inconnu, ut derelinquat errores scismaticos. La lettre est conçue en termes aussi vagues que possible et qui ne permettent aucune conjecture ; mais elle se termine par la phrase suivante : Ceterum de negotio j\lk tue locuti siimus ciim nunciis régis, ei nichilominus jiixta tiiarum precum continentiain nostras iitteras (//recft/n. S'agirait-il d'Hélène et de Charles d'Anjou, et le destinataire de cette lettre serait-il le despote d'Epire? Mais ce n'est là qu'une pure hypothèse.

Ce projet de mariage échoua d'ailleurs, par suite, affirment tous les historiens (sans en donner du reste aucune preuve), de la mauvaise volonté de Charles d'Anjou. Quelques mois après, vers la fin de juin 1267, Henri de Castille était sénateur de Rome. A l'exemple de tous ses prédécesseurs (y compris le vicaire de Charles d'Anjou), il s'empressa de chercher à faire reconnaître la suprématie de Rome par toutes les communes du voisinage. M. Pinzi -' a publié une bulle du 2 juillet 1267, par laquelle le pape défend aux villes du Patrimoine d'obéir à certains ordres que leur avait adressés le sénateur. Le formulaire de Richard de Pofi nous a conservé : 14 (fol. 227 v") la lettre de reproches adressée à la même occasion a Henri de Castille. Elle contient un passage intéressant. Après avoir dit que les traditions de famille de Henri de Castille lui avaient fait espérer de trouver en lui un défenseur des droits de l'Eglise, le pape ajoute : « Ad id qu'idem

2. Cf. sur lui : Del Giudice, Arrigo di Castiglia ; et Hampe, op. cit., 146-157.

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