Ed. Krause, p. 355, préambule
L'ASSEMBLÉE DE QUIERZY-SUR-OISE i 4 3
d'autres points, aux grands le pouvoir de délibérer et de formuler la loi. C'est mon opinion. Ou bien, et c'est une opinion qui a été soutenue avec chaleur, Charles le Chauve avait tout réglé, tout prévu dans sa pleine et souveraine puissance \ Tous les articles qu'il présentait aux grands étaient formulés d'un ton de commandement : et les réponses qu'il paraissait solliciter sur tel et tel ne pouvaient pas donner matière à une discussion des grands; c'étaient des engagements conformes à sa volonté et écrits que le Roi exigeait d'eux 2 .
Cette seconde opinion mérite d'être discutée de près. Si on l'admettait, il n'y aurait même pas à chercher dans le texte qui nous a été conservé, l'expression d'autres volontés que celles du Roi, rien en un mot qui nous instruisît des dispositions de cette assemblée.
Mais, pour l'admettre, il faut ne pas tenir compte de la distinction que l'auteur du manuscrit a entendu faire entre les articles définis par le Roi et ceux pour lesquels il demande une réponse. Il y a, dans sa pensée, opposition évidente entré les mots definivitet responderi jussit. Ce que le roi définit ne demande pas de réponse, et inversement, ce qui est objet de réponse n'a pas été défini par le Roi.
Cela est si vrai que l'aristocratie elle-même, dans le capitulaire du Quierzy, et non plus seulement l'auteur de la copie dont on pourrait encore discuter l'interprétation, fait cette distinction dans une de ses répliques : « Les autres articles ne demandent pas de réponse puisque votre sagesse les a définis 3 ». Elle ne répond donc qu'aux articles laissés en suspens par l'Empereur ; elle répond, si on l'interroge. Des ordres n'appellent pas de réponses.
Dans le texte, les articles diffèrent en effet, comme l'auteur du manuscrit l'a noté : les uns sont au mode du commandement, les autres au mode de l'interrogation ; les uns supposent l'obéissance, l'approbation, les autres supposent la discussion.
Art. i er . Domino mediante decernimus.
Art. 2. Ut monasterium. . . honoretur.
Art. 5. (Première partie); ut filius confirmet.
i. Fustel de Coulanges, p. 419-420, me paraît avoir attribué trop d'importance au terme constituta qui figure dans le préambule et peut avoir été ajouté postérieurement. C'est ainsi qu'il discute longuement le terme proposita employé par Pertz dans sa prérace (Leg. I, 537) comme si c'était un passage du manuscrit, un terme du moyen âge (Fustel de Coulanges. Ibid.
2. M. Krause semble avoir adopté l'opinion de M. Fustel de Coulanges. Les mots de l'article 9 : « tous les chapitres n'ont pas besoin de réponse.. . » prouvent que tous les articles avaient été réglés et établis par l'Empereur (Krause, préface p. 3 5 5). — C'est un motif de plus pour moi de reprendre cette question, et de voir si le texte même justifie ou contredit l'opinion contraire que j'ai précédemment soutenue.