Jordanès, Ge
5. Prosper d'Aquit., Chron. ann., 453. — Isidore, De Reg. Gothorum, 3o-3i, 33.
EURIC, ROI DES WISIGOTHS i3
de Thorismond. Les expressions employées par Jordanès, concordant avec le témoignage formel de Prosper et d'Isidore, autorisent à admettre, conformément à l'opinion de don Vaissete, de Fauriel et de Dahn ', l'assassinat de Thorismond par ses frères, sans que nous puissions affirmer, qu' Euric ait joué un rôle quelconque dans cette tragédie de palais. Il joua, au contraire, à ce qu'il semble, le principal rôle dans le meurtre de Théodoric II, successeur de Thorismond, son autre frère.
Le nom d'Euric ne se rencontre pas dans les textes relatifs au règne de ce prince, mais il reparaît dans les récits que l'on nous donne de sa mort. La chronique d'Idace, reproduite presque mot pour mot par Isidore, nous apprend qu'une ambassade, envoyée par Théodoric II à Rémismond, roi des Suèves, sous la direction du comte Salla, trouva, en rentrant à Toulouse, le roi assassiné et remplacé par Euric 2 . Celui-ci est-il bien l'auteur du crime? Jordanès s'abstient de donner aucun détail sur la mort de Théodoric II, mais cette lacune, aussi bien que les termes dont il se sert pour caractériser l'avènement du nouveau prince (praecupida festinatione succedens — saeva suspicione pulsatus est) 3 est significative. De plus, un texte contemporain, celui d'Idace, deux autres de très peu postérieurs, celui de Marius d'Avenche et une chronique des Gaules, écrite, selon Mommsen 4 , au vi e siècle, accusent expressément Euric. Il est donc certain que ce prince s'est frayé le chemin au trône par un fratricide. On peut également affirmer que le crime fut commis à Toulouse, mais là s'arrête ce que l'on connaît de source certaine. Le mobile de l'assassinat reste inexpliqué. Faut-il n'y voir que l'effet d'une ambition impatiente; faut-il y chercher des raisons politiques, ou seulement s'en prendre à l'humeur inconstante des Wisigoths, habitués à se débarrasser, selon l'expression de Grégoire de Tours 5 , des rois qui leur déplaisaient : autant de questions non résolues.
Les historiens ne sont point d'accord sur la date de cet événement : don Vaissette, Tillemont, Dahn, le placent en 466 6 , Fauriel hésite entre 466 et 467 7 . Les chroniques sont, en effet, incertaines ou contradictoires. La chronique d'Idace mentionne la mort de Théodoric II
1. Don Vaissete, I, iv, 57. — Fauriel, I, ch. 7. — Dahn, Die Kctnige, V, p. 82.
a. Idace, Chron., XXXI, 9. — Isid., De Reg. Gothorum, 33, 34.