Fauriel, I, 39s
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après l'envoi d'Anthemius en Italie et sa proclamation comme empereur d'Occident; événements qui se passent, selon notre auteur, la huitième année du règne de Léon (865) ! . Mais Idace met cet avènement d'Anthemius deux ans trop tôt. La chronique de Marcellin, les Fasti Vindoboncnses prions, le Paschale Campanum, le reportent à l'année 467 2 . Isidore de Séville donne deux dates qui ne concordent pas, aéra Div. et anno imperii Leonis vin (466 et 465) 3 . Entre ces diverses indications, l'année 466 semble préférable; car cette date correspond à la fois à l'aera Div. d'Isidore et à la durée de treize années que Jordanès attribue au règne de Théodoric II 4 . Don Vaissete veut que le meurtre de Théodoric ait eu lieu avant le mois d'août 466, sans apporter aucune preuve à l'appui de sa thèse 5 . Tillemont, au contraire, place ce fait dans les premiers mois de l'année en se fondant sur l'ordre de la chronique d'Idace. La mention de l'ambassade de Salla près de Remismond ne nous renseigne pas davantage, car il est impossible de la localiser dans la confusion de la guerre espagnole. En résumé, Euric s'empare du pouvoir en 466, c'est tout ce que nous pouvons établir.
Quant à la physionomie du personnage, elle nous échappe à peu près entièrement. Les chroniqueurs tels que Prosper, Marius d'Avenche, Grégoire de Tours, n'ont garde de se piquer de psychologie. Sidoine, lui-même, malgré ses réelles qualités littéraires, ne nous fournit que des renseignements insuffisants pour tracer un portrait du nouveau roi des Wisigoths. Cependant, Jordanès témoigne de l'ambition extrême d'Euric 6 ; d'autre part, certains passages de Sidoine nous le montrent sensible à la culture littéraire, sensible aussi à certaines influences domestiques, par exemple, à celle de la reine Ragnahilde 7 . De plus, malgré sa haine irréconciliable contre le roi de Toulouse, son adversaire religieux et politique, Sidoine Apollinaire ne peut cependant s'empêcher de lui reconnaître de grandes qualités : le mérite des armes, le feu du courage, l'ardeur de la jeunesse, le tempérament belliqueux 8 . Un autre auteur, Ennodius, prête à Epiphane de Pavie un discours où Euric est qualifié de « terrible par la renommée de son courage et de son glaive », et, dans un second passage, il