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Idace, Chron, XXXI

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gers ', et au-delà même de la Seine, dans le pays de Soissons, leur domination subsistera jusqu'à la fin du règne d'Euric. La vallée du Rhône est sous la domination des Burgondes, tandis que les Francs occupent les pays au nord de la Seine ; des Saxons sont établis près de Nantes et de Bayeux et des bandes bretonnes s'avancent jusqu'à la Loire 3 . En présence de cette situation si complexe, plusieurs années de lutte ont été nécessaires à Euric pour réaliser, au moins en partie, le programme que lui attribue Jordanès. '

Mais il ne suffit pas d'exposer les progrès successifs du royaume d'Euric, il importe aussi de montrer avec quelles graves difficultés intérieures ce prince s'est trouvé aux prises. En s'étendant, le royaume de Toulouse rencontra des populations gallo-romaines décidées à résister aux ambitions des Wisigoths. Le haut clergé catholique, en ' particulier, fut l'âme de cette résistance, parce qu'il se préparait à substituer sa propre influence à la domination romaine déchue. Ce mouvement, Euric Ta énergiquement combattu et a réussi, pour quelque temps, à le comprimer. Grâce à ses efforts, le royaume wisigothique a paru le plus puissant des royaumes barbares ; grandeur factice, il est vrai ; puissance éphémère, presque aussitôt renversée qu'édifiée.

Si les progrès du royaume wisigothique ont pu faire croire un instant qu'il deviendrait le plus puissant des États barbares établis sur le territoire de la Gaule romaine, cela tient à l'habileté avec laquelle Euric avait su profiter des troubles qui agitèrent les dernières années de l'empire d'Occident. Il importe donc, avant tout, d'examiner son attitude en ce moment de crise.

Quelle a été, au début de son règne, l'attitude d'Euric vis-à-vis de l'empire. Un fait important, attesté par Isidore et par Idace, c'est que, dès son avènement, le roi de Toulouse se mit en rapport avec l'empereur d'Orient, Léon 3 . Les chroniqueurs se bornent, d'ailleurs, à cette seule indication. Les écrivains orientaux ne la donnant même pas, nous sommes réduits à des conjectures sur les motifs et la nature de cette ambassade. Il convient cependant de chercher si Ton ne pourrait pas les retrouver dans une étude de la situation de l'Empire à l'avènement du roi de Toulouse.

En 466, la situation de l'empire d'Occident est la confusion même. L'empereur Sévère avait succombé victime soit d'une maladie, comme le suppose Sidoine Apollinaire 4 , soit d'un assassinat.

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