‹ Etudes d'histoire du moyen ageChapitre 204 sur 326 · Société de l'histoire de France, 1871, p. xlix et suiv · texte numérisé non relu

Société de l'histoire de France, 1871, p. xlix et suiv

4. Dictionnaire, au mot Clers : « Curieux mémoire, malheureusement bien suspect et récemment argué d'absolue fausseté. » La seconde partie, qui contient le récit de la négociation, • renferme des particularités qui auraient leur prix si l'authenticiié n'en restait douteuse dans le silence des auteurs contemporains sur la mission et sur l'auteur s. Plus loin, au mot Foulque le Jeune, M. Port cite une charte où Hugues de Clers est mentionné avant 1 ia5 et il ajoute : « Ce fait contredit directement une assertion, que j'avais acceptée, de M. Mabille, et la principale, contre la possibilité de son ambassade, *

5. Dans son édition de Robert de Torigny (Société de l'histoire de Normandie), t. II, p. io, note 5 : « L'examen des prétentions des comtes d'Anjou à être sénéchaux héréditaires du roi de France m'entraînerait trop loin. »

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Comme on sait, le traité se compose de deux parties : la première est un écrit dont le comte Foulques le Jérosolimitain (987-1040) est donné expressément comme l'auteur, et qui avait pour but de rappeler les dons que ses ancêtres avaient reçus du roi de France Robert, en particulier la charge héréditaire de maire et sénéchal de France. M. Mabille, après plusieurs autres, n'a pas eu de peine à montrer que ce récit, entaché des plus grossières erreurs, ne mérite aucune créance ; aussi n'est-ce pas sur ce point que peut porter la discussion.

Cet écrit, Hugues de Gers déclare qu'il l'a vu dans l'église du Saint-Sépulcre de Loches; il l'a copié, le tenant évidemment pour sincère, et à la suite il raconte les faits auxquels il a assisté, soit comme acteur, soit comme témoin oculaire et auriculaire, et qui à ses yeux justifient les prétentions des comtes d'Anjou à la sénéchaussée de France \ Pour Nfabille, cette seconde partie n'a pas plus de valeur que la première 2 ; mais voyons ses arguments 3 :

i° « En affirmant dès le début qu'il a vu et copié dans l'église du Saint-Sépulcre de Loches le prétendu récit de Foulque Nerra, l'auteur donnait une assez pauvre idée de sa perspicacité, sinon de sa véracité ». Distinguons : que Hugues de Gers ait fait preuve d'un médiocre esprit critique en acceptant pour vrai le récit du comte Foulques, je l'accorde ; sa crédulité est d'ailleurs un défaut commun à tous les chroniqueurs du moyen âge ; mais en quoi peut-elle nuire ï sa véracité ? Le raisonnement ne tient pas.

2 Hugues de Gers affirme qu'il fut chargé par le comte d'Anjou d'une mission de confiance auprès de Louis VI ; les détails très précis qu'il nous donne permettent de dater cette mission : elle est exactement de 1 1 19 ; or, nous dit-on, Hugues était alors « trop jeune pour exercer des fonctions auprès de Foulque » ; et la preuve, « c'est qu'il n'est pas fait mention de lui dans les chartes avant 1 143 ». Cette preuve est faible en soi et tombe devant une charte où Hugues est cité et qui est antérieure à l'année 1 1 25. Nous trouvons Hugues mentionné pour

t. Hugues de Clers a écrit après la mort de Geoflïoi Plantagenet (7 sept. 1 1 5 1 ) ; Robert de Torigny parait faire allusion à son traité quand, à l'année 1 164 (édit. L. Delisie, t. I, p. 35a], il parle de Raoul de Péronne comme vassal du comte d'Anjou à raison de la sénéchaussée de France. A l'année 1 169, le même chroniqueur résume l'écrit attribué à Foulques Nerra ; mais on ne saurait affirmer qu'il a connu celui-ci uniquement par le « faux * Hugues de Clers.

2. Mabille n'est pas le premier qui ait mis en doute l'authenticité du De senesealcia, il renvoie lui-même au mémoire où Brial a discuté (Histoire littéraire de la France f t. XIII, p. 3 36 sq.), les objections qu'on avait déjà faites avant lui. Le plaidoyer de Brial me parait fort raisonnable.

3. Nous suivons le texte donné par Salmon (Chroniquts det comtes d'Anjou, Soc. bist. de France), qui reproduit le ms. lat. 3839 a > ^°'* M* ï Migne, d. Bouquet, Duchesne ont réédité le texte publié par Sirmond, qui paraît avoir eu un moins bon manuscrit.

la dernière fois en 1 1 70 ' ; si, comme il est probable, il mourut peu de temps après cette date, ne peut-on admettre qu'il naquit dans les dernières années du siècle précédent ? En lui accordant quatre-vingts ans de vie, fait-on une hypothèse invraisemblable, et rien empêchet-il d'admettre la réalité d'une mission de confiance donnée à un homme de vingt à vingt-cinq ans ?

Le troisième argument de M. M a bille est au moins fort spécieux ; « il n'existe aucun titre dans lequel les comtes d'Anjou aient pris l& qualité de sénéchal des rois de France 2 et il est certain qu'il n'est pa$ fait mention de cette prétention de la maison d'Anjou dans les écrits des chroniqueurs avant le règne de Henri II ; c'est à partir de cette époque qu'on en trouve quelque trace dans les historiens anglais qui, en inventant et en propageant cette fable, pensaient servir les intérêts de leurs princes». On pourrait aussi bien expliquer le silence des chroniqueurs français par l'intérêt qu'avait le roi de France à taire les prétentions des comtes d'Anjou. Mais ce qu'il importe de savoir, c'est si les affirmations de Hugues de Clers sont en contradiction avec les faits constatés par ailleurs et cette enquête, que Mabille n'a pas faite, doit être entreprise ici.

En écrivant son traité, Hugues de Clers s'est proposé de montrer deux choses: i° Comment le comte Foulques le Jeune a fait reconnaître par le roi de France Louis VI les droits accordés à ses ancêtres ; et 2 dans quelles circonstances les comtes angevins ont exercé réellement les devoirs de sénéchal et en ont recueilli les bénéfices. Voyons successivement chacun de ces points.

, Suivons le récit de Hugues d'aussi près que possible: le roi de France Louis VI étant en guerre avec le roi d'Angleterre Henri I er ", requit le comte d'Anjou de venir à son service; le comte refusa parce que le roi de France, en donnant la mairie et la sénéchaussée de France à Anseau de Garlande 4 , Pavait privé d'un fief qui lui appartenait et de l'hommage auquel il avait droit. Louis VI s'étant déclaré prêt à faire rendre justice au comte et ayant désigné, pour régler le différend, Amaury de Montfort, oncle de Foulques, Geoffroi, abbé de Vendôme, et Raoul de Beaugency 5 , le comte assembla son conseil où

1. Pour ces dates, voir la préface de Mabille et le Dictionnaire de M. Port aux articles déjà cités.

a. Celte affirmation paraît exacte en effet.

3. Luchaire, Annales de la pie de Louis VI, à l'année 11 19; voir particulièrement les n OB î5i et 257.

4. Anseau de Garlande est le premier en date des sénéchaux de Louis VI ; il mourut entre le 6 janvier et le i ar mai 1 1 18 (Luchaire, Louis VI, p. 3o3). C'est après la mort d'An seau que Hugues de Clers place t'aide réclamée par le roi de France au comte d'Anjou.

5. Amauri IV, seigneur de Montfort de 1 1 o3 à 1 ! 3 7, était le frère de Bertrade, femme du

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notre auteur dit qu'il était présent en personne 1 , et il répondit qu'il ferait volontiers l'aide qu'on lui demandait si le roi de son côté tenait sa promesse. Hugues de Gers, chargé, à la demande de la comtesse Arembourg \ d'aller porter ces paroles au roi, partit aussitôt ; il trouva Louis VI avec le comte de Beaumont à « Guenort », entre Pontoise, Beaumont et Chaumont-en-Vexin 3 , et fut accueilli avec joie. Jour fut pris pour une entrevue 4 , où les droits du comte furent enfin reconnus. — Voilà des faits précis, des dates qu'on doit vérifier, des noms qu'on peut identifier, or il se trouve que ces données ne sont en contradiction avec aucun autre témoignage et qu'elles concordent parfaitement avec ce qu'on sait d'autre part. Cette constatation n'estelle pas favorable à la bonne foi, à la véracité de Hugues de Gers ? Mais ce n'est pas tout : après avoir affirmé que le roi de France reconnut les droits du comte d'Anjou, notre auteur veut nous prouver qu'en fait Foulques le Jeune et son fils Geoffroi remplirent les devoirs de leur charge à la cour et à l'armée ; qu'ils en retirèrent les profits attachés au fief de sénéchal. En effet, dit-il, les deux Garlande, Guillaume et Etienne, puis Raoul, comte de Péronne, exercèrent la charge

roi Philippe I er puis du comte d'Anjou Foulques Réchin, père de Foulques le Jeune (Orderie Vital, éd. Le Prévost, t. IV, p. 3o3). — Geoffroi fut abbé de la Trinité de Vendôme de 1 093 à 1 1 32. M. Compain. dans son Élude sur Geoffroi de Vendôme (1891) rejette l'authenticité de notre traité ; mais rien de ce qu'il dit p. 1 35 n'empêche Geoffroi d'avoir été, comme le prétend Hugues de CI ers, mêlé à l'affaire de la sénéchaussée en juillet-août 1 1 19. — Raoul de Beaugency est cité plusieurs fois dans les Annales de Louis VI, la dernière en 1 1 a 3 (n° 52 9 ).

1. Hugues donne les noms de cinq vassaux consultés par le comte d'Anjou : Robert de Blou, « Arquolosius » sénéchal d'Anjou, Saumaise, échanson, Hugues de Clers et « Gaudinus de Vegia ». Le troisième et le cinquième de ces personnages n'ont pas été identifiés. Inutile de parler ici de Hugues de Clers. Quant aux deux autres, on les connaît : Robert de Blou est témoin de plusieurs chartes de Foulques le Jeune pour Fontevrault qui sont publiées dans M igné, Patrologie latine, vol. 163, col. 1101, n° i3 bis; col. 11 16, n° 56 (cf. Port, Diction., au mot Blou). — « Arquolosius » (ce nom ne se trouve pas dans le texte des Histor. de Fr., t. XII, p. 49S, mais seulement dans l'édition de la Société de l'histoire de France) est cité comme sénéchal dans les chartes du comte d'Anjou depuis 1 109 ; M. Beautemps-Beaupré (Coutumes et Institutions de l'Anjou, 2 e partie, t. I (1890), p. 2 5 3-2 5 4) pense qu'il cessa ses fonctions en 1 1 1 5 ; mais il montre qu'il figure dans son grand nombre d'actes importants jusqu'en 1124. M. Beautemps- Beaupré tient pour suspect le traité de Hugues de Clers. Dans ses «« Additions et rectifications », il mentionne plusieurs actes inédits où figure Hugues de Clers (seconde partie, t. III, fasc. 2, 1896, pages 4 37-439).

2. Arembourg, femme de Foulques le Jeune, mourut en 1 1 26 (Port, Dictionn.); elle est souvent citée dans les actes de son mari pour Fontevrault (Migne, Patrologie la t., vol. 162, col. 1098, 1 1 10, 1012).

3. Il est difficile de préciser les déplacements de Louis VI en juillet et en août 11 19 (Luchaire, louis VI, n 0B 256-260). On le trouve à Dangu, à Châteauaeuf-sur-Epte, aux Andelis,

*à Étampes ; il a donc parfaitement pu se trouver aussi dans les environs de Pontoise. On n'a pas identifié le nom de Guenort; en tout cas, ce ne saurait être Vignori, comme le proposent les Bénédictins.

4. Le lieu de l'entrevue fut fixé en Beauce, « inter Marchesneium et Bireium ». Ces localités non plus ne sont pas faciles à identifier ; pour la première on a proposé Marçhenoir, et M. Port accepte cette identification (Dict., v° Foulques le Jeune). En tout cas, d' Étampes le roi pouvait se rendre promptement en un endroit quelconque de la Beauce.

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de sénéchal comme vassaux du comte d'Anjou l ; Péchanson, Gautier de Sentis 2 , déclara en présence de Hugues-qu'il tenait au même titre tout ce qu'il possédait hors des murs de Senlis ; de même les maréchaux de l'hôtel : un jour que Hugues entretenait le roi Louis, ce dernier interpella Raoul du Martroi 3 : «Voici Hugues de Clers, chevalier du comte d'Anjou, ton suzerain ; fais donc ton office de maréchal ; prépare son logis, car tu tiens ton office du comte». — Tout cela est-il exact? Aucun document ne le prouve, mais aucun non plus ne le contredit ; et, en théorie, on ne peut se refuser à croire que les charges de sénéchal, d'échanson, de maréchal de la maison du roi aient pu relever d'un office supérieur; nous n'avons aucune raison de prétendre que Hugues ait voulu nous en imposer.

Poursuivons. En qualité de grand sénéchal, le comte d'Anjou a sa place et son rôle marqués dans deux circonstances : quand le roi porte sa couronne et quand il est à la guerre. Hugues décrit longuement ce qui devait se passer dans le premier cas, et il déclare qu'il a vu le comte Foulques, traité comme il convenait, à un couronnement du roi à Bourges 4 , et le comte Geoffroy à deux autres couronnements à Bourges et à Orléans 5 . Quelques renseignements fournis parles chroniques permettent de considérer ces faits au moins comme probables. Nous en dirons autant pour ce qui concerne le service du sénéchal à l'armée ; son rôle essentiel est, nous dit Hugues, de fournir Pavantgarde quand le roi marche à l'ennemi et l'arrière-garde quand il revient, et le comte Foulques remplit cet office dans les deux expéditions d'Auvergne. — Or, la présence au moins de Foulques aux deux expéditions de Louis VI dans cette région est un fait avéré 6 .

i. Guillaume de Gar lande succéda & son frère Anseau en 1 1 18 et mourut en 1 no ; or, c'est, nous dit Hugues de Gers, dans l'entrevue de Louis VI avec Foulques que Guillaume, sénéchal de France, fit hommage de la sénéchaussée au comte d'Anjou ; c'est donc bien entre 1 118 et 1 no qu'il faut placer l'ambassade de Hugues. Etienne de Garlande fut sénéchal de 1 120 à 1 127 ; puis, après une vacance de plusieurs années, la charge fut donnée à Raoul de Péronne, comte de Vermandois (Luchaire, Louis Vl % p. $04).

2. Peut-être Guillaume 1 er de Senlis, qui fut bouteiller de 1 1 32 (Luchaire, louis VI, p. 304) à 1147 (Luchaire, Études sur Us actes de Louis Vit, p. 48}. Le texte ms. porte le mot Gaiterius en toutes lettres.

3. Raoul du Martroi figure parmi les familiers de Louis VI jusqu'en 1124 (Luchaire, Louis VI t n° 35a); dans les actes du roi, on cite une fois son frère Roger (n° 35a); Hugues de Clers lui donne un autre frère : Thomas.

4. Ce couronnement de Louis VI paraît inconnu. 11 devrait prendre place entre 11 19, époque où furent reconnus les droits de Foulques et 1 129, époque où il partit pour la Palestine.

5. Louis VII porta sa couronne à Bourges aux fêtes de Noël 1145 (Histor. de Fr., t. XII, p. 92 ; t. XV, p. 439, 602). Geoffroi Plantagenet peut d'autant mieux avoir figuré à cette cérémonie que le roi venait de lui conférer le gouvernement de la Normandie (Odon de Deuil, Histor. de Fr. t t. XII, p. 91). On manque de renseignements sur le couronnement d'Orléans; mais ce n'est certainement pas celui auquel il est fait allusion dans les Histor. de Fr. t t. XII, p. 494, n. b.

6. M. Luchaire note la présence de Foulques V dans les deux expéditions de Louis VI en Auvergne, la première en 1122 (n° 3 18), la seconde en 1 126 (no 369).

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Le dernier point est celui qui a toujours soulevé le plus d'incrédulités : « Quand le comte est en France, ce qu'il décide, lui et sa cour, est définitif. S'il naît une discussion sur un jugement fait en France, le roi demandera au comte de venir régler l'affaire et, s'il ne vient pas, les écrits des plaideurs sont transmis au comte et ce que sa cour décide est définitif». Hugues déclare qu'il a souvent vu, et plusieurs autres avec lui, amender en Anjou des jugements faits en France; il cite même un cas précis, celui d'un combat (judiciaire ?) qui eut lieu àSaint-Omer f . — De ces faits indiqués d'une façon si vague, nous ne savons rien par d'autres textes ; ils paraissent à première vue peu croyables ; mais connaissons-nous donc si bien la manière dont se rendait la justice « en France » dans la première moitié du xn e siècle pour oser affirmer qu'ici encore Hugues se trompe et nous trompe ? Et comment aurait-il osé entasser tant d'inventions mensongères sur des faits qu'pn pouvait contrôler, car il n'en était certainement pas demeuré l'unique témoin au moment où il écrivait. S'il était vrai qu'il eût fabriqué son traité pour appuyer les prétentions angevines à la sénéchaussée de France, n'aurait-il pas trouvé de contradicteurs à la cour de France ?

Enfin des documents autres que notre traité permettent d'établir que Louis VII a reconnu les droits à la sénéchaussée de Henri II, dans des circonstances assez semblables à celles où notre traité dit que Louis VI reconnut les droits de Foulques. On sait en effet que la guerre entre les deux rois de France et d'Angleterre éclata peu après l'avènement de Henri II. Une première réconciliation eut lieu en août 1 1 58 ; aussitôt après, on nous dit que le chancelier du roi d'Angleterre, Thomas Becket, obtint de Louis VII pour son maître l'autorisation d'entrer en Bretagne comme sénéchal du roi de France 2 ; or à ce même moment le roi d'Angleterre se réconcilie avec le comte de Champagne, Thibaud V, à qui Louis VII avait donné le dapiférat dès ii 54, au moment où le comte d'Anjou, Henri Plantagenet, montait sur le trône d'Angleterre 3 ; l'accord entre Henri II et Thibaud est si parfait que ce dernier consent à commander une partie de l'armée anglo-angevine dans l'expédition de Toulouse, et les diplômes de Louis VII prouvent que le dapiférat fut vacant pen-

1. « Sic fuil de bello apud Sanclum Audomarum facto et pluribus aliis placitis et judiciis » (in fine) .

2. Gervais de Cantorbéry, Rolls series y t. I, p. 208. Voir en outre sur ce point dom Lbuillier, Saint Thomas de Cantorbéry , t. I ( 1 89 1 ), p. 126, et Radford, Thomas of London (1894),

3. M. Luchaire a établi (Louis VII, p. 47) que Thibaud fut nommé sénéchal en 11 54, entre le I er août et le 24 nov. Henri II devint roi par la mort d'Etienne, le 2 5 no*.

dant toute Tannée 1 1 5ç *. A la même époque enfin se rapporte une charte de Henri II où celui-ci déclare qu'à Orléans, en présence de Josse, archevêque de Tours, de Hugues de Gers, de Robert de Neubdurg et autres, le roi de France reconnut que « la garde de l'abbaye de Saint-Julien de Tours lui appartenait à raison de sa qualité de sénéchal 2 . » Cette charte a été arguée de faux par Mabille; « ce serait », dit-il, « le seul acte authentique qui pourrait être allégué en faveur des prétentions angevines, mais il est facile de voir que cette charte n'est pas authentique ». Ce qu'il est facile de voir doit être facile à montrer, mais Mabille a gardé sa science pour lui. Faut-il croire que sa seule raison de nier est que l'acte le gênait ?

Dix ans plus tard, après le traité de Montmirail (1169), le jeune Henri, fils de Henri II et gendre de Louis VII, vient faire hommage au roi de France pour le comté d'Anjou et le duché de Bretagne; « et le roi de France consentit à ce qu'il fût sénéchal de France en qualité de comte d'Anjou » ; en effet, le jeune Henri vint à Paris « et servit le roi à table en qualité de sénéchal de Frahce \ »

La dernière mention de Henri II comme sénéchal de France se rapporte à l'année 1180. C'est maintenant Philippe-Auguste qui règne; il rte tarde pas à se brouiller avec sa mère Adèle et la famille de Blois, et il enlève à Thibaud V le dapiférat. Le comte de Flandre s'empare de cette charge qu'il prétend lui venir de sa femme, qui était de la maison de Vermandois; puis il meurt. Le jeune roi de France s'adresse alors à Henri II, qu'il traite comme son père et, d'après son conseil, il restitue le dapiférat au comte de Champagne 4 . Si Philippe-Auguste tient à demander l'avis du Plantagenet n'est-ce pas justement parce que le Plantagenet avait un intérêt direct dans

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