A HÉBRON
Par Ch. KOHLER
En Tannée 1 1 19 ou 1 120, à Hébron ou Cariath-Arbea, en Palestine, les religieux d'un prieuré latin de chanoines réguliers, établi sur le lieu même où la tradition plaçait la sépulture d'Abraham, d'Isaàc et de Jacob, fouillèrent le sol de leur église ; ils y trouvèrent beaucoup d'ossements et trois corps qu'ils n'hésitèrent pas à reconnaître comme étant ceux des trois patriarches.
Ce fait, rapporté à l'année 5 1 3 de l'hégire (14 avril 1 1 19-2 avril 1 120 de J. C.) par deux écrivains arabes l dont l'un, Hamza ben Assad el- Tamini, put en être contemporain, et dont l'autre, Aly-el-Herewy, s'appuie sur les récits de témoins oculaires, ce fait, dis-je, avait été complètement passé sous silence par les historiens occidentaux des croisades. Mais on en possédait une relation latine très circonstanciée, formant un document à part dans les manuscrits qui nous l'ont conservée. Des fragments en avaient été publiés, en 1780, par les PP. Bollandistes d'après un manuscrit de Saint-Martin de Tournai, qui ne s'est pas retrouvé 2 . En 1882, le comte Riant en découvrit un second exemplaire dans un manuscrit de la bibliothèque de Leyde, du
1. Pour les récits de ces deux auteurs, voy. Arch. de VOr. latin, I. I, p. 606 ; t. H, 1, pp. 4M-4M.