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LES POSSESSIONS DES ÉGLISES DE REIMS

Par Paul THIRION

M. d'Arbois de Jubainville, dans son histoire des comtes de Champagne 1 , a montré comment, aux xn e et xm e siècles, ces princes concédèrent à leurs sujets des chartes d'affranchissement plus ou moins étendues. Pays intermédiaire entre le Nord et la région de la Loire, la Champagne copia parfois les institutions en vigueur dans ces deux contrées. On y trouve des communes, on y rencontre aussi des reproductions de la coutume de Lorris 2 . Mais le fait le plus habituel est la constitution d'un corps municipal d'échevins, l'ancienne fonction du maire étant ou non maintenue. Bien qu'il se rencontre fréquemment ailleurs, l'échevinage a pris en Champagne une importance particulière. En effet, il n'y a été restreint par aucun pouvoir latéral comme, par exemple, celui d'une commune. Et c'est ainsi qu'au lieu d'être de simples juges, les échevins champenois sont arrivés à cumuler toutes les fonctions locales administratives et judiciaires.

On pourrait, en lisant dans l'ouvrage de M. d'Arbois de Jubainville les résumés des chartes nombreuses octroyées par les comtes, être tenté de n'y voir que la manifestation d'une politique particulière à une maison régnante. Le seul fait, il est vrai, que, pour satisfaire aux réclamations de ses sujets, cette maison ait presque toujours employé

i. T. IV, p. 701 et sq.

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