‹ Etudes d'histoire du moyen ageChapitre 25 sur 326 · Sidoine, Ep. I, 2. — Carm., XXIII · texte numérisé non relu

Sidoine, Ep. I, 2. — Carm., XXIII

8. Dèsile temps de Majorien, le comte Agrippinus avait été accusé à Rome de favoriser les progrès des Wisigoths (Vita S. Lupicini, Boll. 2 mais); et, de fait, quelques années plus tard, en 462, ce même comte, par haine d'Egidius, son accusateur, livrait à Théodoric II la ville de Narbonne (Idace, XXXI, 6). Le cas d'Agrippinus ne devait pas être isolé. Beaucoup de Gallo- Romains étaient assez disposés à se laisser gagner par les Wisigoths. Un passage de Sidoine est significatif à cet égard. Dans une lettre où il rapporte la négociation du questeur Licinianus avec Euric, notre auteur se plaint que, dans les négociations avec les Barbares, les ambassadeurs songent beaucoup moins à la mission dont ils sont chargés qu'à leurs propres intérêts (Sidoine, III, 7).

EURIC, ROI DES WIS1ÔOTHS 2 3

Nous examinerons d'abord ce que nous savons au sujet de Seronatus, bien que certains détails fournis par Sidoine Apollinaire nous interdisent de placer son procès avant 470 ou 471 tandis que celui d'Arvandus est du commencement de l'année 469 l ; mais les intrigues de Seronatus, tout en étant peut-être aussi importantes que celles d'Arvandus, demeurent cependant beaucoup plus obscures.

Seronatus nous est connu par plusieurs lettres de Sidoine 2 ; cependant, le détail de sa vie nous échappe. Il remplissait chez les Arvernes une fonction qu'il est impossible de préciser, et, dans l'exercice de son pouvoir, il commit un certain nombre d'excès : accusations qui méritent d'être examinées de près, car il faut prendre garde aux exagérations oratoires de notre auteur, et ne pas admettre sans discussion tous les forfaits qu'il prête au « Catilina gaulois » 4 .

Les faits rapportés par Sidoine Apollinaire se partagent naturellement en deux groupes : i° abus commis par Seronatus dans l'exercice de son autorité ; 2 négociations et intrigues avec les Wisigoths.

Sur le premier chef, les accusations portées par Sidoine, péculat, abus de pouvoir, sont celles que l'on pourrait porter contre tous les fontionnaires romains au v e siècle. Les autres griefs sont plus intéressants, car ils nous autorisent à regarder Seronatus comme un agent politique d'Euric. Nous le voyons, en effet, se livrer à une propagande incessante en faveur des Barbares, railler les Romains, faire l'éloge des Wisigoths, substituer arbitrairement les coutumes barbares au code Théodosien 5 . Toujours en mouvement, tantôt il se rend à Aire et tantôt à Toulouse 6 , sans doute pour rendre compte au roi de ses manœuvres et recevoir de lui de nouvelles instructions. Il excite les Barbares à prendre les armes : « il leur offre des provinces ». Tout en faisant une large part à la rhétorique dont Sidoine n'a jamais su se débarrasser, on s'explique cependant l'effroi des habitants de l'Auvergne en présence de ces menées et l'appel pressant qu'ils adressent à Ecdicius au nom de leur liberté menacée 7 . Ecdicius répondit en engageant ses compatriotes à livrer Seronatus à l'empereur. Ce conseil fut suivi, mais Sidoine qui félicite les Gallo- Romains du service qu'ils ont ainsi rendu à l'État, ne donne pas de détails sur le procès du « Catilina gaulois ». Il laisse seulement en-

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