‹ Etudes d'histoire du moyen ageChapitre 252 sur 326 · Langlois, Philippe ///, p · texte numérisé non relu

Langlois, Philippe ///, p

laquelle il épouse la comtesse de Montfort; dans les années qui suivent, il essaye vainement d'assurer à sa sœur, contre le comte de Luxembourg, la possession de Namur. Devenu grand bouteiller de France, il accompagne Louis IX à Tunis ; aussi le retrouvons-nous au premier rang des témoins entendus dans le procès de canonisation de saint Louis.

Sa situation à la cour de Philippe III et Philippe IV fut considérable. Souvent nommé dans les actes publics et les comptes, nous le voyons à plusieurs reprises chargé de missions diplomatiques; Philippe III l'envoie auprès de Grégoire X, et plus tard il fait, aux frais de son souverain, un voyage en Angleterre. Quand, en 127S, le roi de France intervint en Castille en faveur de sa sœur Blanche et des enfants de la Cerda, c'est à Jean d'Acre qu'il confia cette délicate entreprise, au cours de laquelle le bouteiller déploya, s'il faut en croire les historiens, plus de courage que d'habileté. Quatre ans plus tard, les habitants de Provins s'étant soulevés contre les agents royaux, Jean d'Acre, chargé de les mettre à la raison, montra dans la répression une grande rigueur. Quelle que fût sa valeur comme ambassadeur ou comme soldat, il était un homme avisé ; au cours des longues années pendant lesquelles il fut bouteiller, il maintint vigoureusement les prérogatives de sa charge. Il avait certainement, dans les affaires judiciaires, une compétence reconnue, puisqu'on voit le Parlement, après enquête, lui donner raison dans un litige relatif aux coutumes de Poitou '. Il fut de ceux que le roi chargea, en 1285, de parcourir le royaume pour provoquer, en faveur de la couronne, des dons et des prêts, et c'est à ce titre que nous le rencontrons dans les bailliages de Sens et de Senlis.

Le bailli de Senlis ne pouvait éluder l'obligation qui lui était imposée par un aussi grand personnage; nous allons voir comment il s'acquitta de sa mission. Après des dépositions contradictoires, on eut recours à une épreuve qui aurait dû être décisive. Le cheval qu'on disait volé fut amené à l'entrée de la localité qu'habitait le cierc, son prétendu maître, et laissé libre ; il ne retrouva pas l'écurie. Le seul témoin qu'on eût trouvé fit, après serment, la déposition

suivante : a Ce cheval ne fut onques au clerc Le cheval au

clerc était grand, celui-ci est petit; le cheval au clerc allait l'amble; le cheval au clerc était vieux, celui-ci est jeune; le cheval au clerc avait une oreille fendue, et en cette oreille il y avait une tache. Quiconque dit que ce cheval fut au clerc, faut à dire vrai. » Il

1. Léopold Delislc, Fragments inédits du registre de Nicolas de Chartres, p. 35.

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