‹ Etudes d'histoire du moyen ageChapitre 259 sur 326 · FR. FUNCK-BRENTANO · texte numérisé non relu

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Quelques lignes plus bas, il revient sur la même idée : « Le comté dont vous l'aviez dessaisi et bouté hors, le Comte voulait le recouvrer contre vous et il disait que cette querelle devait être démenée et jugée par les pairs de France, non mie par vous, ni par vos avocats, ni par votre conseil, comme la querelle fût de la saisine de toute la pairie '.» La déclaration ne laisse aucun doute au point de vue de la question qui nous occupe. Si, d'autre part, nous voulons juger la conduite de Philippe le Bel, nous voyons qu'il n'était nullement question à ce moment de confisquer la Flandre sur Gui de Dampierre 2 ; le tribunal des pairs était loin de s'imposer.

Mais voici que, par ses lettres du 9 janvier 1297, ^ Ul c ' e Dampierre a dénoncé le lien de vassalité qui l'attachait au roi de France. Il s'est ouvertement mis en forfaiture. — Que fait Philippe le Bel ?

11 envoie à Gui de Dampierre une ambassade solennelle à la tête de laquelle sont placés deux dignitaires de l'Eglise, les évêques du Puy et d'Amiens, avec mission de citer le comte de Flandre devant le tribunal des pairs. Gui de Dampierre les reçut à Courtrai, le 18 février 1297 3 . « Nous avons mission de vous faire savoir, lui disent les deux prélats, de la part de notre Sire, qu'il est disposé à faire juger les forfaits commis par vous, contre sa personne royale, en sa cour, par les pairs du royaume. » Gui de Dampierre ne se souciait pas plus d'être jugé par la cour des pairs que par le Parlement, et refusa l'offre qui lui était faite. Robert d'Artois envahit la Flandre à la tête des armées royales et conquit la majeure partie du pays.

Boniface VIII fut, dans la suite, choisi comme arbitre entre le roi de France et ses alliés, d'une part, le roi d'Angleterre et ses alliés, parmi lesquels le comte de Flandre, de l'autre. Il y eut à Rome d'importantes négociations en juin et juillet 1 298. Les représentants de Gui de Dampierre remirent au Souverain Pontife une note où ils disaient, entre autres, que le roi de France avait refusé au comte de Flandre le jugement par les pairs. Les plénipotentiaires français, dirigés par l'habile Pierre Flote, n'eurent pas de peine à mettre cette assertion à néant. En une réunion, où les fils de Gui de Dampierre furent convoqués par le Pape, le n juin 1298, avec les ambassadeurs anglais, ils durent apporter le procès-verbal de l'assemblée de Courtrai dans lequel il était écrit qu'après la dénonciation par le comte de Flandre de l'hommage qu'il devait au roi de France, les évêques

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