‹ Etudes d'histoire du moyen ageChapitre 269 sur 326 · Chronicon Anglix, p. 309; Walsingham, II · texte numérisé non relu

Chronicon Anglix, p. 309; Walsingham, II

4. Voy. le sermon prononcé par ce prélat à Avignon en 1 3 5 7» pour justifier les attaques auxquelles il s'était livré contre les frères mendiants et spécialement contre les franciscains : Monarchix S. Romani Imperii, tome II, Appendice, p. 1392 et suiv. ^Francfort, 1614, in-fol.).

5. André Réville a trouvé des pamphlets contre les friars dans plusieurs mss. de la Bibliothèque Bodléienne d'Oxford : Rawlinson, A. 273, f°" 99 et suiv.; Digby, 98, f° 194 ; James, 7, p. 87-88 ; Bodley, 73, fol. 1 39.^11 a découvert à la même Bibliothèque des sermons composés par des Franciscains. Ceux que contient le ms. Bodley 196 sont du commencement du xiv° siècle : ils n'ont rien de iévolutionnaire. Ceux qui sont réunis dans le Lat. Th. d. 1, et

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gager leurs auditeurs à ne point payer les dîmes dues aux églises 1 ». Comme les friars étaient en hostilité constante avec le reste du clergé, l'allégation de Fitz-Ralph n'a rien d'invraisemblable ; ils ont très bien pu jouer ce mauvais tour aux curés, qu'ils s'efforçaient de supplanter de toutes les manières, entendant les confessions a leur place et empochant les offrandes qui auraient dû augmenter le casuel de la paroisse. Mais de là à prêcher le communisme, il y a loin. On ne peut même pas en conclure que les franciscains fussent particulièrement en faveur auprès des révoltés de i38i.

Assurément leurs ennemis n'ont pas manqué de rejeter sur eux la responsabilité de la catastrophe. Mais en quels termes se sont-ils exprimés ? Le chroniqueur de Saint-Alban, au milieu de son récit de l'insurrection, insère une Nota contra Fratres Mendicantcs, qui, évidemment, s'adresse surtout aux franciscains. Il leur reproche de ne songer qu'à amasser des richesses, eux qui avaient juré de ne rien posséder ; ils « approuvent les crimes des grands » et « entretiennent le peuple dans son erreur » ; ils ont pour les péchés des uns et des autres une indulgence qu'explique leur envie de se faire faire des cadeaux 2 . # Tels sont les griefs du chroniqueur. Il accuse en somme les franciscains d'avoir démoralisé les riches et les pauvres ; il ne les accuse nullement d'avoir excité les pauvres contre les riches. D'autre part, les religieux mendiants d'Oxford, dans une lettre du 18 février 1 382, où ils prient Jean de Gand de les défendre contre leurs ennemis, déclarent qu'on les rend responsables des événements de 1 38 1 pour trois motifs : on leur reproche d'abord d'avoir appauvri le royaume par leur mendicité ; ensuite d'avoir démoralisé le peuple par l'exemple de leur paresse; enfin, d'avoir usé de leur influence pour « exciter les seigneurs contre le peuple et le peuple contre les seigneurs 3 » . Ce document prouve péremptoirement qu'on n'accusait pas les franciscains d'excitations directes à la révolte ; on n'articulait contre eux que des griefs bien vagues, malgré tout le désir qu'on avait de les charger. Enfin, si le gouvernement anglais les avait crus complices des agitateurs de i38i, on peut supposer qu^il ne les aurait pas comblés de faveurs dans la suite ; or, c'est ce qu'il a fait 4 , et dans les lettres de

dont nous reparlerons, datent du milieu du xv* siècle ; la satire y est parfois très violente contre les hautes classes, mais il n'y pas là de trace de doctrine communiste. Une oeuvre plus rapprochée de l'époque qui nous occupe Je Tractatus dtvita cvangclica t $ivc Defcmio Fratrum Mendicantium et ordinis Ercmitarum S. Augustini contra Ricardum Fitz-Ralph, archiepiscopum Armachar u m (Ms. Digby, 1 13), n'est nullement d'une inspiration subversive.

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