Grég. de Tours, H. F., Il, t
époque la situation embarrassée de l'empire. Rien à craindre du côté de l'Orient. L'expédition contre les Vandales, dont les préparatifs avaient arrêté les négociations d'Euric et de Genséric, avait tourné à la confusion de l'empereur Léon. Le patrice Aspar intriguait auprès de Genséric et lui donnait des conseils contre les Grecs. Marcellin, sur le concours duquel on fondait de grandes espérances, avait été tué au mois d'août 468; enfin le chef de l'entreprise, Basiliscus, trahissant son maître, s'était laissé acheter par les Vandales. L'échec avait été complet et la flotte grecque en partie détruite ! . Ce désastre en affaiblissant Léon lui interdisait toute immixtion dans les affaires d'Occident et portait en même temps un coup redoutable à la puissance de son allié Anthemius.
En Italie également la situation de l'empereur Anthemius devenait de plus en plus précaire par suite de sa rivalité avec Ricimer.
Ricimer, en effet, jalousait la puissance de son maître 2 qui, de son côté, ne pouvait supporter la morgue du patrice 3 . L'empereur l'accusait de lui susciter des ennemis à l'extérieur et, à l'intérieur, de fomenter des intrigues 4 . Les choses en étaient venues au point qu'une guerre paraissait imminente entre Anthemius, resté à Rome et Ricimer retiré à Milan 5 . Une réconciliation fut opérée par l'intervention de l'évêque de Pavie, Epiphane 6 ; ce ne fut là qu'une paix boiteuse et mal assise, comme il ressort du récit d'Ennodius, et comme les événements le montrèrent par la suite.
En Gaule, enfin, la conspiration d'Arvandus suivie bientôt après de celle de Seronatus prouvait combien la domination impériale était peu solide. Les Gallo-Romains eux-mêmes s'en rendaient bien compte et, dès le début de la guerre, Sidoine Apollinaire constatait en termes expressifs l'impuissance d' Anthemius et l'état misérable de l'empire 7 .
Dans cette lutte décisive, Euric sans doute s'associa à d'autres rois barbares. On peut le croire avec Don Vaissete, Dahn, Asbach 8 qui trouvent dans un texte de Jordanès 9 la preuve d'une entente entre Genséric et Euric. Mais il est peut-être téméraire d'établir comme Asbach l'a fait, sur la foi de Jordanès qui confond Zenon et Léon, la