Jordanès, Get. t
i8 GEORGES YVER
date du traité conclu entre les deux chefs barbares : 4/0. Que Genséric, après l'échec de l'expédition dirigée contre lui, ait renoué des intelligences avec Euric, qu'il ait, par des présents, ou autrement, encouragé les attaques des Wisigoths contre l'empire d'Occident, cela est probable. Mais, d'autre part, le texte de Jordanès conduit à placer l'accord entre Genséric et Euric après 476. Or, il faut adopter une date plus rapprochée, les attaques les plus dangereuses des Wisigoths contre l'empire coïncidant précisément avec les guerres des Ostrogoths contre le souverain de Byzance (473) x : concordance due, non à l'effet du hasard, mais à la volonté de Genséric, dont on connaît les relations avec les Ostrogoths 2 .
On a pensé également qu'Euric avait cherché à gagner quelques chefs francs, en particulier un certain Sigismer auquel il aurait donné sa fille en mariage. Mais don Vaissete a suffisamment prouvé, par l'analyse de la lettre de Sidoine que l'on invoquait à ce sujet, l'inanité de cette supposition 3 .
Quoi qu'il en soit, dès 469, la guerre ouverte commence. L'Espagne en est le premier théâtre.
Au début, cette guerre a moins le caractère d'un ensemble d'opérations contre l'empire que d'une reprise de la politique conquérante de Théodoric II. Un passage d'Idace, « Conimbrica in pace decepta 4 » autorise à admettre, qu'au moment de l'ouverture des hostilités dans cette région, la rupture n'était pas encore consommée entre les Wisigoths et l'empire. Sur les campagnes au-delà des Pyrénées nous sommes assez mal informés. Isidore se contente de mentionner brièvement les déprédations des Wisigoths en Lusitanie 5 . Idace, source précieuse en dépit de sa confusion et de son obscurité, s'arrête à l'année 469. — Autant qu'on peut en juger par sa chronique, cette guerre consiste moins en une suite d'opérations régulières, qu'en une série de pillages et de ravages commis alternativement par les Suèves et par les Wisigoths : seulement on constate que ces derniers dévastent indistinctement les possessions suèves et les possessions romaines. Au milieu de ces brigandages, les faits importants sont : la reprise de Coïmbre 6 , enlevée par les Suèves en 464 7 ; la prise de Mérida; celle de Lisbonne, livrée aux Suèves par la trahison d'un