Ibid., XXXI
Romain, Lusidius; la paix conclue entre les habitants d'Aunona et les Suèves, l'occupation de la Lusitanie et des Asturies par les Wisigoths, enfin l'envoi d'une ambassade de Remismond à l'empereur 1 . Ici se termine la chronique d'Idace, mais il est vraisemblable que la guerre se poursuivait encore en Espagne, en même temps qu'elle commençait en Gaule.
A quelle date et à quelle occasion s'opéra de ce côté la rupture définitive d'Euric et de l'empire : il est difficile de le dire. Cependant les complots d'Arvandus et l'invasion wisigothique en Espagne ne durent point y être étrangers. En tout cas, dès Tannée 470, nous voyons en Gaule Euric aux prises avec les alliés de Rome.
Tout d'abord, il s'attaque aux Bretons, dont le chef Riothime, avec une armée forte de 12,000 hommes, selon Jordanès, s'était avancé jusqu'à Bourges et ravageait le pays environnant 2 . Euric ne lui laissa pas le temps de se joindre aux Romains, ainsi qu'il projetait de le faire. 11 marcha contre lui, le vainquit à Déols, près de Châteauroux, l'obligea à se retirer chez les Burgondes et occupa Bourges 3 . Don Vaissete rejette cette prise de possession à une époque postérieure 4 . Fauriel et Dahn 5 admettent, au contraire, que le Berry passa à cette date sous la domination wisigothique. Ils ont raison, ce semble, si Ton songe à la propagande arienne signalée à Bourges par Sidoine Apollinaire, dès Tannée 472 6 .
Quant aux Burgondes, malgré leur « fœdus » avec Rome, ils n'interviennent dans ces affaires que pour offrir un asile à Riothime après sa défaite.
La première partie du plan proposé quelques années auparavant, par Arvandus à Euric, était ainsi accomplie : les Bretons étant mis dans l'impossibilité de nuire, leur vainqueur pouvait tout à son aise exécuter ses projets d'agrandissement. C'est alors vraisemblablement que se nouèrent les intrigues de Seronatus, qui, malgré la mort du conspirateur, aboutirent, sans doute, à une extension territoriale du royaume wisigothique dans l'Aquitaine I 7 . — Le Rouergue, le Gévaudan, le Quercy, le Limousin appartiennent encore aux Romains au moment où Sidoine se plaint des complots de Seronatus 8 : ces possessions ne leur appartiennent plus au moment de l'élection de