Hoefler, /. c., 2 a 3. Le refus date du 6 février
5. Palacky, Gesch. von Bahmen, IV 1 , i3i-3; Markgraf, /. c, 268-9.
6. Ms. latin i5,6o6, 8 folios. Cf. Sitzungsberichte der bairischen Akademie, philolo&ischhist. Classe, 1875, 11, 219-21. Le traité a été écrit après la prise de Trébizonde (1461, d'après Hammer et les pièces diplomatiques; 1462, selon Fallmerayer, Gesch. des Kaiser thums von Trapezunt, Munich 1827, 274, 279) et avant la chute de la Bosnie (mai-juin 1463), après le traité de Glogau (mai 1462) et avant le départ de Marini pour Venise (6 juillet). La promesse de Louis XI de secourir la ligue (7 avril 1462) y est citée. Le calcul de 864 ans après la mort de Mahomet est une manifeste erreur.
4 5a N. JORGA
L'opuscule présente ces inextricables divisions chères à la scolastique du moyen âge. On a d'abord une introduction, dans laquelle l'auteur, s'adressant en première ligne aux rois de Bohême et de Pologne, démontre qu'il ne peut y avoir que trois solutions aux difficultés politiques de l'époque : le pape et l'empereur recouvreraient leur ancien pouvoir, les princes formeraient une ligue pour leur défense, ou bien la chrétienté succomberait aux attaques du Sultan. Ce monde chrétien se trouve dans un bien triste état ; il est sujet à « onze contrariétés », telles que la conquête musulmane, qui lui a fait perdre cent et une provinces, la multiplication des péchés, la décadence du pouvoir pontifical et impérial, l'esprit de révolte qui anime contre les princes « le peuple menu l » , le mécontentement contre le pape et l'empereur, qui, s'ils arrivaient même à la perfection des anges, ne pourraient rien faire dans de pareilles circonstances 2 .
Un concile général serait-il nécessaire ? Marini ne le croit pas. Le danger presse et il serait bien long de réunir une pareille assemblée ; en outre, entre les ecclésiastiques avides de bénéfices et les nobles qui songent à placer leurs parents dans ces « hospices honnêtes » 3 , on ne pense guère à la réforme de l'Eglise, réforme qui cependant s'impose.
L'auteur se propose d'indiquer les « considérations » que doivent accomplir les deux chefs traditionnels de la chrétienté pour jouer leur rôle. Ces considérations sont précédées d'une infinité de « règles », « causes» et « intelligences». Il y est parlé de la décadence des mœurs, de la confusion des lois et des souffrances des justiciables. Après quoi Marini mentionne ses « visitations », au nombre de cinq : elles contiennent ce que doivent faire le pape, l'empereur, le concile général, les princes et les communes. Les deux derniers peuvent seuls défendre la foi, et ici se placent cinq « délibérations pour restaurer la foi chrétienne »: les deux rois de Pologne et de Bohême doivent faire leur paix, annoncer aux autres princes leurs intentions, surtout aux Vénitiens, à Louis XI et au duc de Bourgogne. « Que Vos Majestés sachent certainement que, si le roi de France peut apprendre vos bonnes intentions, il se réunira à vous sans retard 4 . » La nécessité contraindra
i. « Nonum, pejus omnium, est quod populus minutus perdidit fidem et paru m credunt et « minus obediunt pape nec imperatori nec principibus suis. ■
2. « Pluribus vicibus dixi et meis sermonibus et iterum dicam quod, si dominus noster « sanctus papa et serenissimus semper Augustus imperator haberent totum sensu m mundi et « tantam beatudinem et sanctitatem, quod sanctis et angelis possint equari, parum boni facere « possint,, respectu tantarum contrarietatum. »