Grég. de Tours, H, F., Il
3a GEORGES YVER
peu près réduits à leurs seules forces. Les nobles arvernes durent, à 1 instigation d'Ecdicius, qui leur en donna l'exemple, équiper des troupes à leurs frais ', pour soutenir cette lutte, au terme de laquelle, s'ils succombaient, il ne leur restait plus, selon l'expression de Sidoine, qu'à a abandonner leur patrie ou leurs cheveux 2 », c'est-à-dire le choix entre l'exil ou la cléricature. Quant à Rome, elle se souciait peu de cette poignée de Gallo-Romains qui combattaient en son nom. Le seul secours effectif que reçurent les Arvernes fut celui des Burgondes. Tous les historiens, se fondant sur différents passages de Sidoine Apollinaire 3 , s'accordent pour admettre que, du moins au début de la guerre, ceux-ci tenaient garnison à Clermont. C'étaient, du reste, des auxiliaires désagréables et dangereux 4 . Leur intervention s'explique, en effet, moins par l'alliance conclue entre eux et Anthemius, ou par la sympathie qu'ils pouvaient nourrir à l'égard des Gallo-Romains, que par leur crainte des progrès incessants d'Euric, et par le désir de faire profiter leurs domaines, selon leur habitude, des désordres de la Gaule. Mais il est à peu près impossible d'établir d'une façon précise le rôle joué par eux dans cette guerre. Une lettre de Sidoine à Ecdicius, écrite après la première attaque des Wisigoths contre Clermont, montre seulement que ce personnage était allé demander, sans grand succès, des renforts aux Burgondes 5 . *
Ajoutons enfin qu'à l'intérieur même de Clermont, l'autorité de Sidoine et d'Ecdicius se trouvait ébranlée par les tentatives d'un parti favorable aux Wisigoths.
Bien que Sidoine s'exprime en termes assez vagues sur ces troubles 6 , il est permis, en se fondant sur l'exemple des intrigues déjà signalées en Aquitaine I, au temps de Seronatus, de regarder les séditions qui se produisirent dans la ville, comme le résultat de menées secrètes d'Euric. Mais, comme en Auvergne la résistance était dirigée par l'aristocratie, l'opposition s'appuyait sans doute sur les classes inférieures. On se trouverait alors en présence d'un mouvement analogue à ceux qui avaient eu lieu en Aquitaine lors du premier établissement wisigothique.
La date précise à laquelle s'ouvrirent les hostilités est difficile à déterminer. Jordanès se borne à noter que le siège de Clermont com-
t. Sidoine, Epist. VII, 7 ; III, 4 ; II, 1.