Sidoine, Ep. III
mence après la mort d'Anthemius \ et il n'existe aucune raison de révoquer en doute son témoignage.
Les lettres de Sidoine permettent sinon de reconstituer complètement la chronologie de cette guerre, du moins d'en marquer les faits saillants et d'en reconnaître le caractère. Comme toutes les guerres barbares, elle consiste en une série de razzias et de pillages 2 .
A ces brigandages, qui ruinent l'Auvergne autrefois si fertile 3 et interdisent les communications des habitants avec le reste de la Gaule, s'ajoute encore le siège de Clermont. Les bandes qui se livrent à ces dévastations ne sont pas exclusivement composées de Barbares : elles comptent un certain nombre de Gallo-Romains qui, de gré ou' de force, sont entrés au service d'Euric 4 . Les ravages de ces armées obligent les habitants des pays voisins à s'enfuir et s'étendent jusqu'à la vallée du Rhône 5 .
Nous connaissons. assez mal toute cette guerre jusqu'à l'avènement de l'empereur Nepos. Quelques faits cependant ressortent en pleine lumière. D'abord le rôle militaire et les exploits d'Ecdicius, qui parvint à sauver Clermont sur le point de succomber et obligea les Wisigoths à lever le siège 6 . Dom Vaissete a essayé d'ordonner chronologiquement les différents faits d'armes attribués au défenseur des Arvernes soit par Sidoine Apollinaire, soit par Grégoire de Tours, mais l'arrangement qu'il propose laisse trop de place à la fantaisie 7 . Fauriel, tout aussi arbitrairement, a groupé tous ces exploits autour du dernier siège de Clermont 8 . Le plus sage est peut-être de se borner à constater avec Jordanès, qu'Ecdicius résista longtemps et vigoureusement aux Wisigoths 9 .
En second lieu, une lettre de Sidoine à Avitus nous apprend l'existence de négociations conduites entre les Arvernes et les Wisigoths par cet évêque, négociations qui paraissent avoir été suivies d'une courte trêve pendant l'hiver 473-474 io .
Cette même année les forces d'Euric s'augmentèrent par l'arrivée en Gaule d'un nouveau contingent de Barbares. Il se trouva que la