Sidoine, Ep. III, 1 ; V, 12; IX
politique impériale avait fourni aux Wisigoths ce renfort inattendu, à un moment décisif. Un certain nombre d'Ostrogoths, à la suite des mouvements de peuples qui accompagnèrent la mort d'Attila, étaient venus, sous la conduite de Widomir, demander des terres à l'empereur Glycerius. Celui-ci, pour sauver l'Italie d'une nouvelle invasion, les détourna vers la Gaule, leur assurant que les Wisigoths leur procureraient un établissement. Si l'empereur comptait ainsi embarrasser Euric, son espoir fut déçu. Bien accueillis par Euric,les Ostrogoths se joignirent à son armée '.
A cette époque d'ailleurs la guerre touchait à son terme, et c'était encore l'empire qui allait offrir à Euric le moyen d'en finir avec ses derniers défenseurs.
Après un interrègne de novembre 472 à mars 473, Glycerius, sans doute avec la complicité de Gondebaud avait usurpé l'empire à Ravenne 2 , mais il n'avait réussi à faire reconnaître son autorité ni par l'empereur d'Orient Léon, ni par son successeur Zenon. En 474, il avait été détrôné, pris et ordonné évêque 3 . Ce revirement était dû à la politique de Bysance. Le nouveau prince, Julius Nepos, fils d'une sœur du comte Marcellin, époux d'une nièce de Léon, symbolisait, tout comme Anthemius, l'alliance des deux empires. Comme Anthemius aussi, il allait essayer de rétablir la paix dans les Gaules, au prix d'une nouvelle concession aux Barbares. Et pourtant les Gallo-Romains encore indépendants comptaient sur lui pour être débarrassés de leurs adversaires : Sidoine Apollinaire trace de lui un portrait des plus flatteurs 4 . Ces espérances furent trompées.
Par ces négociations, Nepos, reconnaissant l'impuissance de ses armes 5 , songeait moins à sauver les habitants de l'Auvergne qu'à arrêter les progrès de plus en plus menaçants d'Euric. Malgré le royaume des Burgondes, qui, dans la pensée des empereurs devait servir d'état tampon, les Wisigoths arrivaient, dans la partie méridionale de la vallée du Rhône à se trouver en contact immédiat avec les