Ennodius, Vita Epiphanii, p
frontières de l'empire. Ennodius laisse entendre que Nepos songeait à reporter les frontières de l'empire au-delà des Alpes \ Il ne saurait être ici question d'une extension territoriale, car, en théorie, ces frontières s'étendaient encore bien au-delà. Mais si l'on songe qu'il existait dans la vallée du Rhône, un parti romain, dont Sidoine signale les agissements à Vaison a , et probablement aussi un parti wisigothique, on comprendra que l'empereur ait pensé à rétablir solidement son autorité dans les régions où il se sentait soutenu, quitte à abandonner aux Barbares l'Auvergne menacée par sa situation même de tomber tôt ou tard entre leurs mains.
Cette politique donna lieu, de la part de l'Empereur Nepos à trois négociations successives : celle du questeur Licinianus, celle des évêques Faustus , Léontius et Basilius ; enfin celle de saint Epiphane.
La première, celle de Licinianus est celle sur laquelle on possède le moins de détails. Les historiens s'accordent à la placer en 474. Licinianus était chargé d'une double mission, l'une officielle, l'autre secrète: i° Remettre à Ecdicius le brevet de patrice jadis promis par Anthemius 3 ; 2 Traiter avec Euric. L'habileté et l'honnêteté du négociateur donnaient bon espoir aux Arvernes, mais leur attente fut trompée 4 ; celle de l'Empereur le fut également. Licinianus et Euric ne se mirent pas d'accord et la guerre reprit sous les murs de Clermont.
La seconde ambassade ne fut pas plus heureuse que la première 5 . Elle était confiée à Faustus évêque de Riez, à Basilius évêque d'Aix, à Léontius d'Arles 6 , c'est-à-dire aux ecclésiastiques les plus considérables de la portion de la Gaule encore possédée par les Romains. Sidoine Apollinaire et ces personnages entretenaient un commerce épistolaire, qui permet de rétablir les conditions débattues entre Euric et les représentants de l'empereur. La condition essentielle de la paix, c'était l'abandon de l'Auvergne aux Wisigoths. Dans une lettre à Graecus de Marseille, où il reproche vivement à ce prélat sa complaisance envers les Barbares, complaisance qu'il taxe presque de trahison, Sidoine emploie des expressions significatives : « facta est servitus nostra pretium securitatis alienae — nostri,
1. « Fines italici imperii quas transgallicanas Alpes porrexerat >» (Ennodius, Vita EpiphanU, p. 35 1).
s. Sidoine, Epist. V, i6.