‹ Etudes d'histoire du moyen ageChapitre 73 sur 326 · Ibid., 1. VI, p. 4 83, t. VIII, p · texte numérisé non relu

Ibid., 1. VI, p. 4 83, t. VIII, p

5. Charroux (83o). Ibid., t. VI, p. 567, « per Ligeris fluvium nec non et per mare. » Id. p. 665 (826), S. Philibert : « Per alveum Ligeris... per Dordoniam Garonnam, et per caetera flumina. » Redon: lbid. y t. VIII, p. Si 3.

chalands traînés du rivage par des chevaux ou des hommes. Pour les abriter, les couvents avaient tenu à posséder quelques ports. Dès le vn e siècle, ils se font céder par les rois des villx riveraines d'un fleuve et destinées au chargement ou au débarquement et à la vente. Sigebert II accorde à Stavelot les deux ports de Sellae et de Vagatio, sur la Loire (65 1) l . Saint-Germain se fait donner par Charlemagne la villa Madriolx, sur la Seine, et le droit exclusif d'y établir un port (786) 2 . Saint-Denys obtient Pontoise ; Saint- Wandrille, Caudebec (853) 3 ; Marmoutiers, une église, Saint-Symphorien, « sur le cours de la Loire, avec un port sur chaque rive » (852) 4 . Cet usage dut être suivi par d'autres églises. Et déjà certaines d'entre elles prétendaient transformer ce privilège en monopole, interdire à tout concurrent le droit de s'établir à leurs côtés, et obliger les marins ou les marchands à s'arrêter à leurs stations. Une des coutumes féodales les plus oppressives date de ce temps-là.

11 est probable aussi que les couvents ou les églises avaient des entrepôts dans les villes et les marchés. Quelques documents parlent des areae ou patellx qui leur appartiennent. En 870, Saint-Corneille de Compiègne reçoit de Charles le Chauve des casellae en Bourgogne. Il s'agit bien ici de magasins ou d'abris destinés aux marchands du monastère. Les chartes qui donnent aux moines ou à leurs hommes le droit de séjourner dans les cités, d'y trafiquer librement, supposent l'existence de ces entrepôts. Au xn e siècle cet usage est général, mais il doit sans doute son origine à l'organisation carolingienne.

On voit par ces faits que les abbayes avaient, à leur service, tout un système de transports. Mais cette création était récente au ix e siècle. Nous lisons dans un diplôme plus ancien, celui de Chilpéric II pour Corbie (716), que « le roi s'engage à donner aux missi du couvent, » des palefrois, veredi ou paravtredi, des tractoriz tant à ceux qui vont » qu'à ceux qui reviennent, et, au retour, douze chars, de localité en » localité, dans les régions fixées par la coutume et jusqu'à ce que le r> cellerier du couvent y revienne 5 .» Notons ces détails. L'abbaye ne

1. Diplomata, n° 3io, (65i) : « Porium illum qui dicitur Sellis immoque et Vagatio super fluvium Ligeris. »

a. Hist. de Fr.,t.V. p. 750 : « Mandriolas et portum quod est inter pagum Senonicum et Melodunensem . . . ita ut nullus inibi portum vel aquam habeat nisi jamdicia potestas almi Germant. »

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