‹ Études d'histoire et de biographieChapitre 7 sur 12 · HISTORIETTES DE TALLEM ANT DES RE AUX · texte numérisé non relu

HISTORIETTES DE TALLEM ANT DES RE AUX

ont jugés dignes de le posséder tout entier. Il leur a semblé qu'une série de petits récits, intitulés chacun du nom de quelque personnage plus eu moins célèbre, où l'histoire est traitée à la légère , où les héros sont vus quelquefois moins vêtus qu'en robe de chambre, où l'on trouve peu de jugement et beaucoup de malignité, peu d'étude et beaucoup d'indiscrétion, le tout arrangé sans ordre, sans liaison, sans art, suivant le caprice du souvenir ; il leur a semblé, dis-je, qu'une telle œuvre, malgré la distance qui nous sépare du temps où ces récits sont placés, était parfaitement à la portée de notre intelligence, à la mesure de notre appétit en fait d'instruction et de vérité ; quoi voyant, ils l'ont imprimée sans façon comme un supplément nécessaire aux mémoires pour servir à l'histoire du dix-septième siècle. En toute humilité, nous devons dire qu'ils ont bien fait. Tallemant des Réaux est de taille à faire fortune dans les cabinets de lecture, et les bibliothèques des gens instruits le recevront volontiers parmi ces livres de second ordre, où l'on a ramassé avec soin ce que nous appelons les épluchures de l'histoire.

Les trois éditeurs auraient peut-être dû pous-

ser la complaisance jusqu'à nous donner la biographie de cet homme qui raconte celle de tout le monde. Quand on parle tant d'autrui, ce n'est pas pour ne rien laisser à dire de soi. Or nous connaissons bien deux académiciens du nom de Tallemant, dont l'un a malheureusement traduit les vies de Plutarque, et l'autre a fait le « Voyage de l'île d'Amour. » L'auteur des « Historiettes )) ne peut être un de ceux-là ; car il écrit d'un style à révolter même une académie qui se recruterait parmi nos députés. Tout ce que son livre nous apprend de lui, c'est qu'il était huguenot, gentilhomme, assidu à l'hôtel de Rambouillet, dont il connaît parfaitement les maîtres, les commensaux, les habitués, les domestiques même ; et, pour le dire en passant, c'est sur ce sujet qu'on aime le plus à l'entendre. Avec les détails qu'il nous fournit sur les hôtes de cette maison, sur les localités, sur les habitudes, vous reconstruiriez facilement cette illustre demeure du bon goût et du bel esprit ; Molière ensuite vous aiderait à en parler la langue.

li est difficile de tracer son chemin à travers toutes ces figures rangées l'une après l'autre sans lien et sans suite. Cependant le Hvre a un com-

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