Op. cit. p
agapo ou (listribulion sera prélevée une part pour l'évoque, « eiianisL non est praesens in agapis et erogationibus », et pareils prélèvements seront faits pour les prêtres et les diacres... Voilà donc autlientiquement l'agapc telle qu'elle apparaît la première fois qu'elle apparaît clairement : elle est une distribution en nature faite aux veuves *. Tertullien n'appelait-il pas déjà agapele secours matériel donné par l'Kj^^lisc aux prisonniers ou aux iiuligonts?
Ce caractère une fois déterminé ne variera guère.
Saint Paulin nous apprend que Pammacliius litune distribution do pain aux pauvres de Rome dans la basilique de Saint-Pierre, et il trace de cette largesse une peinture patliétique : il décrit la foule inondant la basilique et l'atrium, s'asseyant à terre par groupes auxquels on distribue du pain et aussi des au-
1. Voici toul le passage. E. IIauler, Didnacaiiac apostolorum fragmenta vcronensia latina ;Leip/ig 1000), p. 38 : t Prosforas ergo vcstras «acerdoli olTerite sive per vos ipsos sive por diacones;qui {cod. quiq.) fiuscipicl ct,ul (lecel, divicleluniouique. Episrcpusenim oplime iiovit eos qui tribulaiitur, et utiicuique dat serundum dispctisationem, ut nonunusaul Ircqucnler ei in ipso die aut in ipsa hcixiomada accipiat, «lius autoiii uec 8eniel...His ilorum, qui agapain desiderant facere et petuntaniculas, liane, <|uain scit tribulari, frciiucnter ctiaiu mittat. Kl haec pars, quaccx coiisucludine sacerdoU debotur, 8eparelur,elianis» non est praesens in agapis cl erogationibus, in honorem omnipolentis Dei. Sicut ergo uni(*ui»iue praesbylerorura (o fort. del. wi* et a s. s.) dalur, dupluiu dabitur singulis diaconibus in sacerdotio Chrisli ; ■quadruplum aulein ei qui praeest, lamquam in omnipolentis i;loria. fiiquis aulem et presbyler<ii voluerit honorare, duplum sicuti diaco. nibus dabilillis; nam ei ipsi tamquani apostoli el consiliarii liono. renlur episcopi et corona ecclesiae. Sunt eulm consilium et curia «cclcsiae. •
314 ETUDES D'HISTOIHE
mônesen argent \ Ce récit est dans une lettre datée de 397. Observons que cette distribution est faite par Pammacliius en l'honneur de sa défunte femme Paulina, et que saint Paulin s'applique à montrer que c'est une aumône pour le soulagement de l'âme de la défunte ^.
Saint Augustin ^ nous montre sa mère, à son arrivée à Milan, se disposant à visiter les « mémoires des saints » ou les « mémoires des défunts ». Elle s'y rend « comme elle avait coutume de faire en Afrique », portant dans un panier les provisions de rigueur à manger et à distribuer, « canistrum cum sollemnibus epulis praegustandis atque largiendis », du vin, du pain, de la bouillie de farine. Mais le portier, Vostiarius, lui interdit d'en rien faire, en lui représentant que l'évêque Ambroise a proscrit ces pratiques, pour cette raison qu'elles donnaient occasion à des intempérances et qu'elles ressemblaient trop aux parentalia des païens : <(...quia illa quasi parentalia super slitioni gentilium essent simillima ».
Saint Augustin entrera pleinement dans les vues de saint Ambroise, car un de ses premiers actes à son retour en Afrique sera de promouvoir la suppression de l'usage qu'il a vu supprimer à Milan. En 392, il écrit à Aurélien, évêque de Carthage ^, pour dénoncer l'usage existant de célébrer dans les cimetières des beuveries et des festins déréglés : « Istae in