In 1 Cor. hoinil. XL, 1 el Ad illuminand
3i Ï:TUDES D'HISTOIRE
bole, sur l'oraison dominicale, sur les saints mystères, en un mot sur tout ce qui appartient au programme propre de la catéchèse. On a lu avant l'homélie le passage de l'évangile selon saint Jean rpii a trait à l'eucharistie, — rien que ce fait suiïirait à montrer combien conventionnel est l'arcane, — et saint Augustin commente : « Sicut audwimus cum sanctum euangelium legeretur, dominus Jésus Christus exhortatus est promissione çitae aeternae ad inanducandam carnem suam et bihendum sanguinem suum. Qui audistis haec, nondum omnes intellexistis. Qui enim baptizati et fidèles estisy quid dixerit nostis. Qui autem inter vos adhuc catechumeni vel audientes vocantur, potuerunt esse cum legeretur audientes, numquid et intelle génies? Ergo sermo noster ad utrosque dirigitur. Qui iam manducant carnem Domini et bibunt sanguinem eius, cogitent quid, manducent et quid bibant^ ... » Saint Augustin suppose que les catéchumènes ne pénètrent le sens ni de TEvangile ni de l'homélie : devant eux il affirme que les fidèles mangent la chair du Seigneur et boivent son sang, mais il suppose que pareille affirmation est impénétrable aux catéchumènes. Saint Augustin observe la fiction de l'arcane : mais le moyen que ce ne soit pas une fiction?
L'arcane réduit à n'être qu'une méthode pédagogique, nous n'aurions pas expliqué l'analogie qui a
i. Serm. de verb.euang. loa. CXXXII, 1.
ET DE ÏIIÉOLO'JIE POSITIVE. 35
pu ôtre établie entre le secret qu'il implique et celui qui fut propre aux cultes païens, si nous n'appelions pas l'attenlion sur les formes de langage qui ont créé en cette matière l'équivoque.
On a été victime ici du classicisme des écrivains ecclésiastiques grecs. Déjà saint Ignace, pour dire que les Epliésiens avaient été disciples de saint Paul, les appelait IlauXou <ju!jLfjnj(jTai ^ La seconde épître de saint Pierre (i, IG) se sert une fois du mot ettoW/iç. Mais le lexi(|ue de saint Ignace, de saint Clément, d'IIermas, des apologistes est, par ailleurs, pur de pareils emprunts. Avec Clément d'Alexandrie, au contraire, se produit une véritable invasion de vocables païens. Ainsi, à la fin du Protreptique^ Clément invite son lecteur à se détourner de toutes les fables de la mythologie, à fuir l'ile maudite des voluptueuses sirènes, à s'abandonner au Verbe de Dieu qui est Tunique bon pilote, et au Saint-Esprit qui le guidera au port des cieux. « Alors, dit-il, tu contempleras (xaTOTîTEuaeiç) mon Dieu, tu seras initié aux mj'stères saints (toÎç àyioiç T£X£aO-/î(Tyi [xuar/ipioi;)... Viens, jette là le tliyrse, les couronnes de lierre, la mitre, la nébris », et autres insignes des cultes païens : « Livre-toi à la sagesse, je te montrerai le Verbe et les mystères du Verbe. Il y a une montagne chère à Dieu, ombragée de chastes forets : là les fils de Dieu, brebis toutes belles, célèbrent les augustes fêtes (aeuLvà opyiot) du Verbe », avec les anges, les prophètes, les vierges et les justes. « O mystères saints véritablement! Des daduques me guident (ôaooy/^oujxai), je contemple (èTcoTrxeuaaç) les cieux et Dieu, je deviens