‹ Etudes d'histoire et de théologie positive (volume 2)Chapitre 55 sur 118 · Ibid. 2. Cf. Cyprian. Epistul. lxviii, o · texte numérisé non relu

Ibid. 2. Cf. Cyprian. Epistul. lxviii, o

i:t i)i: tiikoloc.ik rosiTivi:. 135

mis coepiscopis habita concilio in eamdcm nobisciini sententiam pari grm'ifnte et saliibri moderntione ronsrnsit » (lv, 6). (]olle sentence unique avait eu deux effets opposés, à Carlliag'c de supprimer Tindulgence inconditionnée et tumultuaire des martyrs, à Rome de réduire le rigorisme intransig-eant des Novatiens. Mais, des deux côtés ensemble, c'était en définitive la discipline consacrée par Callistc qui triomphait. Une fois de plus le traitement des pécheurs se tempérait de miséricorde.

De toutes les Kglises du monde on adhéra à la décision de C.yprien et de Cornélius : l'Afrique et l'Italie étaientacquises, l'Egypte suivit avec Denys d'Alexandrie. Novatien, en se faisant ordonner évéque intrus de Rome, en dépit de la régularité de l'élection de Cornélius, et en travaillant par des émissaires à surprendre la bonne foi des évéqucs lointains, se disqualilia. En 254. Cyprien. écrivant au pape Etienne, pouvait se llatter d'avoir fait condamner Novatien une seconde fois, c'est-à-dire comme intrus, par tous les évéqucs du monde, « Novatiano uiipcr retiiso et refutato et per totuni orbem a saccrdotibus Dei abstento )) fLxviii, 2). Pourtant, cette unanimité n'alla pas sans hésitations ni défections, et, si vrai qu'il soit que le schisme de Novatien s'est fait sur une question de personne, on n'en doit pas moins reconnaître que l'éternel conflit de la morale rigoriste et de la morale relAchée y eut une part plus grande.

En Gaule, par exemple, tandis que l'évéque de

13G ETUDES DIIISTOIRE

Lyon, Faustinus, était fermement rallié aux principes de Cyprien et de Cornélius, l'évoque d'Arles, Marcianus, fut réfractaire et ne céda pas, sans qu on puisse dire qu'il ait eu aucun intérêt commun avec Novatien. Cyprien, comme s'il avait eu mission de veiller à la soumission de tous, écrivit au pape Etienne et le mit positivement en demeure de déposer Marcianus, sur cette unique raison qu'il refusait de réconcilier les lapsi^. Le principe de Tindulgence était proclamé par Cyprien « vérité de l'Eglise catholique », le rigorisme « une dureté inavouable de la présomption hérétique ». Nous voilà loin du temps où, au jugement de Cyprien lui-même, les évêques étaient excusables de se refuser à réconcilier les adultères pénitents !

En Egypte, l'évêque d'Alexandrie, Denys, répugnait autant que Cyprien au rigorisme; il voyait dans la doctrine novatienne du refus de réconciliation une impiété blasphématoire contre Dieu, contre Jésus-Christ, contre le baptême, contre le Saint-Esprit ^. Il organisa la réconciliation des lapsi sur les mêmes bases que Cyprien et Cornélius. Mais à Antioche, l'évêque Fabios était opposé à cette réconciliation, en dépit des pressantes instances que lui adressèrent Cornélius et Denys : il mourut au moment où il réunissait un concile de tout l'Orient pour décider de l'attitude à prendre. Son successeur, Démétrien, put du moins tenir le concile, et l'unité se fit

\. Epistul. Lxvni, 1 : «... a catholicae ecclesiae veritate atquc a corporis nostri etsacerdotii consensione discesserit, tenens haereticae praesumptionis durissimam pravitatem, ut servis Dei paenitentihiis et dolentibus ... subsidia cludantur, ...sed sine spe pacis etcommunicationis... proiciantur. »

Page 1