‹ Etudes d'histoire et de théologie positive (volume 2)Chapitre 78 sur 118 · Éludes, t. LXXni (1897), p. 9G et s · texte numérisé non relu

Éludes, t. LXXni (1897), p. 9G et s

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d'avoir suppose acceptée par les protestants aussi bien que par les catholiques l'exégèse traditionnelle de ces paroles. M. Boudinlion a raison de voir dans ces textes l'expression de l'idée essentielle du sacrement de pénitence, et le P. Brucker manque de rigueur en traitant de « vague pouvoir » cette idée essentielle qui doit être si féconde.

Le P. Brucker concède que l'Eglise a « la faculté d'organiser et de modifier, au cours des temps, le fonctionnement du jugement pénitentiel, dans ses éléments non essentiels »; et il nous assure que « cela n'est contesté par aucun théologien ». Mais est-ce bien là le nœud de la discussion? Le P. Brucker, pas plus que M. Boudinlion, n'a voulu voir que TÉglise était l'arbitre de l'usage qu'elle devait faire du pouvoir des clés, qui lui est confié. Il faut même admettre que l'Église, économe de ce pouvoir divin, peut le prodiguer ou le réserver. Elle peut le réserver parce que, aussi bien, l'absolution par le pouvoir des clés n'est pas l'unique issue que Dieu ait laissée au pécheur pénitent. La contrition parfaite ne réconcilie-t-elle pas le pénitent à Dieu? Supposé que les anciens n'aient pas analysé à fond l'acte de contrition, supposé qu'ils n'aient point séparé en fait la contrition de la satisfaction, qui niera qu'ils aient, bien plus que nous ne le faisons, mis en lumière la vertu de la satisfaction ainsi conçue?

Au xii^ siècle, Gratien, rappelé fort à propos par M. Hogan, se demandait si un pécheur peut se réconcilier à Dieu par la seule contrition du cœur et une satisfaction secrète, absque oris confessione; et à cette question il répondait que la négative a autant d'autorité que l'affirmative. Cette hésitation de Gra-

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lien tient à ce que la ductriiic du ri^^cole sur la pénitence sacramentelle était encore fort imparfaite, témoin, et sans parler d'Abélard qui nie le pouvoir des clés, témoin le Maître des Sentences, Pierre Lombard, qui présente le pouvoir des clés comme un tt pouvoir de manifester que les hommes sont liés ou sont déliés », rappelant à ce propos que le Sauveur autrefois rendit la santé au lépreux, puis l'envoya aux prêtres pour qu'il fût par leur jugement déclaré guéri. En réalité, il suffit que l'Eglise prononce que, vis-à-vis de certains pécheurs, elle se refuse à user du pouvoir des clés et à les réconcilier elle-même, pour que ces pécheurs doivent chercher leur rémission dans une voie où tout dépendra de leur contrition et de leur satisfaction. Si la première issue n'est pas praticable, la seconde reste ouverte : l'Église délie, et, si elle se refuse à délier, on a recours à Dieu, Or pareils recours ont été jadis bien plus ordinaires, qu'ils ne le sont aujourd'hui.

Par contre, le P. Brucker a relevé, un peu vivement, mais justement, l'erreur (|ui consiste à dire que, à un moment donné, ou, pour dire plus, à l'origine, la pénitence sacramentelle n a eu pour maière que les trois delicta gra^nora d'apostasie, d'homicide et d'adultère.

Le R. P. oppose des raisons d'ordre théologique. S'il n'y a de pénitence sacramentelle que pour ces rois delicta, et si cette pénitence sacramentelle est »ublique, il n'y a donc aucune pénitence sacramentelle ecrète pour les fautes moindres, mais graves. Or le oncile de Trente, dans le sixième canon de la IV" session, définit que : « Si quelqu'un nie que la onfession sacramentelle ait été instituée ou soit né-

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cessairc au salut de droit divin ; ou s'il dit que hi confession faite en secret au prêtre seul, en usap^^tdans l'Église catholique depuis le commencement. est étrangère à l'institution et au précepte du Christ et une invention humaine, qu'il soit anathème î a Nous ne voyons pas, en effet, comment M. Boudinhon, par exemple, peut concilier sa doctrine avec celle du concile.

Il n'en aurait pas été de même si, en maintenant fermement le fait que, hormis l'article de la mort, l'absolution était solennelle, et que la satisfaction était plus ou moins publique, on avait bien voulu reconnaître que l'aveu du péché par le pécheur n'avait nécessairement rien de public, et qu'ainsi était sauvegardée « la confession faite en secret en usage dans l'Église catholique depuis le commencement ». — Le concile ne dit pas que la pénitence sacramentelle telle qu'elle se pratique aujourd'hui et dont les actes constitutifs sont secrets (aveu, satisfaction, absolution), est la pénitence telle qu'elle est en usage depuis le commencement de l'Église. Le concile ne définit ici que le point précis que les protestants attaquaient, l'aveu du péché par le pécheur en vue d'obtenir l'absolution : cet aveu, dit-il, n'est pas étranger à l'institution et au précepte du Christ. — Il n'y a de difficulté vraie que sur un mot : le concile parle du « modus secreto confitendi soli sacerdoti quem Ecclesia catholica ah initio semper obsej^vas>ity>. Mais il faut entendre les conciles, comme les Pères, bénignement. Le sacerdos, pour Tertullien, pour saint Cyprien, pour saint Ambroise, pour saint Augustin, pour saint Jérôme..., et jusqu'au vi® siècle, c'est l'évêque, non le prêtre, et le prêtre pénitencier

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apparaît dans riiistoire qu'au m" siècle : le conile n'a pas cru devoir l'iUror dans ces précisions do étail. Toute la diflicullé vient de là. Loin de nous i [)rétention de refaire les canons! Pourtant, il n'est as téméraire de croire que, si Ton avait aujourd'hui rédiger ce môme canon, on dirait : « Modus screto confitcndi soli sacerdoti, — Id est cpiscopo, el etiani prcsht/tcro approbato, — qucm Ecclcsia atholica ab inilio obser^avit », etc. On ajouterait insi au canon du concile de Trente une précision ont les controverses nouvelles ont seules montré opportunité et le bien-fondé.

Le P. Brucker ajoute qu'il n'a pas à reproduire les reuves du j)arfait accord du lan^'-age littéral du conile avec 1' «liistoire et les monuments» de ranticjuité lirétienne. Sans saisir très bien quelle diiïérence a prétend mettre entre l'histoire et les monuments, eus aurions aimé apprendre comment, antérieurelent à l'institution des prêtres pénitenciers, on arve à prouver que les prêtres étaient les ministres rdinaires de la pénitence, alors que ce ministère est dinairement celui des seuls évéques. Le P. Brucker te un texte de \i\Didachè (iv, 10) où il est dit : « Tu lafesseras dans l'assemblée tes transgressions, » ou IV, 1) : « Le jour du Seigneur, rassemblez- vous mr rompre le pain et rendre grâces, après avoir )nfessé vos transgressions. » Mais le U. P. ouïe de nous expliquer comment il retrouve dans ces 'UX textes le moduni secreto confitcndi saccryti, etc., comme aussi de nous montrer que ces ansgressions sont des fautes mortelles plutôt que ^ imperfections de saints qui vont communier. VA avan(;ant que cette confession dans rassemblée

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« ne pouvait être d'ordinaire, par la force des chc qu'une confession secrète » et une « confession sa' mentelle », le R. P. nous étonne.

M. Vacandard, l'éminent biographe de saint l^ nard, est trop historien ecclésiastique pour ne s'iii resser pas aux problèmes de l'histoire des institut!' et des dogmes : il en a donné la preuve par une séi. d'articles sur la discipline pénitentielle ^ qui ont su '^ Fessai de M. Boudinhon. L'enquête de M. Vacand a les allures d'un traité conduit dans les règles; 1; teur est un historien, mais qui ne néglige aucune < difficultés dogmatiques de son sujet ; son travail d'une rare compréhension.

Cependant nous avons d'abord été quelque peu routé. Pensant exposer l'état de la question, M. A candard traduit pour une part et résume pour Tau' l'article que ]\I. Funk a donné au Kirchenlexikon sui la discipline pénitentielle : s'il s'agissait de doni une idée de la complexité du sujet, c'eût été parfa mais s'il s'agissait d'exposer le développement hi:^ rique de la pénitence, l'article de M. Funk est Li loin d'exprimer ce qu'en ont dit de si clair et de si so lide tels de nos théologiens français du xvii* sièc Bon exemple, pour le dire en pensant, de l'oubli iacheux où nous laissons nos meilleurs auteurs.

Mais nous avons aimé l'analyse et la critique qut M. Vacandard présente du livre de M. Lea. Il le ra mène à cette erreur fondamentale, savoir que, dans

1. Revue du Clergé français, 1898, !«■• aviil, 1" raai,l«'juillet, l"ser tembre, 1«' novembre ; 1899, l*"^ février, 15 mars.

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les premiers siècles de ITiglise, il n'y aurait eu qu'une pénitence, laquelle était publique et purement dis- •iplinaire. Doii il suit que le prétendu pouvoir des •lés aurait été inconnu de ces mêmes premiers siècles, :pie Taffirmation et le développement de ce pouvoir ies clés se rattacheraient à l'expansion de ce qu'il ippelle le sacerdotalisme catholique, la théorie de la confession auriculaire et de l'absolution sacerdotale, :onsé([uence de la théorie du pouvoir des clés, étant me forme de ce sacerdotalisme. Il n'y aurait donc jas de sacrement de pénitence institué par le Christ ; nais le sacrement de pénitence, avec ses éléments 'onstilutifs (contrition, confession, satisfaction, abiolulion) serait une création des scolastiques de Paris, )lus spécialement de saint Thomas. M. Vacandard nontre très bien la confusion commise par M. Lea les institutions in fîeri et de leur systématisation par es scolastiques ; comme aussi l'art de M. Lea de (lettre tout en imbroglio, pour tout résoudre à sa fanlisie.

La première thèse de ]NL Vacandard consiste à étalir historiquement le dogme du pouvoir des clés \ a remontant du xiii® siècle au ii' siècle. Il l'éta])lit vec une suite et une solidité où la médiocre rigueur e M. Lea est perpétuellement prise en défaut : de roche en proche, de témoignage en témoignage, il ^monte jusqu'à Terlullien, je n'ose dire comme lui isqu'aux canons du pseudo-IIippolyte, pour ne citer is si précisément, jusqu'à nouvel ordre, un document issi controversé. Quant au ii'' siècle, M. Vacandard •Que que nous ne connaissons aucun texte positif

est aussi tout le sujet du solide travail, cilr plus l;aul, du 11. P.

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qui établisse le dogme du pouvoir des clés à cette époque, et qui permette de rejoindre les affirmations de IKvangilc : on les rejoint par induction, en s'aidan de la conception que l'on s'est faite, d'ailleurs, du^ l'Eglise primitive.

La seconde thèse de M. Vacandard va à démontrer que la pénitence publique n'était pas disciplinaire, mais sacramentelle. De fait, si la pénitence est coordonnée au baptême, comme cela est indubitable dam la pensée des anciens, c'est donc qu'elle produit un eiTet analogue au baptême.

Existait-il une pénitence secrète à côté et en dehors de la pénitence publique? M. Vacandard ne le pense pas. Il dit très nettement : « Ce qui nous paraît douteux, c'est que durant les trois premiers siècles, e même au temps de saint Ambroise et de saint AugiMf tin, on connût dans l'Église latine une autre péni» tence soumise au pouvoir des clés que la péniteno publique. »

Oui, la pénitence est sacramentelle, mais la pénî tence publique n'est pas toute la pénitence, en sens, du moins, que la pénitence est publique en partie, et en partie secrète : elle est publique dans l'actt de la réconciliation ; elle est publique encore, en certains cas, dans l'exomologèse ou satisfaction qui pré cède cette réconciliation; mais elle est secrète dam l'instruction préalable qui détermine cette satisfaction. Car, il ne faut pas se lasser de l'affirmer, lî satisfaction est mesurée à la faute, et cette mesure qui est d'ordre individuel, ne saurait être que secret» et n'a jamais été que secrète. Ne disons donc pas il y a une pénitence publique, et il n'y a pas de péni tence secrète. Disons : il y a une consultation se-

crête, une satisfaction publique, une réconciliation publique. Le jour où toute cette publicité disparaîtra, il n'y aura pas une institution nouvelle, mais la mo- (lilication d'une seule et mcnie inslilulion préexistante.

Dans la pénitence ainsi conçue, qu'est-ce qui sera proprement sacramentel? M. Yacandard a dit très bien : « On aurait fort embarrassé saint Augustin, si on lui avait demandé quelles étaient la matière, la quasi-matière et la forme du sacrement de pénitence ». Pour les Pères, en eiïet, la pénitence formait un tout, qu'aucun d'eux ne songeait à décomposer. Toutefois l'analyse de ce tout, œuvre des scolastiques, ne nous dispense pas de déterminer liistoriquement les divers points d'attacbe que la tbéologie sacramentairc des scolastiques et des modernes trouve dans la pratique ou dans la foi des Pères. Si nous affirmons que la pénitence antique était sacrament(dle, il importe que nous disions par quoi elle l'était; en d'autres termes, que nous déterminions « a quel moment le péclieur, admis à la pénitence, recevait le pardon de ses péchés ».

M. Lea et certains théologiens catholiques se sont trouvés d'accord pour refuser toute valeur sacramentelle à la réconciliation publique; M. Lea, parce qu'il ne reconnaît aucune valeur sacramentelle à la péni- ''^ce ancienne; ces théologiens, parce qu'ils suppo-

nt qu'une absolution sacramentelle a rcatu citlpae

compagnait l'aveu des fautes et l'imposition de la

satisfaction due, et parce qu'ils considèrent la récon-

iliation publique comme une absolution a reatu

menae^ ou, si l'on aime mieux, comme une déclaration

^icnsible que la satisfaction due a été soldée. M. Va-

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candard estime la théorie de ces théologiens très séduisante, mais contestable sur un point. Il est excessif, en efîet, à ses yeux, de dire que la réconcilialion finale et publique ne remettait pas les péchés et i n'était pas proprement sacramentelle. Nous jugeons cette théorie plus sévèrement.

A prendre les formules d'absolution publique qu< la liturgie a conservées, — peu importe en ce moment qu'elles soient déprécatives ou impératives, — nul doute que le pontife qui les prononçait eût rintcnlion d'absoudre a culpa, et non a pnena. Quant aux formules d'imposition de la pénitence prononcée sur le pécheur au moment du premier aveu de ses fautes, comme elles sont, dans les textes que nous en possédons, à peine contemporaines de la disparition de la satisfaction publique et de la réconciliation publique, on pourra conjecturer qu'elles suppléent la formule d'absolution publique. Mais en aucun cas on n'absolvait sacramentellement deux fois ab eadem culpa : M. Vacandard, du moment qu'il admet la valeur sacramentelle de la réconciliation finale et publique, est obligé de la refuser à l'imposition initiale de la pénitence.

Dès lors, nous ne voudrions pas dire que « la pénitence, même dépourvue de la réconciliation finale, avait, dans l'ancienne discipline, une vertu sacramentelle ». Car il y a contradiction dans les termes. Mais on dira : Tant qu'a subsisté la réconciliation finale, aucun des actes préalables (aveu des fautes par le pécheur, satisfaction) ne pouvait contenir l'effet sacramentel; ou si une mutation se produisit. qui déplaçait l'effet sacramentel, la réconciliation finale devenue sans objet (n'était-elle pas ainsi une absolution

sans matière?) était condamnée à disparaître, et elle disparut.

M. Vacandard a consacré un long développement à la confession auriculaire, qui est, en elTet, le principal point de mire de M. Lea, comme aussi de tous les controversistes protestants un peu anciens. Cependant la confession auriculaire ne saurait avoir, aux yeux des historiens, cette importance, car il est clair que, si la satisfaction imposée n'est pas uniforme, mais proportionnée à la faute commise, et cela n'est pas douteux, force est bien au pécheur de déclarer son péché à qui impose la satisfaction : « Veniat ad antislitcs pcr quos claves ministranfu?' : a pracpositis sacra/nc/i forum accipiat satlsfactionis suae niodum. » Ces mois de saint Augustin résument les citations que l'on pourrait faire de vingt auteurs, depuis saint Cyprien jusqu'à saint Grégoire le Grand : ia confession auriculaire est ainsi un postulat de la satisfaction proportionnelle.

Sur la nature de cette confession, M. Vacandard suppose à tort une confession publique, en certains cas, complémentaire de la confession auriculaire. Ce qui est public, c'est, dans les cas prévus, la satisfaction : la publicité de cette satisfaction est d'une certaine manière une publicité donnée à la faute. Dans ce sens saint Ambroise peut parler d'un aveu public. Mais cet aveu est implicite à la satisfaction, rien d'autre. L'on ne fournit aucune preuve de l'existence de la confession publique explicite des fautes graves, et les faits ou les textes qu'on allègue la dénoncent, au "onlraire, comme un abus, accidentel, inconvenant. Les théologiens qui distinguent deux pénitences parallèles, la pénitence privée et la pénitence pu-

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bliquc, de même qu'ils sont amenés à supposer quo la confession secrète est accompag-née d'une absolution sacramentelle, sont amenés à supposer qu'une confession publique précède l'absolution solennelle : mais toute cette symétrie est artificielle. Car, si l'absolution publique est sans objet dans l'hypotbèse où la pécheur a été déjà absous au moment de sa confession secrète, que représente une confession publique qui ne peut être que la répétition de la confession secrète? On regrettera que M. Vacandard n'ait pas sacrifié cette symétrie. Mais il a raison de conclure: « Si la mention de la confession secrète est extrêmement rare dans les textes primitifs, c'est que cette confession n'avait aux yeux des chrétiens de ce temps qu'une importance secondaire, c'est que toute l'attention se portait alors sur les suites de cette confession, sur la pénitence proprement dite, sur l'ensemble des exercices laborieux et publics que Tertullien a décrits sous le nom d'exomologèse. »

Le péril est grand pour quiconque aborde ces questions, d'être influencé par les manières modernes de concevoir l'usage de la pénitence dans la vie chrétienne, et M. Vacandard n'a pas complètement échappé à cette influence. « Tout porte à croire, ditil, que l'usage de la confession fréquente n'était pas connu de l'antiquité ecclésiastique. » L'antiquité, en réalité, a conçu la pénitence comme un second baptême; elle l'a entourée de solennité et plus encore de sévérité ; elle l'a traitée non seulement comme un remède qui rend la santé perdue à l'individu, mais comme une discipline sociale qui maintient l'Églisj : et, pour toutes ces raisons, elle lui a donné cette publicité que nous avons aujourd'hui tant de peine à

ET DK TUEuLuuit; l'ubiliNh. 2iô

comprondre. Pour nous, modernes, et les niotîerncs prévalent depuis le vu® siècle, TÉglise a supprimé la publicité ; l'Eglise a supprimé ce qu'il y a de social et de disciplinaire dans la pénitence, en distinguant le for interne de l'autre ; l'Église a abondé dans le sens individuel, moral, intime, et la pénitence, en restant essentiellement un second Ijaplème, est devenue par ailleurs une méthode de perfection pour les baptisés L'Eglise a adapté la pénitence antique à des besoins et à des concepts nouveaux : gardons-nous de confondre ce que le temps distingue.

Le R. P. Ilarent a donné aux Etudes un article intitulé : « La confession, nouvelles attaques et nouvelle défense. » Le R. P. ne paraît pas avoir lu le livre de M. Lea, ni apporter une défense qui puisse s'appeler vraiment nouvelle '.

A noter toutefois de bonnes réflexions sur l'importance de premier plan donnée, dans la prédication de l'ancienne Eglise, à la contrition intérieure et à ses signes extérieurs, comme l'humble prière faite à Dieu, le changement de la vie, « d'autant plus que la contrition peut suftire à la rémission des péchés avant le sacrement lui-même, et que cette pénitence non sacramentelle est la seule que décrivent les textes de la Bible, où les Pères trouvaient la substance de leurs homélies ».

De même, le R. P. Ilarent signale avec sagacité quelles différences les anciens Pères ne pourraient

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