Metamorph. Xî
imposé à rinitié des cultes de Dcmétcr, d'Isis, de Mithra : ce secret est absolu comme un serment et le plus religieux de tous les serments. Dans Apulée *, une femme qui demande le secret à son confident, entend que ce secret soit rigoureux comme celui des mystères : nous dirions aujourd'hui <r secret de confession ». l'allé dit à son confident : « Sac/'is pluri^ bus initiatuSf profecto nosti sanctam aileniii fidem . » Ainsi l'entendent les mœurs dans la société romaine de la seconde moite du ii" siècle. Cent ans plus tard et à Rome encore, Porphyre, le philosophe néoplatonicien, écrivant « sur la philosophie des oracles », témoigne que les secrets des dieux ne peuvent être Irahis : il jure de les tenir cachés, il rappelle qu'on doit les cacher, et môme, ce qu'il va dire, il veut qu'on ne le publie pas indifféremment^. A ces traits nous devrons reconnaître Tarcane chrétien, s'il on est un.
Mais rien d'analogue dans le christianisme. Et d'abord, du dehors, il apparaît bien comme une religion prohibée, poursuivie, clandestine, mais nullement comme un culte secret. Un contemporain d'Apulée, Minucius Félix, met en scène dans son Octavius un païen qui fait le procès des chrétiens : il les dénonce comme des gens ténébreux et muets, qui ne parlent que dans les ténèbres : « Liicifuga natioj inpiiblicum niutayin an faillis f^arriila «.Encore