id. XI, 4-8; xui, li
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L'énuméralion est achevée des textes capables de donner quelques indices sur les institutions hiérarchiques de TEglise naissante, indices divergents assez pour que la recherche de la loi qui a présidé au développement de ces institutions ait provoqué les plus divergentes hypothèses '.
Ritschl voulait qu'il eût existé deux types de gouvernement ecclésiastique. Jérusalem avait réalisé le type judéo-chrétien, qui s'y devait maintenir jusqu'au temps d'Hadrien; et ce type avait été appliqué à Alexandrie jusqu'au milieu du troisième siècle, selon ce qu'en témoigne saint Jérôme : despresbytres égaux présidés par l'un d'eux 2. Partout ailleurs s'était propagé le type ethnico-chrétien, dont la formule achevée est donnée par les épîtres ignatiennes (Ritschl n'admettait pas leur authenticité). La fonction disciplinaire exercée par les presbytres ou épiscopes au-
1. E. LoENiNG, Die Gemeindeverfassung aes Urchristenthums (Halle 4889), p. 1 et s., et R. SoHM, Kirchenrecht, t. I (Leipzig 1882), p. 4 et s., analysent ces hypothèses.
2. HiEROXYM. Epistul. cxLM i « Alcxandriae a Marco euanjelista usque ad Heraclam et Dionysium episcopos, presbyteri semper unura ex se electum in excelsiori loco collocatum episcopum nominabanî, quomodo si exercitus imperaloiem faciat, aut diaconi eligant de se quem industrium noverint et archidiaconum vocent. Quid enim facit excepta ordinatione episcopus quod presbyter non faciat ?» Il est probable que Jérôme a pris cette information dans un commentateur plus ancien.
Le P. YON Dlnin-Borkowski, HistorischesJahrbuch, t. XXI (1900), p. 221- 254, sous le titre de « Studien zur àltesten Literatur ùber den Ursprung des Episkopats », a réuni tous les textes où cette information réparait. Son travail est fort instructif, mais il est dommage qu'il l'ait entrepris pour démontrer que toute cette chaîne de témoignages ne représente aucune tradition primitiye.
rait lentement donné naissance à l'épiscopat monarchi({ue et doctrinaire du temps d'irénée et de Tertullien * .
Renan, préoccupé de ne séparer pas l'histoire chrétienne de riiistoire du monde ancien, crut que les Eglises chrétiennes étaient identiques d'organisation à ces associations religieuses, ihiases ou collèges, du monde grec, où Tépigraphie lui révélait des £7riaxo7roi, des Trpe(j(^uTEpoi^. Mais pour Renan ce rapprochement était une indication plus qu'un système, il n'y insista point. Au contraire, après la publication de M. Foucart sur les associations religieuses chez les Grecs (1873), certains critiques, comme Weingarten, pensèrent découvrir toute la hiérarchie catholique dans Tépigraphie des thiases : l'association chrétienne aurait commencé par le régime du patronat, chaque groupe ayant son Trpoa-raTTjç ; puis le régime du patronat se serait transformé en celui des collèges, le 7rpo(TTâTr,(; ayant été remplacé par un eTtiaxoTcoç ou thiasarque, assisté de prêtres ^. S'il faut en croire Ilatch, l'épigraphie établirait que les épiscopes sont les fonctionnaires chargés, dans les cités de Syrie et d'Asie Mineure, de la gestion des finances municipales. Chaque communauté chrétienne était administrée, au point de vue matériel et disciplinaire, par un comité d'anciens ou presbytres : ceux de ces presbytres qui étaient aiïectés aux finances, portèrent le nom d'épiscopcs. Des diacres étaient les assesseurs des épiscopes. Dans les grandes villes, où le service
1. Die Entstehung der allkalholischen Kirche (Bonn 1857). î. Origines du chrislinnisjne, t. M. 3,'.3 ; t. UI, 5i8. etc. 3. Wfjngauten, dans la liislorische Zet(schrift, t. N.LV (1881), p. 441 et suiv., cilc par l.oning et Solim.
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financier était plus étendu, on le centralisa entre les mains d'un épiscope en chef, qui bientôt devint l'épiscope souverain ^
D'autre part, Topinion ancienne (elle remonte à Yitringa, De synagoga i^etere, 1G9G], qui cherche dans la synagogue le prototype de lEglise, retrouvait un défenseur en M. Iloltzmann. Les communautés pauliniennes, à ses yeux, étaient inorganiques, et Taction de l'Esprit y était libre de toute loi; le paulinisme aurait cédé à un christianisme, non point judaïque, mais juridique, et, dans cette évolution, les formes souples de l'association religieuse pratiquée par les Grecs auraient cédé aux formes plus dures et plus serrées du régime des synagogues juives : presbytres-épiscopes (termes synonymes) et diacres seraient à l'origine les archontes et hypérètes des synagogues; plus tard, pour mieux affermir l'unité dans la lutte contre l'hérésie, l'un des presbytres-épiscopes serait devenu 1 evêque souverain ^.
M. Harnack^, reprenant l'idée de Hatch, distingue dans les communautés chrétiennes une double organisation. La première partage la communauté en communauté dirigeante et communauté dirigée, en TrpeaéuTepoi et en veonepoi. Cependant l'administration, dons à recueillir, aumônes à distribuer, culte à exercer, est la fonction déléguée à des presbytres spécialement désignés sous les noms de diacres et d épis-
1. E. Hatch, The organization ofthe early Christian churches (Oxford
18Si).
2. H. J. HoLTZMANN, Paslovalbriefe (1880), cité par Lônii)g et Sohm.
3. Voyez sa traduction allemande du livre de Hatch (1883). ses prolégomènes à la Didachè (1884), et sa Dogmengeschichle^i. 13, p. 20é-2û7.
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copes. On eut ainsi des presbytres et des presbytrcsépiscopes. Ni aux uns ni aux autres n'incumbait le ministère de la parole, lot des apôtres, des prophètes et des didascales, investis par vocation ou par charisme. Lorsque prophètes et didascales disparaissent, les épiscopes les remplacent dans la Siaxovi'a xoZ Xûyou, en vertu, non d'un charisme, mais de la délégation vraie ou supposée des apôtres. La crise amenée par le gnosticisme, par besoin d'unité doctrinale crée la monarchie épiscopale.
Pour Weizsàcker, les presbytres sont les plus anciens membres (à7rap/ai) de chaque communauté, les témoins des apôtres, comme les apôtres l'étaient de Jésus-Christ : c'est parmi ces presbytres que Ton a choisi les membres chargés de fonction dans la communauté (TrpoïaTotaEvoi, :^jYou|jievoi, £7t(<jxo7roi), l'invcsliture de ces fonctions appartenant sans doute aux suffrages des presbytres. Les prophètes et didascales de l'époque primitive ont été éliminés par les épiscopes. Le ministère de la parole, devenu le lot des épiscopes, a été centralisé entre les mains d'un épiscope suprême, et les autres épiscopes ne se sont plus trouvés rire que des presbytres, avec cette différence que ces deutéro-presbytres avaient une fonction, tandis que les proto-presbytres n'avaient qu'un litre ^
M. Loning a le mérite d'avoir lait une critique excellente des systèmes de Weingarten et de llatch, et d'avoir bien montré que les institutions hiérarchiques de l'Eglise ne devaient rien aux institutions collégiales ou municipales de la société païenne, l'assimilation de nos épiscopes aux ÈrtaxoTroi des inscriptions
\i. K. Weizsàecrer, Apostolische Zeilaller (Ireiburg 1802;, p. G13 suiv.
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grecques étant tgut spécialement insoutenable. M. Loning" croit reconnaître trois formes d'organisation de rÉglise chrétienne coexistant au début du second siècle. Une communauté souveraine élisant le comité d'épiscopes qui ladministre, le ministère de la parole et du culte, d'abord individuel, tendant a être réservé aux seuls épiscopes. Une communauté ayant à sa tête un comité souverain de presbytres, investis par l'imposition des mains des presbytres eux-mêmes, et auxquels appartient la parole, le culte, la discipline. Une communauté régie par un épiscopat monarchique à l'instar de la communauté de Jérusalem régie par Jacques, puis par Siméon. Ces trois formes de constitution se seraient composées dans le système hiérarchique préconisé par saint Ignace *.
Pour M. Sohm enfin, l'Église a commencé par être inorganique, tout y était subordonné aux seuls charismes, et d'abord au charisme de la parole. La liturgie eucharistique fait la transition entre l'état charismatique et l'état organique, car leucharistie. après avoir été administrée par qui avait le charisme de la parole, l'a été ensuite par qui avait l'administration de la propriété collective. Eucharistie et propriété ont donné naissance à l'épiscopat et au diaconat. Le presbytératest un titre d'honneur porté parles membres de la communauté que leur vertu, leur ancienneté, leurs services distinguent, et font asseoir à la table eucharistique à côté de l'évêque. L'institution de l'épiscopat monarchique a été inaugurée à Rome : la Prima démentis fait époque dans l'histoire du droit