Ps. cvi, 32 ; âv è/.xXviata'.; ).aoù
4. Ps. cxLix, 1 : èv £xx).r,(7{a ôtÎcov. Cf. Eccli. xi.iv, 15.
ET DE THKOLOGir: POSITIVE. 250
parle de bàlir « Tckklcsia » sur une pierre où les puissances de Fcnfer ne l'atteindront pas '. Et dans ce sens on peut concéder à M. Sohm que le mot « ekklesia » n'implique pas une organisation.
Mais il n'est pas douteux qu'à un moment donné '( ekklesia » a commencé d'être pris dans un sens très particulier, très nouveau, et a désigné tout groupe local de chrétiens. Saint Paul parle de l'église de Cenclirées, ou de l'église de Corinthe, ou de l'église de Thessalonique, exprimant par là la communauté de Cenclirées, de Corinthe, de Thessalonique ^. Ekklesia ne désigne donc plus, dès les environs de Tan 55, une assemblée quelconque, ni un peuple idéal, mais une collectivité localisée, permanente et constituée. C'est dans ce sens que la première épîtrc à Timothée veut que V « ekklesia » ne supporte pas de charges matérielles excessives, [i^ SapEicOw r, £xxXr,aia^, ce qui donne exactement l'idée d'une société organisée à la façon d'un collège, d'un thiase. L'analogie entrevue par quelques historiens récents entre les Eglises chrétiennes et les collèges païens a cela de réel que l'Eglise est, comme le collège, une société fermée.
L'Église, par le fait seul du nom qu'elle porte, nous apparaît donc comme une collectivité constituée, mais ce nom implique plus encore, parce qu'il s'oppose à celui de synagogue. Ces deux mots étaient également clairs et usuels, pour désigner une réunion. Pourtant le christianisme hellénique répudia le mot synagogue, pour se tenir exclusivement au mot
\. Matlh. XVI, 48; / Cor. w, 0; Eph. m, 21 ; Gai. vi, 10. i. R<un. XVI, 1 ; / T/u\ss. i, I ; / Cor. i, *. 3. / Tim. V, tfi. Cf. / r/iess. ii,9.
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église. Et la raison en est que, dès avant la diiïusion du clirislianisme, le mot de synagogue a été adopté par les Juifs et par les prosélytes du judaïsme pour désig-ncr leurs associations religieuses. Ce nest pas une preuve sans valeur de la séparation très primitive des chrétiens d'avec les Juifs, que le mot de synagogue ait été éliminé de l'usage chrétien, ou qu'il n'y ait été reçu qu'en mauvaise part ^
La propagation du christianisme suppose un personnel missionnaire. Ce personnel est représenté dans nos textes par les apôtres et par les prophètes^ deux vocables, non plus helléniques, mais juifs. Pierre est apôtre, Paul aussi, et de même Andronikos et Junias ^, preuve que le mot doit s'entendre dans un sens plus large que ne le donnerait d'abord à penser le souvenir des « Douze ». L'apôtre est l'apôtre de Jésus-Christ, le témoin de sa résurrection, et tel est le cas de Pierre et aussi de Paul. L'apôtre est encore l'apôtre d'une Eglise existante, l'envoyé d'une Eglise ^; mais cette seconde et toute judaïque acception qui ne fait de l'apôtre rien de plus qu'un courrier, — le 0£o§pd{Aoç de saint Ignace, — est très restreinte et s'oblitérera vite, pour ne laisser subsister que celle de témoin oculaire et d'envoyé direct de
1. Rom. XVI, 16 : al èitx),y;(Ti'ai toO Xpiatoû. Apoc. ii, 9 et m, 9 : (TuvaYtoYri toO Laxavà. épipiune dira des Ébionites {Haer. xxx, 18) : CT'jvaYwyrjV oÛTOt xaÀoOci Triv éaviTûv èy-x/r^ciav xai o\jy\ £XxXr;<TÎav.
2. Rom. XM, 7. Cf. / Cor. xv, 7-10; // Cor. mii, 23; Apec. U, 2; Didach. XI. 4-6. Lightfoot, Galatians, p. 92sqq.
3. II Cor. VIII, 23 : àîiocTToXoi èy.xXrjaiôJv. phili. ii, 23 : 'jjjlwv à7rû<TTo).o; Lightfoot à ce sujet {op. cit. p. 93) rappelle un fragment curieux d'Eusèbe : àTioffToXov: elaéxvvùv ê6o; éatlv 'louôaîoiç ôvùu.â![£'.vTO"j;èY/.0x>ia YpâfjLfAaTa Tiapà tûv àp^évrwv aÙTwv è7itxo(jLi^o{JL£vov;. Cf. Hierostm. Comm. in Gai. i, 1.
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Jésus-Christ '. Le projjliùlo n'est, par délinition, ni renvoyé d'une Église, ni un témoin du Seigneur : sa vocation et sa mission lui vient du Saint-Esprit, qui le possède, le mène, l'inspire. La prophétie est éminemment un charisme, une grâce d'exception : tel est l'Agabos du livre des Actes, telles sont les filles du diacre Philippe. Les prophètes de TEglise naissanle, issus de la société toute primitive des « Galiléens », reproduisent « les vertus du Seigneur, » comme dit la Didachè. Ils ont été les missionnaires de la première heure, et leur activité, que nous avons peine à imaginer, a été cependant assez grande pour que saint Paul puisse dire que les fidèles sont partout superaedifîcati super fundamenlum apostolorum et propheiarum, le mystère jadis impénétrable aux enfants des hommes ayant été révélé, à qui? « aux apôtres saints et aux prophètes de l'Esprit^ ». Les pouvoirs des prophètes ne sont point confinés dans le ministère de la parole inspirée. Un mot de la Didachè leur attribue le pouvoir de célébrer l'eucharistie-^. Ce rôle demeure pourtant obscur. Il n'en est pas ainsi des apôtres. Les apôtres rompent le pain, les apôtres prêchent; mais déplus ils pratiquent vis-à-vis de tous le ministère de la formation spirituelle, la vouOeaia; ils commandent en maîtres auxquels nul ne résiste, sans excepter les prophètes; ils parlent de leurs ordres, comme de la volonté de Dieu môme. Saint Paul , énumérant les autorités, met en première ligne les apôtres, en seconde les prophètes '' : apôtres
1. /Cor. IX, i-2 : oOx el^ii aTioaToXo;; où^î *Ir,(jO"3v éôpaica; xtX. Cf. Gai. 1,4 et IPet. v, 1.