‹ Etudes d'histoire et de théologie positive (volume 2)Chapitre 92 sur 118 · Eph. II, 20 cl m, 15. / Cor. xiv, 3. 3 Didach. x · texte numérisé non relu

Eph. II, 20 cl m, 15. / Cor. xiv, 3. 3 Didach. x

4. / Cor. xu, 28 : TipwTov àTcocxTÔXo'j;, ôeûtepov TîpofTÎTa;.

2G2 J'TUDES DIIISÏOIUl-:

et prophètes sont les expressions primitives de In liiérarchie de l'Eglise à l'état de mission.

Puis voici apparaître la liiérarchie, non plus missionnaire et itinérante, mais locale, immoljile, la hiérarchie des Eglises individuellement vivantes et organisées. La Prima démentis^ à Rome, en 95*, parle des épiscopes et des diacres institués par les apôtres. La Didachè, d'épiscopes et de diacres élus par la communauté. L'épître aux Philippiens, en 64, d'épiscopes et de diacres institués à Philippes. — Épiscopes et diacres sont deux vocables purement helléniques ^ Il faut concéder à Hatch et à llarnack que la fonction des épiscopes et des diacres est dans une certaine mesure une fonction d'administration matérielle; si saint Polycarpe, si les Pastorales, si la Didachè, si la Prima Pétri, exigent si instamment des épiscopes et des diacres des garanties de désintéressement, d'acpiXapyupia, et la preuve qu'ils savent bien gouverner leur maison, c'est qu'ils ont à administrer le temporel de l'Eglise : aumônes à recueillir, aumônes à distribuer, tout passe par leurs mains. — Mais les épiscopes et les diacres ne sont pas seulement des trésoriers, et si on leur demande tant de vertus, et non point seulement d'avoir de l'ordre et du désintéressement, c'est sans doute qu'ils ont d'autres soins, et plus religieux : ici, avec M. Sohm et M. Harnack, il faut supposer clair ce que les textes ne disent qu'à mots enveloppés, et

1. Voyez B. Haussoulliek, art. Episkopes du Dict. des ant. Pour les diacres, Lôning, p. 47, n. 2. Sur l'emploi du mot 7:pe(7êOT£po; en Egypte pour désigner des fonctionnaires civils et aussi des prêtres païens, dès l'époque des Ptolémées, voyez Revue biblique, t. VII (189S), p. 4SI.

qiK! la liturgie sacramoiitellc est aux mains des diacres et des épiscopes. Ils partagent celte fonction avec les apôtres et les prophètes. Et enfin la liturgie sacramentelle suppose le ministère de la parole aussi bien que celui de la discipline. Les épiscopes et les diacres, dira la Dldache, remplissent la liturgie des prophètes et des didascales *.

Or le personnel missionnaire est destiné à disparaître : les apôtres, puisque leur privilège d'avoir vu le Christ s'éteindra avec eux; les prophètes, parce ([u'un jour viendra où la source des charismes sera larie. La Didachè ne montre-t-elle pas l'Église préoccupée déjà de se défendre contre les prophètes sans mission vraie?

Prophètes et vierges prophétisantes ne se retrouveront bientôt plus que dans les conventicules dissidents, marcionites ou montanistes. Le titre d'apôtre ne sera usurpé par personne. Qui donc alors remplacera les apôtres dans l'exercice de cette autorité personnelle et bien véritablement despotique (au sens premier du mot) qu'ils avaient sur chaque communauté ^? Les textes ne disent pas comment le passage d'un régime à l'autre s'est opéré, mais ils permettent de constater que l'épiscopat monarchique s'est trouvé avoir en mains cette autorité despotique j par droit de succession. D'autre part, chaque Eglise

\. Didach. xv, \ : Ojaiv XeiTOupyoOffi xal aùxol tr.v )£iTO'j?Y(av twv

oo^iqTtov xal oioaoxiXtov.

■-!. / Cor. VII, 17 : oCiTtoi; Iv xaT; èxx)r,(j(at; Tiddai; 5iaTâii70[xai. — \i, 3i : Ta 5i XoiTîà w; âv èXOtô 5iaTdÇo[xa'.. — xvi, 1 : cJ<Ti:ep ciétaÇa taïç èxx/r,cîai; ty^; TaXaTia;, oOxwç xai Ojjieï; noir-aaTC. — Tit. i, 5: w; £Y<*> <JOi ô'.£Ta$ci|xr,v, — Rovi. xiii, 4 : t; toù ôeoO SiaïaYii. — / Cor. IX, 1 : ô xûpio; ô.eTa^e. Cf. Icxat. ad Rom. iv, 3 : ojx w;lléTpo;xai llaùXo; 6ia;â<700iJLai Oixïv.

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étant pourvue d'un comité d'épiscopcs, du moment que Tun de ces épiscopos était investi de la su[)rématie, ses co-épiscopes voyaient leur ordre diminué d'autant. L'épiscope souverain fut aux épiscopes subordonnés ce que nous voyons l'évêque être aujourd'hui à ses prêtres, l'évêque (avec une pleine juridiction) ayant l'exercice du sacerdoce total, les prêtres ne l'ayant pas. Nous sommes, nous prêtres, les successeurs des épiscopes primitifs et non des presbytres. Que seront alors les presbytres primitifs? M. Lôning a bien établi que le titre de TrpeaêJxepoç était un titre qui se trouve dans l'épigraphie grecque des Juifs, pour désigner ceux que cette môme épigraphie appelle ailleurs des archontes. Seulement ces presbytres, aussi bien que ces archontes, étaient, non des chargés du culte, mais des magistrats au civil, et ni les uns ni les autres n'étaient des magistrats à vie. L'analogie entre les presbytres juifs et les presbytres chrétiens est donc purement verbale. Disons, avec le R. P. de Smedt, que le presbytérat était un titre d'honneur attribué dans les communautés primitives aux convertis de la première heure, aux « prémices » (àirapx^rj), aux bienfaiteurs et patrons (rpoiTTa-rriç) comme Stephanas à Corinthe, aux notables qui dans leur maison donnaient l'hospitalité à l'Église locale, comme Nymphas à Laodicée, ou Philémon à Colosses, ou Aquilas à Ephèse, et que ce titre pouvait mettre qui le portait en tête de la communauté, sans lui conférer ni ordre ni juridiction. C'est ainsi qu'à la fin du second siècle et encore au troisième le fait d'avoir souffert le martyre donnait, au confesseur qui survivait à la comparution et à Temprisonnement. le titre de presbytre, sans qu'on puisse dire que cette

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praerogalis'a martyni, comme on Tappelail, conférât rien du sacerdoce. On pouvait donc être presbytre sans sacerdoce, et tel a dû être le cas de bien des presbytres primitifs. Mais c'était parmi ces presbytres sans sacerdoce que Ton choisissait, sinon nécessairement, au moins de fait, les membres de la communauté qu'on élevait à la charge de rimaxoTryi : on eut ainsi des 7rp£c6uT£poi Ê7ri<7xo7:oovT£ç, ceux du discours de saint Paul à ^lilet; des TrpeaêÛTÊpoi TrpoEfjTwTE;, ceux des Epîtres pastorales; desirpea^uTcpoujualifiésde 7roi|jL£V£ç, ( eux de la Prima Pétri; ou de f;Youa£vot, ceux de l'épître aux Hébreux ; ou de TrpoïaTâacvoi, ceux de répître aux Romains et de l'épître aux Thessaloniciens. Ces divers termes supposent tous une fonction de gouvernement, qui s'ajoute au simple presbytérat, et que le presbytérat par lui-même n'impliquait pas. Ce presbytérat primitif était l'enveloppe originelle de la hiérarchie; il disparut comme une forme sim- 1 plement préparatoire. Et le mot seul s'en conserva pour désigner les prêtres, c'est-à-dire les épiscopes subordonnés à Tévéque souverain.

Et de même ces SiSaorxaXoi, que tant de textes nous ont montrés enseignant à côté des apôtres, des prophètes, et aussi des « pasteurs », remplissaient une fonction transitoire qui s'absorba dans la hiérarchie définitive. Leur place était indécise entre le personnel missionnaire et le personnel localisé. Les didascales sont mis par Paul écrivant aux Corinthiens immédiatement à la suite des apôtres et des prophètes; dans l'épître aux Ephésiens, Paul les met à la suite des apôtres, des pasteurs; l'épître de Jacques n'est pas favorable à la multiplicité des didascales; la

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parles épiscopes et les diacres, concucremment avec les (lidascales eux-mêmes ; les Pastorales font de la didascalie le lot aussi bien de Timothée que des presbytrcs. Le ministère delà parole, exercé d'abord par des mandataires des apôtres, Timothée ou Apollos, est destiné à devenir la prérogative de lépiscopat, responsable de la préservation de la doctrine.

C'est ainsi du moins que nous croyons que Ion pourrait concevoir l'organisation primitive des Eglises : 1° des fonctions préparatoires, missionnaires, l'apostolat, la prophétie, la didascalie; — 2*^ un oi-do local purement honorifique et ne conférant qu'une notabilité de fait, le presbytérat ; — 3" une fonction liturgique et sociale, le diaconat; — 4° une fonction liturgique, sociale et de prédication, Tépiscopat, épiscopat plural comme le diaconat; — 5** Tépiscopat plural disparaissant au moment où les apôtres disparaissent, et se démembrant pour donner naissance à l'épiscopat souverain de l'évêque et au sacerdoce subordonné des prêtres.

EXGUUSUS

UN VESTIGB DE LA HIEIIAHCHIE PRIMITIVE A ALEXANDIUE.

L'étude qui précède était suivie, dans la première et la seconde édition de ce volume, d'un court épilogue justificatif, où l'auteur répondait à quelques objections, qui ont perdu de leur actualité, semble-t-il. Au contraire, la note de la page 252 sur le témoignage de saint Jérôme appelle un éclaircissement.

Jérôme écrit lalettre CXI. VI, de date indécise, vraisemblablement après 385, en réponse à une consultation que lui a demandée un correspondant du nom d'Évangelus : « AudiOy écrit Jérôme, quemdam in tantam erupisse ç'ccordiam ut diaconos presbyteris id est episcopis anteferret. Nani cum apostolus perspicuc doceat eosdeni esse presbytcros qiios episcopos, qtiid patitur mcnsdnim et ^iduara/n minister ut supra eos se tumidus e/fcraty ad quorum preces Christi corpus sanguisque conficitur ? » ' L'infériorité du diaconat par rapport au presbytérat va être tirée par Jérôme de ce fait que le presbytérat et l'épiscopat sont un même ordre. Jérôme invoque les textes

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