I. IX, «1. cr. I CItm. LIX, L
ci-devant commises : à co prix, il recevra " la gui^rison de ses péchés anciens « . Celte purification laboriense, placée ainsi entre la conversion du pécheur et sa guérison, contient en germe les éléments satisfactoires de la discipline pénitentielle à venir '.
Cette doctrine n'est pas particulière à Hermas. Elle se retrouve dans le beau récit de Clément d'Alexandrie sur le jeune meurtrier rament- par l'apâtre Jean . Car il n'a pas sufli à l'apôtre de voir couler les larmes de repentir, ni à Clément d'ajouter que les larmes du jeune homme le baptisaient une seconde fois. L'apôtre, en effet, ramène le pécheur à l'Eglise, et alors commencent les exercices de la purification laborieuse : Jean conjure Dieu par des prières persévérantes, il rivalise avec le pénitent de jeûnes continuels, il restaure sa conscience par des entreliens tfjuchants, et il ne le quitte fpic quand il Ta restilué à l'Église. Ici toutefois s'accuse une nuance sensible déjà chez Hermas : ce travail de l'âme sur elle-mfime est moins une satisfaction donnée à Dieu qu'une cure mélhodiquement conduite. Clément d'Alexandrie voit dans le retour du jeune homme à l'Eglise « un grand exemple de conversion et une grande leçon de palingénésie ».
Conversion et guérison sont les deux termes fermement posés par eux. Ilermas, qui est le plus près de la rigueur ancienne, ajoute un autre terme, une autre condition : on ne peut se convertir qu'une fois. La femme adultère doit être pardonnée si elle se
6;Sim. vni, llî.Sitn.V, 7, a;SDrloutSiin.vn, l-Sur e dernier paasige, MX. GniitiiiinT et Kirnack mellent la nute sui-
"abet hic initia ptrvenne illius ercleaia»ticae diK'pti'iae,
•a Romani laie excoliieranli.
KTCDES n-UISTOlBE
^^^B convertit, c»r i il faut recevoir le pécheur qi
^^H vertit, mais sans excès, puisque pour les servitei
^^^1 de Dieu il est une conversion, une seule ^ ■>, La crainte
^^H d'excéder dans l'indulgence a sug<^éré cette restric-
^^^F tion arbitraire, d'autant plus arbitraire qu'elle est
attribuée à Dieu. Elle n'implique pas une disposition
juridique de l'Kglise, une discipline. Non, la guérison
du converti est, pour Dieu mÈme, conditionnelle :
I« Garde-toi, dit le Pasteur, et le Seigneur miséricordieux te guérira, à condition que désormais tu ne souilles plus ni ta chair, ni ton esprit : garde-toi pur, et tu vivras pour Dieu". » On comprend dès lors que le pécheur, converti de ses fautes, vive désormais dans une expiation de tous les instants. Irénée parle de femmes qui, après être tombées dans l'hérésie dans la fornication, sont revenues à l'Église, mais , passé tout le reste de leur vie dans les gémissemei
et les larmes '
En dépit de ces restrictions, le principe est afBn du droit au pardon pour le chrétien failli. Hera l'aifirme au nom du prcsbytérat romain et de 1; cience chrétienne. Mais l'encratisme est encore tro répandu, il s'accorde trop bien avec le pharisaTsm qui est l'ivraie de toute forte vertu, pour ne pas faire* ■échec longtemps à la doctrine indulgente et pour ne 'obliger pas à des restrictions, nous venons de le foir, et aussi à des controverses. Parmi les lettres do.
t i. Uand. IV, 1, s. a. IV. 3, 6
I i. Sim. V, 7, 4. Cf. Sim. VI, 1 8. ConlTa haer. I, 13, Ci.
Denys, qui fut évêque de Corinthe vers 170, il en est une adressée aux églises du Pont sur le mariage et la continence (IlEpl yâi^ou xal â^viCa;), c'est-à-dire sur la question encratite : elle était donc le sujet de diseussions et de divergences entre Églises. La doctrine de l'évèque de Corintlie est résumée par Eusèbe en une proposition : Denys, dit-il, n pose en règle qu'il faut recevoir ceux qui se convertissent de n'importe quelle chute, soit péché, soit môme égarement hérétique I ". C'est la doctrine d'Hermas. sans les restrictions et les hésitations d'Hermas. On ne peut ailirmcr plus catégoriquement le droit au pardon. Maïs s'il est affirmé ainsi, ne serait-ce pas qu'il était mis en question ailleurs? Marcion, fils de l'évéque de Sinope, semble avoir été élevé dans les maximes encratites: il tombe dans le désordre: quand il veut obtenir le pardon promis au pécheur qui se convertit, son père le lui refuse impitoyablement, Marcion, toujours repentant, arrive k Rome et demande à être reçu par les presbytres romains : ceux-ci refusent, mais seulement par égard pour l'évoque de Sinope. Le fait est rapporté par saint l'^pipbane, quia dil l'emprunter à saint Hippolyle. On en peut déduire que l'évoque de Sinope était plus rigoureux que les presbytres
Il faut conclure : l'Église a cru, comme elle croit toujours, à la possibilité pour le chrétien de garder la pureté baptismale. La vocation de l'Église est d'être une communion de saints. L'enthousiasme a tendu à [aire de cet idéal la règle commune et la con-