‹ Études d'histoire et de théologie positive (volume 3)Chapitre 14 sur 46 · I. De mUcil · texte numérisé non relu

I. De mUcil

le cite, de ce que le Pasteur d'Hertnas ifesl pas dans le canon, et que .toutes les Kglises sont d'nccord, même celle de Rome, pour rejeter parmi les faux et les apocryphes celte écriture adultère et patronne des adultères {x, 11). A Rome, nous l'avons vu, on était, mi>mc à la fin du ii' siècle, témoin le Muratorianum, demeuré favorable au Pasteur, sans l'introduire dans le canon. Pourtant à Rome on observait les trois cas réservés', Tertullien dira à Calliste : « Idololatren quidem et homicidam se/nef damnas, moevhiiin vero de medio exa'pis uirinsque coUegam. » A Rome donc, avant Calliste, on condamnait une fois pour toutes ces trois catégories de pécheurs à la pénitence perpétuelle.

Cette triple réserve faisait au chrétien failli une situation très dure. Sans doute, il pouvait espérer de Dieu la rémission de sonpéché; mais d'abord l'Kglisc mettait à l'espoir qu'elle autorisait une condition, qui était que le pécheur se soumît à l'exomologèse publique; puis, cette exoraologèse accomplie, elle ne rendait pas au pénitent la communion, et c'est justice, puisqu'elle professait que la rémission du péché appartenait à Dieu, et, partant, n'était connue que de lui. On comprend bien dès lors ce que dit saint Irénée de l'exomologèse (car il emploie le mot même) do ces femmes qui, faillies dans l'incontinence ou l'adultère, se convertissent et passent tout le reste de leur vie dans les gémissements elles larmes °. Le rigorisme

9. InEN. Cfiitlra haer. t, 13, j. Compare] De pudîcil. m, âl ; • silaul ipparult, slatim hiimo de ecclesia e^)>ellitiir, ncc illjc mimci oec gaudium canfcrt repcmlci ccclesiae, Ked luctum... ■ x]i,ll i • Neque ldolol»tri»e [neque moecliiee], oeque languinl, jax ali ecclesiis rudditur. • 3:ix,fi, >l CBl quesUoii d'une femme qui, ajirts son bï[>[r>D]e,

ETUDES D'HISTOntE

ancien avait donc élé limilé; mais dans les limites où il subsistait, il restait excessif. Celle pénilence seconde, en étant publique, perpétuelle et d'une eiTicacité connue de Dieu seul, était pour décourager le pécheur de s'y soumettre : Tertullien catholique nous a dit combien était petit le nombre des pécheurs qui l'embrassaient. C'était une première ratllite pour cette discipline.

11 y avait aussi les pécheurs qui l'éludaient. La rémission des péchés irrémissibles appartenant à Dieu seul, n'était-ce pas s'adresser à Dieu que de s'adresser aux martyrs? Le Saint-Esprit était en eux ; avec eux il était entré en prison pour y terrasser le diable. Le pécheur n'avait qu'à s'adresser aux martyrs pour obtenir par eux ce que l'Église croyait devoir refuser : n BenedUti, nolite corttiistare Spiritum sanclum, qui vobiscuin introiit carcerem... Pax veslra beîiuin est illi \i. e. diabolo]. Quam pacem qtiidem in Ecdesia non habentes a martyribus in carcere exorare consueverunt''. w On avait vu, âLyon, les martyrs tendre la main à ceux de leurs compagnons dont les supplices avaient vaincu la constance : n Grâce aux martyrs, la miséricorde du Christ se manifesta : les morts furent vivifiés par les vivants, les martyrs furent la grâce des faillis : grande futla joie de la vierge mère [qui est l'Eglise], en recouvrant vivants ceux qu "elles avait mis au monde morts. Grâce aux martyrs, en effet, la plupart des apostats rentraient dans le sein maternel,.., reprenaient vie et réapprenaient à confesser

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' leur foi... Dieu les ranimait, qui ne veut point la mort du pécheur, mais qui l'aide à se convertir ' ». Cela revient à dire que le martjr, sacré par l'Esprit, disposait d'un pouvoir extraordinaire d'intercession auprès de Dieu, pouvoir auquel les faillis recouraient pour s'exempter de la procédure de l'exomologèse *, Elc'était uue seconde raîllite pour eetle discipline.

Que de misères de conscience entraînait la première? A quels abus pouvait mener la seconde? N'était-il pas urgent que l'on coupât court à ces déficits par une mitîgalion nouvelle de la discipline? C'tist ce que le Be piidicitia nous apprendra.

Le De pudicitia de TertuUien n'est pas une instruction parênétique comme le De paenitentia , mais une véhémente réponse à un acte du pape Callisle ^, le-

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