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ET DE THÉOLOGIE POSITIVE, fl3
baigner ses pieds de larmcB, et aussi de ce que le Sauveur a conversé avec la Samaritaine [ki], Notons que Calliste ne fait aucun usage du fait de la femme adultère, qui aurait été bien plus probant pour sa thèse. Il fait état de l'incestueux de Corintlie. Cet impudique a été par saint Paul livré à Satan u in interilum carnis !'. Cela signifie d'après Calliste, la pénitence. B officium paenitentiae », car les jeûnes, la malpropreté, les mauvais traitements subis par la chair dans la pénitence , sont une satisfaction offerte à Dieu. Kt ainsi l'impudique a été livré à Satan, non pour périr, mais pour s'amender et pour être pardonné (xm). Enfin Calliste fait appel au témoignage de l'Apocalypse, où la femme Jézabel reçoit de l'Esprit de Dieu cet avertissement qu'un temps lui est donné pour se repentir de sej fornications; ses amants et elle seront écrasés dans leur couche même, s'ils ne font pénitence de leurs œuvres (xix).
Pour ces motifs Calliste conclut (i, 6) :
Ego et moechiae et fornicationis deiicla paenitentia fanctis dimitlo.
Il est piquant d'observer que les arguments que fait valoir Calliste sont pour la plupart ceux que faisait valoir Tertullien lui-même dans Ie/>(;/jne/ti(e/i(/«. Les paraboles de la brebis perdue, de la drachme égarée, de l'enfant prodigue, Tertullien les avait commentées dans ce sens. De même les reproches adressés aux Eglises de l'Apocalypse. Calliste n'a guère en propre que l'argument qu'il tire du fait do l'incestueux de Corinthe, argument d'ailleurs de nulle valeur, comme le lui reproche judicieusement Tertullien, puisque le chrétien que Paul pardonne dans la seconde épttre aux Corinthiens n'est pas
lirUDES D11IST01BE
l'inccstueus qu'il a condamné dans la première. TertulUeii avait déduit de ces arguments la Facullé pour le pécheur d'^lre pardonné par Dieu, tandis que Calliste en déduit le pouvoir pour IRglise de t remettre l'adultère dès ce monde. Terlullien s'in- I digne do la conclusion de Calliste : si l'on remet l'adultère, pourquoi pas Tidolâlrie et l'homicide? Et en effet, il n'y a pas de raison de foi divine de remettre l'un et de retenir les autres'. Mais ici la logique est pour Calliste. Car, une fois posé le principe de la miséricorde en Dieu, une fois concédé au baptisé failli l'espoir du pardon divin, les restrictions mises par les rigoristes à l'exercice de cette miséricorde et à ce droit au pardon sont arbitraires et uniquement dictées par l'appréhension des conséquences peut entraîner le principe Juste qu'ils ont admis, A plusieurs des invectives de Tertullien dans De pudiiitia, on peut conjecturer que Calliste sait valoir des arguments d'ordre pratique, pour gitimer la mitigation par lui édictée de la discipli Si la pénitence ne donne point le pardon, à quoi faire pénitence? Ainsi parlaient les pécheurs. Il faut, continuaient-ils, rien faire de vain: or vaine si la pénitence, si elle ne donne point le pardon. Mi au contraire, c'est un précepte qu'il faut faire nitence : elle donnera donc le pardon {m, 1-2). Tertullien , en répondant à cet argument, oublie dans le De paenitentia, il a présenté l'exomologèse comme un moyen efficace d'obtenir le pardon do [ Dieu : l'assemblée des fidèles était saisie de coi [passion à la vue du pénitent en larmes; le Chril