‹ Études d'histoire et de théologie positive (volume 3)Chapitre 17 sur 46 · I. cf. Bc pudUil · texte numérisé non relu

I. cf. Bc pudUil

puisque rtglise est le Christ; cl le Christ obtenait du Père infailliblement le pardon du pénitent, Dieu ne pouvant rien refuser à la prière de 1 Fils. Calliste anrait pu ne s'exprimer pas autrement. Mais TertuUten, dans le De pudicitia, rétracte son sentiment ancien sur l'efficacito de l'exomo- : montanîste, il ne croit plus qu'il y ait celte corrélation entre l'Eglise et le Christ, car qu'est-ce qu'une Eglise où l'Esprit n'est pas? Le pénitent, pour 'éduit à ses seules forces devant Dieu, qui reste impénétrable. Le pénitent par son exomologèse sème en Dieu le germe de son pardon, mais il no récolte pas ce pardon comme un fruit déjà mûr : M Sipacem hic non nielit, apiid Dominiim séminal : nec amitcit, sed praeparal frtictum » [m, 5-0). Sur ce point, Tcrtullien se contredisait lui-mi^me, prouvant par là que Calliste était fidèle plus que lui à la pensée catholique '.

La nouveauté de Callîsla consistait donc, non point en ce qu'il croyait au pardon en Dieu et à refficacilé de l'exomologèse, puisque Terlullien catholique avait enseigné ces deux propositions, — mais en ce que Calliste relevait le pénitent do son état de pénitent, dans le cas d'adultère, et le restituait après exomoloffèse à la commiinicatio ecclesiastica *.

1. H. HBrnack a rappelé avec raison <|ur, dèa le temps de Uarc-Aurêle, l'évoque Uenys Je CorlnlLe scmlile avoir cnoneé les niAmes principes que Calliste (Euscb. H. E. iv, 93, g). ïi esl vrai riuo M. Har- Dick ajoute aussIUt que nous n'en savons rien que sur le rapport d'EuMbe, rapporteur suspect en desqueslions comme celle-ci. DogfflenoMcAfcAte, L |3, p. VXi. Que volli unsoupcnn vite formulé !

1. Ces derDiers mois laissent enlenilre que Is rdmlssiou accordée par Calliste n'était accordée qu'une rois. LeÙepaaûteatin deTertulIlen exprimait fortement cette condllion Ivrj, IB; ix, 1).' I4d1 doute que TertulIieD, — et le Philotophouménialf ausal, — eùlavecvCliémeoce

ETl'UtS D'tlISTOtRE

Nous disons nprès esomo]o|^>6e, car, par « paenltentia funciia », ilfaut entendre la pénitence publique. Tertullien l'entend ainsi quand, s'adressant ii Calliste, il lui demande avec ironie : a Bon paalOTr, lienoit pape, tu introduiras l'adultère pénitent dans l'église pour qu'il y supplie la fraternité ; tu le fera se prosterner devant tous dans un cilice et dans la cendre, confus, pitoyable : tu le présenteras aun veuves et aux prosbytres, pour provoquer les larmes de tous ; et tu l'exhorteras sur la parabole de la brebis perdue! Garde bien ta brebis, de peur qu'el ne quitte encore le troupeau » [viii, 7-8).

Secondement, le péché est remis par Callisle mf me : * Ego dimiito. »

Tertullien a vu toute la portée de cette expression, Selon lui, le péché réservé à Dieu ne pouvait être remis que par Dieu : donc le déclarer remis, comme faisait Calliste, c'était usurper le pouvoir de Dieu : n Paenitentiae frnctus, idest veniam, in sua potestate usurpaverunt « (m, 3).

Mais ici encore Calliste était dans la logique de la pensée catholique. Car la réserve des trois péchés soi-disant irrémissibles était une création Juridique de l'Église, et avait été posée pour des motifs de discipline et comme une sauvegarde des mœurs. Or l'Église avait le pouvoir de remettre les péchés, ceux que Tertullien appelait rémissibles ; Tertullien reconnaissait la légitimité d'une pénitence après le s point. H. nolffi »

ET l>E THÉOLOGIE POSITIVE. 97

, pénitence qui avait pour terme rabsolulion jjféque ; " Salva ilîa paenitentiac apccîe post fi- E guae aut lenoribus deUcU'a veniam ab episcopo lipolerit, maiaribiis et irremissibilibua a Deo Rv [xviii, 17). Si la dislinclion, non pa» des péchés 1 et des pécliés graves, mais des cas réservés j et des cas non réservés, était une distinction ânite, et récemment, par l'Église, TEglise pou- L restreindre comme elle lavait établie. C'esl inditioQ de tous les cas réservés. Donc l'Église ile pouvoir de remettre tûus les péchés, et, s'il sait des péchés qu'elle ne remettait pas, c'était de son propre arbitre et par sa volontaire abstention.

Tertullien est forcé de convenir que ce pouvoir est réel et cette abstention voulue. Calliste énonce le principe : " Habet potestalem Ecclesia delicta danandi » (xxi, 7). Tertullien ne nie pas ce principe, il ne peut pas le nier. Même, en qualité de montaniste, il déclare avoir plus de raison de l'admettre que les catholiques, car un des prophètes montanisles a prononcé cet oracle : « Potest Ecclesia donare delictum... » Mais ce même oracle a ajouté : a ... sed non faciam ne lalia délinquant » (xxi, 7]. C'est donc par des motifs d'ordre économique que le prophète se refuse à remettre les péchés : « Spîritus verilatia potesi quidem indiilgere fornicatoribus veniam, sed cum pluriam malo non vitlt j> (xxi, 8j.

Ainsi, pour Tertullien comme pour Calliste, le pouvoir de remettre appartient incontestablement à l'Église. Mais qui sera ministre de ce pouvoir? — La réponse de Tertullien est du plus pur montanisme : le ministre du pouvoir de remettre les péchés ne saurait Être qu'un o spirituel », un fidèle sur

KTUDES D'HISTOIRE

qiii est l'Esprit, c'est-à-dire soit ud ap6tre, soit ub )ropliête. L'Kglise, en effet, n'a un pareil pouvoir i> parce qu'elle est l'Esprit : « Ipsa Ecclesia pr<y- \e et principaliter ipse est Spiritus.,. Et ideO Scciesia qutdem delicta donabii, sed Ecclesia Spiritus per spiritalem honiinem, non Ecclesia mtmeria ^iscoporiiin » (xxi, 17), Tertiillien exclut révëque, s tant qu'il est évéque, de la participation à ce pou- ~Toir spirituel. L'évéque, à ses yeus, remplit un o(fic« disciplinaire, qui n'a en soi rien d'un cliarisme prophétique : = Qiiodsidisciplinae solius officia sorlùutfs, ... qiits aut quantus es indutgere, qui nequi prophetam nec apostolum exkibens, cares ea pîrtub fuids est inditlgere » (xxr, 6)?

Celte doctrine, d'après laquelle tout pouvoil surnaturel est un charisme, était la négation dit traditionnel esprit hiérarchique de la grande Église. Il ne faut donc pas Être surpris que Calliste r même pas allusion aux prétentions des prophètes, ( qu'il exprime comme un principe indiscutable que, l'Eglise ayant le pouvoir de remettre les péchés l'évéque est le fondé de pouvoir de l'Eglise. C'est o que Tertullien exprime au mieux, quand il reprochf

^a Calliste d'usurper ^m droit qui est celui de l'Église « De tua nunc sententia quacro, unde hoc ius Ec clesiae usurpes n {xxi, 8).

Le fondement unique que donnait Calliste à cett^ prétendue usurpation était dans les paroles du Sauveur à saint Pierre : " Super hanc peiram aedificàbQ Ecclesiam meam, Tibi dedi claves regni caelestïs^ ^QuaecumquealUgaveriseelsoU'erisin terra eruntaUi "igata vel soluta in caelii, v Calliste voyait dans c baroles l'origine divine dans l'Église du pouvoir des

clés : « Jdcîrco praesuniis, lui reproche Terlullien, et ad le dérivasse soîvendi et alligandi poleaiatem, id est ad omnem ecclesiam Pétri proptngunm »

(xxi, 9]. Cet id est, qui paraît obscur, exprime au contraire 1res bien la relation du pouvoir de l'évi^quc an pouvoir de l'Église : Calliste revendique le pouvoir des clés, parce que ce pouvoir a été dévolu h l'Église qni a Pierre pour fondement. Ce pouvoir, disait-il, est dérivé à l'évêque, je veux dire à l'Kglise. — Car le texte évangélique allégué présente une difficulté que Tertullien va exploiter : le Sauveur a donné le pouvoir des clés à Pierre, oui, mais n'est-ce pas à Pierre personnellement et exclusivement? « Super le, inquit, aedificaho ecclesiam meam, et dubo tibi claves, non ecclesïae » (xxi, 10). — On voit à cette objection quelle était l'affirmation contraire de Calliste : le Christ a donné les clés à l'Église dans la personne de saint Pierre, pouvoir sans réserve, car tout ce que ces clés auront lié ou délié sur terre le sera dans le ciel. Toute Eglise qui se rattache à saintPierre, t. Pétri propinquam «, a donc ce pouvoir, puisque la continuité l'associe à l'Église investie en saint Pierre. Calliste ne parle paa d'un pouvoir propre à l'évêque romain et hérité par succession directe de saint Pierre : il parle du pouvoir immanent à toute Église fondée sur le fondement voulu par Jésus- Christ, sur la pierre qu'est Pierre. Do ce pouvoir, l'évêque est dans toute Église le ministre, pour cette raison que chaque évéque est le centre, le chef, le représentant de chaque Église, et que l'on pourrait dire, en retournant le mot de Terlullien : o Ecclesin numerus episcoporum ».

ÉTUDES DinSTOIRE

^H,X'édît de CaUiste, après avoir défini le pouvoir ^^KBitenliel de Tévéque, définit ]e pouvoir pénîtenllel du martyr,

Te pouvoir qui appartient à Tévëque appartient aussi aux marljTS. Tertullien reproche à Callisle cette concession comme un excès tout aussi insupportable que l'autre : n At lu iom et in marlyras ttioi o/fundia hanc poleslalem s (xsii, 1). Le pouvoir en question ici est exprimé dans les lignes qui précèdent : « Ecclesia deticta donabtt » (xxi, 17), el mieux encore plus loin ; « .... ChrisUia in martyre est ut moechos et fornicalores martyr absoivat » {XI.., 0).

Le recours au martyr est décrit par Tertullien en des termes qui rappellent exactement la descriptiim de saint Irénée et annoncent la description que nous donnera bîenlôt saint Cyprien. Le martyr est ea prison, et aussitôt les pécheurs le citent et le supplient : « lain preces circumsonant, iam lacrimae circumstagnant maculati cuiusque... Pacem ab kis çiiaeritnl... « [xxii, 1-2]. Voilà évidemment ce que Callisle admet, ce que Tertullien condamne. Car, dit-il, ce martyr, fût-il martyr pleinement, peut-il remettre des fautes qui sont réservées k Dieu? o Quis permittithominidonareqnncDeoreservandasitnt?... Sitfficiat marlyri prapria delicla purgasse... Quia atienam morlem sua solvit, nist solus Dei filîus? » Pour Tertullien, le martyr est supposé accomplir une satisfaction vicaire, et c'est cela que Tertullien ne veut pas admettre : mais est-ce bien la doctrine

ET DE THÉOLOGIE TOSmVE. lOl

(le Calliste? Iréuée n'atliibuait aux martyrs qu'une intercession déprécative : Calliste a-t-il afErmé davantage? On ne le saurait établir. Ce qui est élablî, c'est que Calliste, comme Irénée, estime l'intervention du martyr efficace auprès de Dieu : ■ Moechis et fornûatoribus a martyre expoatulas veniam •< (xx„, 9).

M. RoliTs a supposé que ce pouvoir du martyr est, pour Calliste, subordonne â celui de l'évêquc : l'évîque remettra le péché de fornication, si le martyr au préalable la remis. Mais cette supposition n'est-elle pas purement gratuite? Le martyr absout, nous dit Tertullien, et les faillis " communîcatores revertiintur B : que reste-t-il à faire à l'évfique ? M. RolITs a do la peine à comprendre que Calliste, après avoir revendiqué si énergiquement pour l'év&que ce pouvoir, ait consenti à le partager sans condition avec les martyrs. H suppose donc que Calliste fait de l'absolution donnée par le martyr la condition préalable do l'absolution donnée par l'évëque. Calliste est censé avoir écrit : n Ego... paenitentia functis dimitto, si veniam a martyre acceperint. » M. Rolffs nous avertit toutefois que cette reconstruction est incertaine ; on estimera plus justement qu'elle est invraisemblable. Calliste, en effet, entend remettre leur péché aux adultères qui se sont acquittés do leur pénitence : « Ego dimilto ». Il remet sans condition autre que la pénitence. 11 remet en vertu d'un pouvoir très défini, qui est celui de l'Eglise. Qu'ajouterait le pouvoir du martyr au pouvoir de l'évèque? M. de Rossi a supposé que les martyrs du temps de Calliste délivraient aux pécheurs des billets de réconciliation à remettreà l'évèque; nous ne voyons rien

ide paroil dans les textes de TerluDien'.En 251, nous Wnstaterons que riitlen-enliondesmartjTs n'est plus reçvie il Rome ; mais comment nier que trente ans

Ulus tAt Calliste t'ait admise'

L'édit de CalUste toncliait à un troisième point,

'^ î'application aux évoques, aux pri^lres et aux dia

delà discipline pûnitetitielle en matière de rornication

et d'adultère.

L'exomologèse publique étant imposée au péclienr j^ni sollicitait de l'évéque la rémission du péché sus- |dît, ail arrivait qu'un évèque, qu'un prêtre ou qu'us j^acre tombât dans cette faute, devait-il, comme ua Bimple fidèle, se soumettre à l'exomologèse? L'ei Bioltigèse ou coulpe publique entraînant la privatioa Wàc la communicatio ecclesiastica, l'évéque pécheui serait par le lait excommunié de sa propre Église, et tout autant le prêtre ou le diacre. Si un clerc pouvait être sommé de s'humilier pour ua tempft dans le sac et la cendre, de se jeter aux pieds de tout les fidèles en implorant le pardon de l'Église, la hîé' rarcMe était ainsi â lu merci d'une cabale, d'u calomnie, d'une dénonciation imprudente. Et, sans doute, le pasteur indigne pouvait être déposé; mais il était déposé, dans ce cas, par un jugement réguliei et pour tout le reste de son existence; tandis que 1^ pasteur, qui, sa pénitence faite, était absous de son; incontinence, allait-il reprendre sa fonction après en (avoir été suspendu temporairement par sa péuiti ■publique'? Tel était le cas qui se posait.

a lOllerranea, 1. II, p. 90j.

ET DE THÉOLOGIE POSITIVE, inS

Callîste prononça que « si un évêqiie pèche, fùl-Cf mortellement, it ne doit pas pour cela i^tre déposé de Ba charge ' ». C'est dire qu'il est exempt de la pénitence publique. L'édit, en second lieu, pensant à la prohibition des secondes noces, suppose un èvOque, un prêtre ou un diacre qui prend femme : « Cet homme, est-il dit, restera dans la fonction do son ordre, comme s'il n'avait pas péclié '. n

Ces deux articles de l'édit de Callîste nous sont révélés, non plus par Tertullien, mais par les Pliilosophoumena, qui les signalent avec horreur. Nous pensons, contrairement à M. Rolffs*, qu'ils faisaient partie de l'édit même que combat Terlullieu dans le De pudicitia, et voici nos raisons de le penser. D'abord, Ils complètent l'édit par une disposition que cet édit mJ^me appelait. Ensuite, les Philosophoiuiiena dénoncent ensemble les dispositions concernant l'absolution de l'incontinence en général et les dispositions concernant l'immunité des clercs au sujet de la pénitence publique. Troisièmement les Philosophoumena signalent comme invoqués par Calliste en faveur de cette immunité des clercs, des motifs que

). Phitosaphoum. IX, lî ; OCto; iSoïiJuiTioEV Siîiu; il inioxoTto; AtuSpTOl Ti, EÎ «ïi npft; Bouotov, (iïi ΣÎï xaTUtiOto-flai .

».76(rf.;ElSf TlçÈVllX^piU ÛVïBllDlïl.lltïElV Tiv TOioiJTOvlv t^ "^^P^?

A; (i-^ ^|ioptTimiTa. U ne saurai! s'agir dans ce Cttaon que des seconds miriage», ainsi qae lu donne fl entendre clairement la phrase i|ul l'annûDCe ! "Eiti xvjim fipEavTO èitimisTtot xal ntEirfliJTepoi x»l 8iixovoi S<Ya(iai xil rplf"!"" xaSiaraafiai e!; xl'^po'j;. On admet aux ordres des gens mariés dem et trois fois, et si, une fuis dans les ordre», un diacre, un prêtre, un livéïpio ae remBrie, re n'est pas ud péché. Tertullieti, De exhort. casl. 7 : t ... praescrililtlir uiiiua malcimooil esse oportere qui alleguntlir in ordinem sacerdotalem ; usriue adeo- quoadnm memiiii digamos loco dclectoa ■. Cf. Demonogmn. S, 11, lî.

a. Iiidulyem-E-lkl, p. 13113S.

ÉTUDES D'HISTOIIIE "

18 VU TerluUien reprocher à Callisle d'avoir invoqués dans son édit. « Si quelqu'un, constitué dans l'ordre ecclésiastique, contracte mariage, il demeurera dans la charge de son ordre comme s'il n'avait pas péché, car c'est de ce cas que l'apûtre a dit ; Qui es-tu pour juger le serviteur d'autrui? A ce cas encore se rapporte la parabole de la zizanie : Laissez la ïizanie grandir avec le blé, c'est-à-dire laissez le pécheur dans l'Eglise. L'arche deNoë, dans laquelle ii y a des chiens, des loups, des corbeaux, tous les animaux purs ou impurs, n'est-elle pas aussi nne figure de l'Église? Voilà l'Eglise, disait Calliste. Et il interprétait tout dans ce sens. » Il est clair que le texte Tu quis es qui indices alienum servum, ne peut avoir trait aux pécheurs soumis à la pénitence publique, puisque précisément ces pécheurs se soumettent au jugement de tous : ce texte, au contraire, convient très bien aux membres de la hiérarchie que l'édit entend soustraire au jugement, à la condamnation de tous ; de même la parabole de la zizanie et la similitude de l'arche ne convient pas à des pécheurs que l'on absout, quoique la conclusion soit ici moins rigoureuse. En toute hypothèse, il reste que ces motifs rappelés par les Philosophoiimena sont de ceux aussi que rappelle le De pudicitia : » Filios Dei miséricordes et pacificos esse oportehit,...non iudicantes neiudicemar : .., Tiiquis es ut servum indices alienum « (i, 2). Pour cette raison, M. Rolffs n'a pas hésité à attribuer à l'édit l'interprétation du Sinite izizania et la similitude de l'arche, fournies par les Philosophonmena : pourquoi n'y pas inclure les dispositions concernant les membres de la hiérarchie ?

On dira : Comment alors expliquer que Tertullien, aussi animé contre Callisle que peut l'être l'auteur des Pkiiosophoii/nena, n'ait pas combattu Callisle de ce chef? — S'il est vrai, comme il semble bien, que la dernière partie du De pudicilia nous manque, on peut conjecturer que c'est sans doute dans celte dernière partie que Tertullien, après avoir attaqué les pouvoirs reconnus aux martyrs, attaquait l'exemption des évèques, dee prêtres et des diacres. Quelle arme contre loa catboliques pour un monlaniste! Quelle occasion de critiquer ce clergé et son ministère de gouvernement, si différent de l'idéal de « l'homme spirituel » que le Paraclet et ses charismes se vantaient de produire dans le montanisme? Quel triomphe pour celle continence que l'Esprit réclamait de ses fidèles? On n'a qu'à lire le De monogainia, oii Tertullien combat les secondes noces, pour se rendre compte des invectives qu'il aurait adressées aux Psychiques : u Prospiciebat Spintus sanctits dicîuros quosdam : Omnia ticent episcopisl St'ciit ille fester Utkinensis nec Scantiniam timiiit. Quoi eni/n et digami praesident apud vos, insultantes iilique Apostolo'... n

Les PkUosophoamena du moins expriment quelque chose des sentiments qui ont dû être ceux de Tertullien, quand ils dénoncent Calhstc comme un corrupteur des mœurs. A partir de son pontificat, disent-ils, on \'it recevoir dans les ordres des évéqucs, des prôtres, des diacres, qui avaient été mariés deux fois, trois fois. Et reprenant toute la controverse du Depudicilia, le Philosophouméniste écrit : u Ce fourbe

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